Le Petit Black Movie une fois par an, ce n’est pas suffisant!

Depuis 2006, le Petit Black Movie présente aux enfants dès 4 ans des films d’animations venus de tous les coins du monde. Le point fort de ce festival, c’est sa programmation qui sort des sentiers battus par les grands studios d’animation. Le Petit Black Movie explore,  à travers les différentes cultures, une approche originale du dessin animé.

Face à l’enthousiasme des enfants (et de leurs parents), le Petit Black Movie se décline cette année sur 4 mois, de septembre à décembre, avec plusieurs projections des films dans différentes salles. Et oui, il ose même quitter son quartier-général du Grütli en se déplaçant dans les cinémas des communes de Chêne-Bourg, Meyrin, Onex et Thônex.

Après un détour par la Russie pendant le mois de septembre, c’est un grand producteur de films d’animation qui sera mis à l’honneur  au mois d’octobre: l’Iran. L’occasion de découvrir de nouvelles techniques (pâte à modeler, marionnettes…) mais surtout de belles histoires. Les enfants pourront croiser des bonhommes de terre, un corbeau kleptomane, une famille de hérissons, des oiseaux en tous genre…

De quoi patienter jusqu’à janvier où nous attend la prochaine édition! Toutes les informations du programme sur http://www.blackmovie.ch !

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La beauté sur la terre

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Représenter « La beauté sur la terre » à Cully sonne comme une évidence. Après avoir suscité la convoitise du 7ème art, c’est sur les planches que l’œuvre de C.-F. Ramuz fût portée cet automne. La dernière était donnée samedi, dans une émotion électrique.

Cully, région du Lavaux. L’arrivée est un évènement en soi. Le chemin qui mène à la scène est parsemé de découvertes. Quelques amis remontent une ancienne barque de bois. Des habitants en habit traditionnel chevauchent les figures d’un manège vétuste, évoluant au ralenti. Plus loin, un orgue de barbarie s’est tu, laissant planer un halo de lumière venue d’outre-tombe. Tim Burton n’aurait point renié ce décor.

La scène est installée en plein-air, sur la Place d’Armes. Le décor minimaliste s’accorde aux costumes des comédiens, tout de blanc vêtus. La troupe, formée d’amateurs enthousiastes, donne le meilleur d’elle-même. Parmi les personnages, un récitant ponctue le scénario par des extraits du roman, rappelant au public la langue brute et poignante de l’auteur.

La beauté du récit se prénomme Juliette. Nièce orpheline du cafetier Milliquet, cubaine avant tout, elle bouscule par sa simple présence la vie d’un village. Elle est une danse en soi – lorsqu’elle parle, lorsque l’accordéon du bossu passe sous sa fenêtre. Ni la convoitise des hommes, ni la jalousie des femmes n’atteignent son cœur. Seules la liberté et la musique sauront la charmer, la protéger de la destruction, l’emmener. Lorsque les pêcheurs, les filles, les garçons, les commères guettent sa venue à la grande fête du village, Juliette se retire sans un bruit avec pour seule compagnie la musique du bossu. Les villageois restent là, comme éveillés d’un rêve incompris : « la beauté s’en va, elle s’est éteinte. »

Texte: Ophélie Thouanel Photos: Ugo Bolla

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Lausanne en ébullition!

La neuvième édition du festival BD-Fil à Lausanne a fait la joie de ses visiteurs du 13 au 16 septembre. Son secret ? Un programme varié, riche et coloré ! Bouquinistes, expositions de qualité, dédicaces, projections, performances… Une savoureuse palette de dessins, de pages et d’images qui a ravi petits et grands.

L’Agenda a sélectionné pour vous quelques points forts de cette édition.

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Enrico Marini en première ligne

Une innovation pour l’édition 2013 : l’invité d’honneur n’était pas d’origine francophone. Pas d’erreur de casting pour autant, car Enrico Marini est un virtuose du trait de crayons.  L’exposition qui lui a été consacrée durant le festival retraçait son parcours et les visiteurs ont pu se rendre compte que son magistral coup de pinceau ne date pas d’hier.

Comme le dit justement Thierry Bellefroid, « Enrico Marini n’est pas un dessinateur. C’est un chorégraphe. Ses personnages dansent sur la feuille, aériens, tendus par la grâce du mouvement et de la couleur. »

Et c’est bien ce que l’exposition a su mettre en valeur : le talent, la passion, en mouvement.

Des mondes de Thorgal à couper le souffle

Les visiteurs, circulant tranquillement parmi les tableaux, les dessins et les croquis exposés, se sont laissés emporter par l’envie de découvrir l’univers si mystérieux et fantastique de Thorgal. Dans les peintures à l’huile, dérivées des bandes-dessinées, une multitude de détails sautent aux yeux, on retrouve le talent de Gregory Rosinski : il y a dans ses toiles quelque chose de vivant et l’on pourrait voir bouger les personnages.

Avec l’exposition de documents de travail, de croquis, l’on s’aperçoit qu’il a fallu des années d’essai, de réflexion et de collaboration avec d’autres artistes afin d’évoluer dans la réalisation des peintures et des dessins.

Cerise sur le gâteau : une séquence filmée montrait la création d’un tableau. Au début, on ne comprend rien quant à la structure du dessin, tout semble abstrait, il n’y a pas de contours, le pinceau trace des motifs, il dessine des formes, les attache à d’autres, met des couleurs par ci par là. Au bout d’un moment, le tableau prend forme et le visage d’une femme apparaît, sa silhouette devient plus nette, les détails sont plus précis… Et voilà que la toile est peinte avec une scène de guerre, tout simplement époustouflant !

Quand la photo remplace le dessin

Dimitri Planchon se fiche des codes de la bande-dessinée et ça lui réussit bien ! Les visiteurs du festival ont pu découvrir son style bien à lui – pas de dessins, seulement des personnages grossièrement collés dans un style création numérique, comme dans un roman-photo. On aime ou pas, mais cela ne nous laisse en tout cas pas indifférent.

Blaise, c’est une famille, un jeune homme, des amis… l’humour décalé de ces personnages font d’eux de vraies caricatures de la société ! C’est une nouvelle touche dans la bande dessinée et une vraie découverte sur le style graphique ainsi que sur des dialogues simples et courts, mais tellement drôles et explicites.

Quant à Jésus et les copains, le Messie arrive sur la terre afin de devenir prophète et c’est une longue carrière périlleuse qui s’annonce pour lui. Jésus est plutôt habillé dans un style moderne et chic, il prend des bains et va jouer au golf avec ses amis les apôtres, tout en  délivrant la bonne parole avec un cocktail.

Des flip qui n’ont pas fait de flop !

Vous aimez gérer la cadence ? Les flip books sont faits pour vous ! Un flip book est un carnet qui, lorsqu’il est feuilleté par le lecteur, laisse s’animer l’histoire imaginée par l’artiste.

L’Espace Romandie accueillait des dizaines de ces cinémas de poche en libre consultation. Très souvent débordants d’humour, c’est le lecteur qui, de par son geste, joue au projectionniste. Accompagné d’un atelier conception (dès 5 ans) qui ravissait les plus imaginatifs, l’exposition soutenue par les archives du Centre BD de Lausanne était une pépite à ne pas manquer.

Une promenade aquatique

A l’Espace Romandie toujours, était présentée une exposition immersive à souhait. L’année 2013 a, pour la troisième fois, accueilli les travaux de Matthias Picard. Rivalisant avec Jules Verne, le Français nous a fait plonger dans des abysses obscurs et mystérieux tirés de Jim Curious, son deuxième ouvrage. Jouant la carte des effets optiques très convaincants (à l’aide de la 3D, lunettes à l’appui), le tout enjolivé de musiques et de sons accompagnant chaque planche, le résultat vous abandonne dans un rêve éveillé.

Des dessins à l’écran

Des films d’animations rigoureusement sélectionnés par la société de production Helium Films ont été diffusés tous les jours du festival. Qu’ils soient venus de Suisse, de France ou de Grande-Bretagne, ils ont fait la part belle à l’insolite et l’étrange, vous plongeant dans des mondes curieux, mais toujours débordants de charme. Ces courts métrages de quelques minutes chacun, qu’ils soient porteurs d’édifiantes morales ou au contraire assurément insolites (mention particulière au Génie de la Boite de Raviolis de Claude Barras), vous transportent constamment dans des pays curieux desquels vous ressortez le cœur léger. Bien qu’adaptés à tous les âges, une séance « pour les petits » (dès 3 ans) regroupant des films plus fantastiques encore a été organisée tous les jours en début d’après-midi. Depuis 2006 « Best Of Annecy » est également au rendez-vous, réunissant certains des meilleurs courts-métrages du Festival International du Film d’Animation d’Annecy. Une séance plus longue qui sélectionne des films plus internationaux allant du dessin sur papier à l’animation 3D, à l’image du programme « pour les grands » (dès 14 ans) tout aussi riche en projections récentes et très travaillées.

Aux joyeux légumes

Et, à BD-Fil, on se soucie des petits ! Le jardin de la BD ressemblait à un jardin extraordinaire avec des potirons, des artichauts et des haricots énormes. Des mots, des idées, des couleurs et un aspect malicieux qui donnait envie de jouer.

Les enfants étaient invités à utiliser leur imagination en créant des cases et des bulles « façon bande dessinée » et en jouant avec les mots et les expressions.

Il y avait même un toboggan qui amenait directement au centre de l’exposition et les parents n’étaient pas admis, quel bonheur !

 

A la fin des visites, on a envie de prendre un crayon et de dessiner des paysages et des personnages fantastiques à notre tour. Vivement l’édition 2014 qui nous réservera, à n’en pas douter, d’aussi belles surprises !

 

Priyanka Amiguet et Loris Lukas

Fureur de lire édition 2013 – Les utopies

Café-Librairie Livresse, le 17 septembre 2013

« Plus que jamais nous avons besoin d’utopies. »

Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville de Genève, nous parle de la nécessité pour l’être humain de rêver. A cette fin, il souligne également l’existence des nombreuses passerelles qui existent entre les mondes artistiques, permettant ainsi de voyager entre eux. Car si l’imaginaire est notre destination, l’art se fait notre moyen de transport !

La République, Utopia ou encore Gattaca en passant par bien d’autres, telles sont les composantes du multivers créé par la plume de nombreux auteurs, dans lequel nous sommes conviés par un florilège d’activités. Et pourquoi ne pas être l’instigateur d’un nouveau satellite de ce vaste système ? Choisir puis découper des articles de journaux, les rassembler ensuite selon l’envie, afin d’inventer une Genève de l’an 2050, ne serait-ce pas fantastique ? Voici le contenu dévoilé de l’un des nombreux ateliers dévolus aux enfants durant la manifestation qui se profile à l’horizon du mois prochain.

Quant aux plus grands, pourquoi ne pas participer à la Nuitopie ? Après tout, la devise de la ville est bien Post Tenebras Lux, n’est-ce pas ? Rien d’étonnant donc à ce que durant toute une nuit, au cœur de l’obscurité, brillent parmi les étoiles autant de performances d’artistes de tous horizons, afin de nous faire vivre des instants magiques !

Rappelons également qu’Albert Jacquard ne pourra malheureusement pas, comme initialement prévu, participer à cette grande ronde philosophique de six jours. En effet, l’essayiste français est décédé le 11 septembre dernier, dans sa 88ème année.

En revanche, Russell Banks initiera le festival par une séance de dédicaces, tandis que le dimanche de clôture, Isabelle Huppert sera là pour lire publiquement l’un des textes du Marquis de Sade.

Vous l’aurez compris, cette année la Fureur sera non seulement de lire mais également d’écouter, de discuter, de composer, de ressentir… Bref, de prendre du plaisir !

Rendez-vous du 8 au 13 octobre 2013 à Genève, le programme étant disponible à peu près partout, mais par exemple à la Bibliothèque de la Cité ou sur Internet: http://www.ville-ge.ch/culture/fureur/

 Michael K.

Une légende vivante au septembre musical

Martha.Argerich©yunus_durukanQui a dit que les légendes du piano n’existaient plus ? L’auditorium Stravinski a eu l’opportunité d’en accueillir une le 7 septembre dans le cadre du Festival de musique classique Montreux-Vevey. Avec la Royal Philharmonic de Londres, Martha Argerich a affirmé son génie en interprétant le concerto pour piano n°1 de Beethoven.

Septante-deux ans et toujours une belle femme ! On la reconnaît par sa grande crinière grise qui lui confère cette pointe de majesté. Après que la Royal Philharmonic a joué l’ouverture de « Les créatures de Prométhée » op.45 de Beethoven, Martha Argerich fait son entrée. Un tonnerre d’applaudissement éclate, non pas seulement en signe de bienvenue, mais surtout au gloire et aux succès que la soliste accumule depuis des décennies. Elle s’assied devant le piano, balaye du dos de la main le clavier sur toute sa longueur, comme pour se l’accaparer. Ce concerto qu’elle s’apprête à interpréter, elle le joua lors de son premier concert. Elle avait huit ans.

L’orchestre, sous la direction de Charles Dutoit, entame les premières mesures du concerto. Les lumières de la salle meurent et le spectateur se retrouve plongé dans un tout autre univers. Martha Argerich attaque sa partition, joue avec ardeur, virilité et caractère le premier mouvement du concerto. Les notes suintent et perlent lourdement sous les mains de la soliste. Le deuxième mouvement contraste avec le premier et son chant prend la forme de vapeurs légères et délicates. Un jeu aérien et un légato synonyme du savoir-faire de l’artiste qui met à nu tout son cœur. Entre temps le chef d’orchestre dessine d’amples gestes, élégants et raffinés et peint un tableau musical riche en couleurs. Les deux protagonistes, qui se connaissent très bien, jouent entre eux et se disputent le gouvernail. On y trouve un plaisir particulier à interpréter leurs regards. Comme le regard d’un couple autrefois marié. A la fin du troisième mouvement l’admiration se traduit par une standing ovation de plusieurs minutes. Elle remercie le public en lui offrant le Traumes Wirren de Schumann, extrait de ses Fantasiestücke. A l’entracte les éloges continuent de fuser : « Cette femme n’est pas humaine, c’est une déesse » commente une spectatrice décidément stupéfiée par l’interprétation de Mme. Argerich.

Entracte

C’est « Le Château de Barbe-Bleue » Sz.48 op.11 de Béla Bartok qui clot la soirée. Le seul et unique opéra du compositeur y est joué dans sa version concert. Sans décor, il est chanté dans sa langue originale, soit en hongrois, par le mezzo-soprano Andrea Melàth et la basse Balint Szabo. Composé en 1911, très peu apprécié par ses contemporains, il représente aujourd’hui l’une des œuvres majeures du XXème siècle.

Après avoir abandonné son fiancé et sa famille, Judith arrive dans le château de son nouveau mari, le duc de Barbe-Bleue dont elle est la quatrième épouse. Elle demande à ouvrir les sept portes de la demeure pour « y faire entrer la lumière ». Barbe-Bleue réticent au début, le lui permet mais avec l’interdiction d’ouvrir la dernière porte. Judith transgresse la règle et fait une terrible découverte.

Le mezzo-soprano emporte avec son timbre éclatant et une voie imprégnée de drame. La basse est toutefois moins convaincante et peu profonde et ne se montre par à la hauteur d’un orchestre bandant tous ses muscles.

Partition difficile nous disait-on avant la représentation de l’œuvre. Mais l’orchestre a prouvé son talent et a su faire vivre le drame et plonger l’auditeur dans un univers fantastique, mystérieux et terrifiant. Les vents, qui revêtent un rôle bien plus important que dans le Beethoven, jouent avec maîtrise et suscitent l’aspect gothique de l’œuvre et toute sa tension.

Matteo Gorgoni

Depuis 40 ans, l’AMR fait vibrer la cité de Calvin au rythme du jazz!

Un bel anniversaire en perspective!

L’AMR (Association pour l’encouragement de la Musique impRovisée) est créée en 1973 par un groupe de musiciens passionnés. L’idée est de constituer une association  pour favoriser la pratique de l’improvisation – concerts, salles de répétitions, enseignement -, ce type de lieu était alors inexistant.manif_centremusical©Michel Bühler_low

Si les débuts sont modestes, l’association ne cesse de prendre de l’importance au fil des années, par différents contributions et par le développement de ses cours et ateliers. Elle participe à la création de festivals, comme par exemple en 1977 lors de la première édition du Festival du Bois de la Bâtie. En 1981, elle installe définitivement à la rue des Alpes son Centre musical, devenu depuis l’un des lieux incontournables de la vie culturelle genevoise. Depuis 1996, elle dispense également une formation reconnue, l’Ecole Professionnelle de Jazz et Musique improvisée, devenue en 2013 l’Ecole Protf.

L’AMR vous invite à venir fêter ce bel anniversaire le samedi 14 septembre dès 16h, en musique! Informations sur le site http://www.amr-geneve.ch

Photo: ©Michel Bühler