Une Étoile et moi, au Théâtre de Vevey

À l’heure où « Le Monde fantastique isabelle-georges-et-frederik-steenbrink-615_drd’Oz »  envahit les salles de cinéma, la compagne du magicien reprend vie sous les traits d’Isabelle Georges dans « Une Étoile et moi ». Judy Garland a trois ans et fait ses premiers pas sur scène. Puis l’histoire s’enchaîne: castings et pilules en folie, succès fulgurant, déboires en coulisses… Inextricablement le piège d’Hollywood se referme sur celle qui perd alors son nom de Frances Gumm.

Aux côtés de Mademoiselle Georges, l’excellent Frederik Steebrink se fait la voix off et pianistique du spectacle. Vincente Minnelli, Sidney Luft, Mark Herron… les hommes de Judy Garland se succèdent dans ses gestes, ses attitudes. Dans un décor minimaliste – un écran, un piano et une chaise, ce duo complice exprime les espoirs de Frances et les craintes de Judy. Claquettes, voix chaudes et clavier jazzy: « Une Étoile et moi » est un bijou.

Un dernier regard sur la scène, puis un bref coup d’oeil dans la salle; moyenne d’âge: 70 ans. Si Judy Garland fût « une légende vivante », une diva immortelle d’Hollywood, il est triste de constater l’oubli affligeant des générations suivantes.
Isabelle Georges a vu le jour peu après la disparition de son idole. C’est une chance qu’elle honore, pour nous public, la mémoire de son étoile.

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Présentation de saison à l’Opéra de Lausanne

L’accueil est solennel en ces murs de légende. Car oui, au-delà des tergiversations juridico-politiques qu’il a connu ces dernières années, l’Opéra de Lausanne a acquis une réputation inébranlable, dans le coeur du public comme celui des artistes.

Nouvelle saison donc, pour la neuvième année de direction d’Eric Vigié au sein de l’institution. Une programmation riche en nouvelles productions lyriques, une transition délicate et réussie entre une année phare (avec la venue, notamment, du contre-ténor Philippe Jaroussky) et un anniversaire qui promet, l’an prochain, d’être grandiose.

Le programme vous sera présenté plus en détail dans L’Agenda. Mentionnons toutefois

  • la présence de la metteuse en scène Lilo Baur, originaire d’Argovie, pour « Lakmé » de L. Delibes
  • une collaboration avec le jeune Opéra de Fribourg pour « Le voyage dans la lune » de J. Offenbach
  • la célébration du bicentenaire de G. Verdi, avec la production techniquement complexe de « Luisa Miller »
  • la reprise d’un best-seller lausannois: « Il Barbiere di Siviglia » de G. Rossini
  • une nouvelle production déjantée, avec « Die lustigen Weiber von Windsor » de O. Nicolai, mis en scène par David Hermann.

Des opéras version concert, des récitals, de la danse, sans oublier le jeune public… la saison 2013-2014 de l’Opéra de Lausanne fait preuve d’originalité, comme à son habitude!

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Alex Katz et Félix Vallotton : le duo improbable au Musée Cantonal des Beaux-Arts

Jusqu’au 9 juin, le Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (Mcb-a) présente une exposition colorée, consacrée à deux peintres de renom : le lausannois Félix Vallotton et l’américain Alex Katz.

 

A première vue, rien ne semble réunir Félix Vallotton et Alex Katz. Le premier est né à Lausanne en 1865, le deuxième à New York, en 1927. Pourtant, les deux peintres ont beaucoup en commun : la technique, l’approche, le choix des sujets, parfois si ressemblants qu’on s’y méprend ; une femme au foulard, un couché de soleil, une forêt… mises côtes à côte, les œuvres de ces deux peintres prennent une dimension supplémentaire et forcent le visiteur à repenser l’univers de Katz et Vallotton. L’exposition met en perspective les travaux de ces deux artistes figuratifs dans une exposition atypique,  à découvrir jusqu’au 9 juin 2013.

Dominique Derisbourg livre ses « impressions » au Musée de l’appareil photographique de Vevey

Un nombril, un morceau de gingembre, un sari indien… Diversité et hétéroclisme sont à l’honneur au dernier étage du Musée suisse de l’appareil photographique à Vevey. L’institution accueille le photographe professionnel Dominique Derisbourg pour une très belle exposition, « Impressions ». « Quand j’ai commencé, il y a trois ans, à réfléchir sur le thème « impressions », j’ai pris ce terme dans les deux sens, c’est-à-dire imprimer des images sur des papiers différents, et surtout montrer des impressions, des moments fugaces ».

Diversité des objets, mais également de la matière : les photos sont imprimées sur différents types de papier ou du coton recyclé. Très réussi, l’effet est saisissant : ces « impressions » donnent souvent à la photographie un effet de peinture, l’autre passion de Dominique Derisbourg. Le spectateur est frappé par la luminosité que dégagent des couleurs fortes, véritables révélateurs de l’objet photographié. Petite curiosité, les photos sont simplement accrochées par des pincettes, afin de pouvoir être facilement déplacées. L’arrangement est en effet appelé à se modifier au grès des nouvelles inspirations et envies de Dominique Derisbourg.

© Dominique DerisbourgLa curiosité pousse le photographe à tester différentes techniques et élargir sa réflexion artistique. Il a aujourd’hui complètement adopté le numérique : « En tant que photographe professionnel, c’est devenu obligatoire. Le gros avantage est que je peux contrôler le processus de A à Z. Faire les photos, les retoucher, maîtriser l’image sans passer par des laboratoires, être indépendant à 100% ».  Parfois mis en scène, parfois pris sur le vif, tous les clichés exposés sont destinés à transmettre au public les émotions de l’artiste, pour qui le but de cette exposition est « de faire plaisir aux gens, qu’ils ressentent une émotion devant une image ou un papier, un toucher, une odeur. Mon message, c’est de montrer que l’on peut photographier simplement, sur n’importe quel support. On peut photographier n’importe quoi. Il suffit d’ouvrir les yeux ».

L’artiste publie un livre homonyme, « Impressions », en complément de l’exposition qui se tiendra du 22 mars au 16 septembre 2013.

Découvrez le travail de l’artiste sur son site internet.

Texte : Marie-Sophie Péclard

Mary Poppins : bonheurs enfantins au Théâtre de Beaulieu

Elle est là, suspendue dans les airs, fidèle à son image. Mary Poppins est l’invitée de l’Association pour la Formation des Jeunes Danseurs (AFJD), aux côtés des élèves de la filière « Danse-Études » de Béthusy. Si la nounou garde les traits du personnage cinématographique, le récit est librement adapté.

Les banquiers, les pingouins, les ramoneurs… tous les acolytes de Mary Poppins sont présents. Si l’action se situe principalement à Londres, on assiste à un voyage scénique : Russie, Andalousie, États-Unis… avec un hommage tout à fait décalé, mais parfaitement réussi, à la fameuse chorégraphie du rappeur coréen Psy !

Les danseurs, âgés de 11 à 17 ans, offrent une palette visuelle des plus réussies : costumes bariolés ou classiques, sandales ou pointes… L’univers des claquettes fait également partie de l’aventure, grâce à la Compagnie Junior de Fabrice Martin.

Humour, magie et tendresse sont au rendez-vous. Malgré quelques longueurs dans les transitions, probablement dues à la primeur de la représentation, ce spectacle enchante petits et grands tout au long de la soirée. À (re)voir les vendredi 22 et samedi 23, à Lausanne.

Gagnez vos invitations pour la représentation de vendredi !

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« Dernières séances », lueurs d’espoir pour le cinéma africain

L’Association  pour la photographie « Focale » à Nyon accueillera du 17 mars au 28 avril le témoignage de l’artiste française Cécile Burban. Une exposition de photos poignantes sur la réalité du cinéma sur le continent africain.

Une artiste indignée

Après avoir travaillé sept ans dans la distribution cinématographique, Cécile Burban se consacre entièrement à une carrière artistique. C’est la rencontre avec le cinéaste malien Souleyman Cissé qui la sensibilise à la situation culturelle en Afrique : après un premier reportage sur le cinéma itinérant au Mali, « Dernières séances » est une exposition qui veut témoigner des difficultés de la culture cinématographique en Afrique.

Projet "DERNIÈRES SÉANCES" , cinéma le Ciné Manding, Bamako, MaliÀ titre de comparaison, la Suisse bénéficie d’un peu plus de 300 cinémas pour 8 millions d’habitants. Le Tchad, par exemple, n’offre pour sa part qu’une salle de cinéma pour onze millions d’habitants.

Dans les années 70’ en Afrique, les salles de cinémas sont passées entre les mains de l’Etat qui, suite à  une reconsidération budgétaire, a rangé la culture en dernière place. Les structures culturelles, très peu rentables, ont donc finalement été vendues et privatisées à nouveau. Aujourd’hui, une salle de cinéma ferme chaque mois sur le continent africain, et c’est par le biais de quelques salles éphémères que le cinéma survit.

Si la première raison d’un tel désengagement est financière, on peut également soupçonner les États de refuser leur soutien à un cinéma africain engagé, susceptible d’éveiller la conscience du public sur des sujets sensibles.

Une artiste engagée

C’est ainsi que l’exposition se veut porte-parole d’une situation passée sous silence. La question est, en effet, uniquement discutée en privé, par des cercles et des associations de personnalités du cinéma africain et de soutien à la culture, mais peu sur la scène politique.

« Ces photos veulent sensibiliser les gens sur l’importance et la place de la culture » déclare Cécile Burban. Sensibiliser, plus généralement, à propos de la situation de tous les pays dans lesquels les salles de cinéma sont menacées et luttent pour leur survie.

Pendant des années, le cinéma a été un lieu de rassemblement communautaire, où enfants, parents, voisins, amis, jeunes et anciens, se rassemblaient dans la joie de vivre un moment magique.  « Des photos chargées d’âme et d’histoire. Ces lieux m’ont saisi par leur poésie ». Aujourd’hui, tout n’est qu’une vaste ruine où demeure toujours l’âme de cette vie passée.

« Ce n’est pas de la mémoire, ce n’est pas terminé, c’est juste entre parenthèses ». À en croire l’artiste, ces salles de cinéma ne sont pas des cadavres mais des corps endormis. Les photos de Cécile Burban montrent que ces structures sont toujours là, toujours présentes, toujours prêtes à accueillir, à nouveau le public. Des images lumineuses, chargées d’espoir, rapportant le portrait de lieux et de gens qui mènent un combat.

Projet "DERNIÈRES SÉANCES" cinéma le Vox, Bamako, Mali

Cécile Burban fait partie de l’association « Les Villages Enchantés », une équipe de bénévoles et de professionnels du cinéma qui apportent la magie et le bonheur du grand écran sur le continent africain.

L’exposition est ouverte de mercredi à dimanche de 14h00 à 18h00. L’entrée est libre. Vous trouverez plus d’informations sur le site web  www.focale.ch.

Matteo Gorgoni