Malins plaisirs au Musée Romain de Vidy

Le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse. Il est notre bien premier, inné et congénital, et c’est lui qui oriente nos choix et nos rejets (Epicure, 342-270 av. J.-C.).

En l’honneur des 20 ans de sa réouverture, le Musée romain de Lausanne-Vidy consacre une exposition aux plaisirs, du 30 mai 2013 au 2 mars 2014. La philosophie épicurienne reprise par le e directeur du musée, Laurent Flutsch, également réalisateur et humoriste, fera vivre un moment de divertissement original,  garantissant de larges sourires, tout en invitant à la réflexion.

Quoi de mieux qu’un jeu de l’oie en trois dimensions pour illustrer la philosophie d’Epicure ?

Lancez les dés et lancez-vous à l’aventure sur les 63 cases du parcours ! Laissez-vous guider par le hasard à la découverte de tous ces menus plaisirs qui illuminent notre vie depuis l’Antiquité , comme le bonheur des moments en famille, le plaisir de se gratter, les jeux de hasard et bien d’autres. Faites lumière et contemplez ces compositions d’objets, d’images et d’écrits en tout genre, qu’ils sortent d’une fouille archéologique, du tiroir de grand-père ou de notre quotidien.

Le sort décidera de votre parcours ! Franchissez des portes, savourez l’ambiance d’une petite pièce, résolvez des missions et des énigmes pour continuer l’aventure ou retournez à la case départ. Ou décidez d’en faire uniquement à votre tête, à vos risques et périls.

Par le hasard des dés, l’exposition pourra être visitée autant de fois qu’il plaira et jamais elle ne sera identique.

Jeunes et vieux (car accepter la vieillesse est un pas vers le bonheur), vous êtes tous invités à cette partie de plaisir !

« L’homme qui ne se contente pas de peu ne sera jamais content de rien. » – Epicure

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Texte : Matteo Gorgoni

Prix :

Adultes : 8.-
Apprentis, étudiants, chômeurs, AVS/AI: 5.-
0 – 16 ans: gratuit
1er samedi du mois: gratuit

Plus d’informations sur le site du Musée.

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La Suisse, terre d’accueil : une étiquette revue par les dessinateurs de presse

La Maison du dessin de presse présente dès aujourd’hui l’exposition La Suisse, terre d’accueil : Eldorado ou paradis perdu ? qui regroupe des dessins de presse de près de quarante dessinateurs suisses autours du thème de l’immigration et de l’asile.

La Maison du dessin de presse a su saisir l’occasion : au lendemain des votations du 9 juin qui ont vu passer un nouveau durcissement de la loi sur l’asile, la collection réunie par Maria Da Silva, commissaire de l’exposition, est plus que parlante. On y retrouve un historique des différentes polémiques qui ont divisé l’opinion depuis les années 60, de l’initiative Schwarzenbach aux afflux migratoires des années 80, en passant par les réfugiés de guerre du Kosovo et aux règles de la libre circulation : les dessins reviennent sur ces législations, ces politiques, ces opinions qui donnent à la Suisse sa réputation de petite île inaccessible et introvertie.

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Les dessins parlent d’eux-mêmes et questionnent cette Suisse, mère de la Croix-Rouge et de la Genève internationale où a été signée en 1951 la convention relative au statut des réfugiés, pays riche s’il en est, qui, de plus en plus, se distingue par une politique d’immigration restrictive et sélective. Deux facettes qui inspirent les artistes et sont le lit de fond de cette magnifique exposition.

Un questionnement au cœur de l’actualité, à découvrir jusqu’au 25 août prochain (entrée libre).

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Théâtre Forum Meyrin : une nouvelle saison à découvrir

Depuis 1995, le Théâtre Forum Meyrin fait battre le centre culturel de la cité au rythme de programmations originales et exigeantes. Car, rappelle la Directrice Anne Brüschweiler, « pour une commune qui représente 45% d’étrangers, le Forum est le seul théâtre ». La saison 2013-2014 se fait donc le reflet de cette diversité culturelle. Avec des spectacles de provenance suisse et internationale, le Théâtre Forum Meyrin veut à la fois faire découvrir de nouvelles scènes et intéresser cette population mixte : sur les 36 spectacles proposés, 17 peuvent être suivis par des non-francophones.

TFM©Marie-Sophie Péclard

Tout naturellement donc, la danse et la musique seront à l’honneur de cette saison placée sous la « Passion du Vivant », « car au théâtre, on ne fait rien d’autre que cela, se sentir exister parmi les vivants, dans un accord provisoire et non garanti avec ces corps à la fois proches et parfaitement étrangers qui, comme le nôtre, s’imprègnent de langage, de mouvement, de musique » (Anne Brüschweiler). Du jazz-flamenco (TI-ME-TA-BLE o il tiempo inevitable avec Marco Vargas et Chloé Brûlé) à la revue de cabaret hip-hop de Céline Lefrèvre et François Berdeaux, en passant par un Lac des Cygnes revisité par une chorégraphe sud-africaine… il y en aura pour tous les goûts. Parmi les curiosités de cette saison :

– Gilles Jobin emmène les spectateurs au CERN pour son spectacle « Quantum » mêlant danse et particules physiques.

– Redécouvrez vos classiques musicaux sous les quatre cordes du Ukulele Orchestra of Great Britain.

– La metteur en scène Constanza Macras nous fait découvrir la culture des Roms dans « Open for Everything », puis lors du débat « Roms en Cité ».

– Des acrobates défiant toutes les lois de la gravitation réinterprètent la Divine Comédie

– Hamlet, le personnage de Shakespeare, sera jugé en direct par une cour composée de véritables juges, avocats et hommes de lois, et d’un jury populaire : une expérience inédite proposée par Compagnie Yan Duyvendak.

Petite précision : en raison de travaux de rénovation qui s’achèveront en septembre, les premiers spectacles de la saison seront donnés hors murs. Du théâtre, de la littérature (Shakespeare, Marivaux, Camus, Dante, Céline pour les plus connus), du cirque, des spectacles pour la famille et les enfants : de belles surprises à découvrir tout au long de la saison, sur le site du Forum Meyrin (www.forum-meyrin.ch) et dans nos pages de l’Agenda !

TFM © Marie-Sophie Péclard

Texte : Marie-Sophie Péclard

Caribana inaugure l’été, dès mercredi!

Le Caribana Festival délie sa 23ème édition dès le mercredi 5 juin, sur les plages de Crans-près-Céligny.

Ne manquez pas nos reviews de concerts et interviews exclusives sur notre page festivals!

Dès maintenant, découvrez une interview complète de Jo-Anne Lütjens, programmatrice et responsable de la production artistique du festival!

Interviews à l’occasion du Caribana Festival :

Skunk Anansie à découvrir dès le 06 juin

77 Bombay Street à découvrir dès le 07 juin

Et toutes nos critiques et bons trucs, tout au long du festival!

Affiche Caribana

Table ronde autour de la mise en scène de Rusalka d’Antonin Dvořák

Opéra tchèque au Grand Théâtre de Genève, table ronde du 3 juin.

« Mĕsíčku, nezhasni ! » « Lune, ne te cache pas ! »

 

Antonin Dvořák a créé, selon Daniel Dollé (D.D.), conseiller artistique et dramaturge, un opéra « fantastique » et « génial ». S’appuyant sur le livret de Jaroslav Kvapil, il avait en effet donné vie, autour de 1900, à une œuvre ayant attiré un engouement national, puis international. La figure principale est une nymphe, qui s’éprend d’un prince et se transforme en humaine grâce à l’intervention d’une sorcière, à qui elle concède sa voix. Muette et désabusée, elle finira pourtant par retourner dans les eaux.

Aujourd’hui, si l’histoire fait l’unanimité, il n’en va pas de même en ce qui concerne ses interprétations. C’est donc dans une optique de confrontation des points de vue, qu’a lieu cette table ronde. D’un côté se trouve Sergio Morabito (S.M.), co-metteur en scène, et de l’autre Dominique Catteau (D.C.), professeur agrégé de philosophie et auteur d’un ouvrage sur le sujet.

S.M. rappelle tout d’abord la trame de fond, qui se divise selon lui en deux couches. En premier lieu, il mentionne les déités païennes qui ont survécu à l’avènement du christianisme. Elles sont issues d’un monde archaïque, basé sur la raison. Puis, lorsque ces personnages sont placés dans un contexte historique plus récent, on note une tendance psychanalytique et dénonciatrice d’une société privée de communication, en proie à la folie. Ainsi, l’une des scènes se situe dans un « bordel » et matérialise une nature violée, tandis qu’à la fin de l’histoire Rusalka, interprétée par Camilla Nylund, finit par se transformer en vampire. Le but est de montrer la « cruauté », la « froideur » et le côté « vénal » de l’Humanité.

©Royal Opera House/Clive Barda

©Royal Opera House/Clive Barda

Or, D.C. dénonce justement ce type de mise en scène, qui, selon lui, non seulement altère l’œuvre originale en y intégrant trop de modernité, mais de plus se borne à mettre en avant les défauts de l’époque contemporaine. Car S.M. n’est effectivement pas le seul à avoir choisi cette interprétation : l’on peut citer Stefan Herheim, qui avait proposé une vision analogue du même Opéra, joué au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. D.C. résume donc son propos dans cette question : « Est-ce que les chefs d’œuvres ont vraiment vieillis ? »

Le débat provoque une tension presque palpable dans l’assistance, mais également et surtout un élan passionnel pour un sujet très controversé.

D.C. donne très justement le mot de la fin : « Il faut qu’on se fasse une opinion par soi-même. »

Venez assister à l’une des six représentations de Rusalka, qui se jouera à partir du 13 juin au Grand Théâtre.

 

Texte : Michael K.