Le Texte au théâtre

C’est dans une ambiance conviviale et élégante que commence le petit-déjeuner littéraire. Entre deux bouchées, le public s’apprête à écouter Daniel Mesguich parler de son essai « Estuaires ».

Texte: Sofia Marazzi

Autour d’un petit-déjeuner organisé par les rencontres Payot Librairies et l’Hôtel NH, où se déroulaient diverses manifestations proposées par l’Alliance Française de Fribourg, nous avons eu le plaisir de rencontrer Daniel Mesguich, que la Présidente de l’AFF Monique Rey a introduit avec beaucoup d’enthousiasme, présentant en quelques mots les diverses facettes de son parcours: son travail de metteur en scène, ses enseignements en tant que professeur de théâtre, et son œuvre d’écrivain.

L’auteur ouvre ensuite la rencontre avec la lecture d’un extrait de son livre: sa voix, le voit-on, est habituée à capter l’attention du public. Daniel Mesguich, aujourd’hui à Fribourg pour présenter son livre « Estuaires » paru en 2017 et qui recueille le fruit de 40 ans de travail, est tout d’abord un acteur animé par une grande passion pour les livres et le travail d’écriture. La lecture de sa préface au « Prince de Hombourg » qu’il a lui-même mis en scène, invite le public à un va-et-vient teinté de philosophie entre le spectacle qu’il s’apprête à voir et ce qui l’entoure: une sorte de mise en abîme de l’expérience du spectateur, entre réalité, scène et fiction.

Mais pour que cette réflexion prenne tout son sens, le public doit savoir qu’il est en train d’assister à une mise en scène, au lieu de se laisser transporter dans le monde qui est déployé sur les planches. Pourquoi insister sur ce paradoxe?

Le texte, selon Mesguich, est toujours présent au théâtre (qu’on le veuille ou non), et son rapport  avec nous (le public, les acteurs·trices, les metteurs·teuses en scène) est « fluctuant », notamment pour des raisons contextuelles. La responsabilité de l’acteur·trice est donc d’interroger le texte en profondeur et de créer un lien entre l’œuvre écrite et sa propre performance. L’onomatopée et la polysémie, notamment, auxquelles Mesguich allude sans les nommer, lui offrent la chance de « célèbre[r] » les mots et ainsi d’entendre toute la finesse d’un texte et de la restituer le plus fidèlement possible.

Ces acteurs·trices savent, quand ils·elles sont sur scène, qu’ils·elles sont en train de jouer, de montrer la mise en scène d’un texte, et que la leur n’est que l’une parmi les interprétations possibles, et le·la spectateur·trice, conclut Mesguich, doit ressentir et comprendre cette prise de conscience pour apprécier le spectacle dans toutes ses nuances.

Si habituellement ces rencontres se terminent par un débat ouvert au public, la discussion a déjà été suffisamment riche et Monique Rey nous convie ainsi à la séance de dédicace, où il est aussi possible, pour ceux qui ont découvert l’œuvre seulement aujourd’hui, d’acquérir le livre. Une occasion précieuse pour s’entretenir en personne avec l’auteur, malgré le peu de temps à disposition.

Tout au long de l’année, Payot organise de nombreux événements dans les cantons romands. Des occasions pour rencontrer des auteurs et des artistes, dans le cadre d’un salon ou d’un vernissage, assister à des conférences ou à des débats, et découvrir ou redécouvrir des œuvres appartenant à différents genres artistiques.

Appréciez-vous les arts visuels ou les arts vivant? Lisez-vous volontiers des BDs, des essais, des romans ou de la poésie? Consultez la liste de tous les événements et choisissez celui qui pourra éveiller votre curiosité! www.evenements.payot.ch

 

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Programme Gilbert Musy

Un bel hommage pour un homme de Belles-lettres. C’est ainsi que pourrait se résumer la conférence d’ouverture du Programme Gilbert Musy.

Texte: Christelle Bujard

Nous sommes accueillis au Foyer de la Grange de Dorigny, afin d’assister à la conférence de presse pour l’inauguration du Programme Gilbert Musy. Madame Irène Weber Henking, la directrice du CTL (Centre de Traduction Littéraire), commence par nous parler de ce grand homme. Elle nous le décrit en ces termes: « C’était un homme qui souhaitait avant tout transmettre son savoir, et sans qui la traduction littéraire ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui ». Il a fallu 20 ans à ce projet pour aboutir et derrière celui-ci, il y a une volonté de rendre hommage à cet éminent  traducteur, de sortir le·la traducteur·trice de l’ombre et de promouvoir la traduction littéraire chez la jeunesse.

Le programme Gilbert Musy est une master class de traduction littéraire qui récompense un·e traductreur·trice émérite de la littérature mondiale, en reconnaissance de son œuvre et de ses actions en faveur du travail de ses compatriotes sur la scène publique. Par l’obtention de cette bourse, l’invité d’honneur a l’opportunité de séjourner pendant trois mois au Château de Lavigny, afin de consacrer son temps à ses travaux de traduction, ainsi qu’à des projets de médiation culturelle. Ces activités publiques ont pour objectif de transmettre son savoir et son expérience à la relève dans le domaine de la traduction littéraire.

La première bourse a été attribuée à Jean-Louis Besson, remarquable traducteur du théâtre allemand, qui jouit d’une grande expérience dans l’enseignement de la traduction, de la mise en scène et de la dramaturgie. Son projet pour ces trois mois: traduire la première partie du livre de Hans-Thies Lehmann, « Tragédie et théâtre dramatique » (Tragödie  und dramatisches Theater, Alexander Verlag, 2015).

Durant la conférence inaugurale, intitulée « Traduire le théâtre, une expérience à part », Jean-Louis Besson nous parle de son domaine de spécialité. La question principale qui se pose: traduit-on le texte théâtral comme on traduit le poème ou le roman? La réponse est non, tout simplement car le théâtre ne consiste pas uniquement en un texte, c’est également un art oral. La spécificité du théâtre se trouve dans sa représentation, celle-ci est au centre lors du travail de traduction, tout comme elle l’était lorsque l’auteur a écrit la pièce. L’une des conclusions de Jean-Louis Besson est qu’il faut connaître le théâtre pour traduire le théâtre, c’est pourquoi le traducteur du texte théâtral est très souvent lui-même comédien ou dramaturge.

En ce qui concerne le programme Gilbert Musy, les prochaines dates à noter sont les suivantes :

  • Le 15 mai à 19h30, Joute de traduction au Studio André Staiger, Comédie, Bd des Philospophes 6, 1205 Genève, avec Jean-Louis Besson, Raphaëlle Lacord et Marina Skalova. En collaboration avec la Maison de Rousseau & de la Littérature.
  • Le 26 mai à 17h, Présentation publique du travail de la master class, au théâtre de La Grande de Dorigny
  • Le 17 juin à 18h, Lecture au Château de Lavigny, avec les résidents de la Fondation Ledig-Rowohlt.

De plus, le Château de Lavigny organise de juin à septembre, le dimanche à 18h, une série de soirées ouvertes à tous pour faire connaître au public ses écrivains et traducteurs en résidence.

Les hypallages et autres capharnaüms de Darius Rochebin

Isabelle Falconnier et les Bibliothèques de la Ville de Lausanne ont eu l’idée brillante, dans le cadre de la semaine de la francophonie, d’organiser une dictée qui a réuni une petite foule hier soir au Théâtre Boulimie.
Paré de son bloc et son stylo, émoustillé comme un premier de classe ayant hâte de passer l’examen, on attend le compositeur et locuteur de la dictée, Darius Rochebin.

Texte: Katia Meylan

20h30 passées, il est en retard mais personne ne peut lui en vouloir, on se doute bien qu’il avait affaire quelque part Quai Ernest-Ansermet à Genève. De plus, pas le temps de s’ennuyer puisque les comédiens Kaya Güner et Frédéric Gérard introduisent la soirée, invitant sur scène un spectateur qui ne s’y attendait de toute évidence pas et qui ajoutait au comique du sketch.

Entre temps, Darius Rochebin est arrivé, et commence la lecture de sa dictée. La situation a un côté familier, presque familial, conféré par l’esprit chaleureux du théâtre et peut-être aussi par la sympathie spontanée qu’inspire l’hôte de marque que l’on a l’occasion de voir tous les soirs dans son salon. Mais dans les rangs, on déchante vite, on est moins doué en orthographe que ce que l’on pensait! Des rires et exclamations fusent, on devient cancre dans la bonne humeur.

Je vous donne pêle-mêle les 10 mots qui, parmi d’autres, ont fait souffrir l’auditoire hier soir, les 10 petits mots chanceux qui ont été choisis pour représenter la francophonie en 2018:
Ohé!                     Volubile                              Bagou                                  Jactance                              Voix               Accent                       Griot                     Placoter                          Truculent                           Susurrer

 

« Qui a fait zéro faute »? demande Darius Rochebin alors que l’on a tous le corrigé en main. Aucune ne se lève. Une? Deux? Un homme en aura trois, il est salué par les applaudissements du reste de l’assemblée, dont la moyenne a entre cinq et vingt fautes. On ne vous révélera pas combien en a fait la rédaction…

La difficulté de l’exercice et la convivialité du moment auront en tous les cas renouvelé un intérêt pour la langue française!

Chasseurs de mystères

Cover de Remi Larroque

Aujourd’hui 8 mars 2018, l’auteure franco-suisse Clara Le Corre annonce la sortie du tome III de « Hunters High Rule », trilogie fantastique dans la veine des romans pour ados. Avant de découvrir les nouveaux mystères que devra résoudre le Club des Chasseurs durant cette dernière année de lycée, L’Agenda a rencontré Clara Le Corre à Lausanne pour quelques questions en tout en simplicité.

 

Texte: Katia Meylan

Clara Le Corre

 

 

 

C’est en effet une simplicité pleine de fraîcheur qui frappe en rencontrant la jeune femme. « Je ne cherche pas à paraître, je réponds comme ça me vient! » nous dit-elle.
Pourquoi l’envie d’écrire pour les jeunes? Parce qu’elle se sent proche de son public adulescent. « Vieille ado », « jeune adulte »? Elle se ravise ensuite sur ces termes trop clichés. Ce qu’elle sait, c’est qu’elle écrit le roman qu’elle-même voudrait tenir entre ses mains.

En effet, en découvrant les deux premiers tomes de « Hunters High Rule », on retombe à la fin de l’enfance, lorsqu’ on s’asseyait sur son lit pour retrouver nos héros du moment, leurs péripéties et leurs histoires de cœur.

Pendant une bonne première moitié du tome I, c’est bien d’histoires de cœur, d’amitié et d’aléas de la vie de lycée dont il s’agit. On rencontre Dawne, la timide rebelle, entourée de ses meilleurs amis du Club des Chasseurs; Roman, le beau gosse râleur au sang chaud mais toujours prêt à voler au secours des opprimés; Mortimer, « le roux le plus chanceux de la ville », organisé et ultramotivé; et bien sûr la nouvelle recrue, Leotta, si belle et si mystérieuse que le cœur de Dawne ne met pas bien long avant de chavirer. Enfin, le Club ne serait pas complet sans Cacho, chat de gouttière tenant lieu de conscience sur patte, et Linus, chauve-souris geek doté de pas mal de tocs.

Oui, dans « Hunters High Rule », les animaux parlent, en tant que membres à part entière de la société, et à cela on nous habitue dès le départ. « Je voulais poser les bases, que l’on comprenne les personnages, que comme eux, on trouve tout à fait normal que les animaux parlent », nous dit l’auteure.

D’autres éléments fantastiques mettent plus de temps à se dévoiler. Pourtant, on suit un Club dont le but est de résoudre les mystères. Il nous faut donc du mystère! Et il n’y a pas que le lecteur qui se demande quand est-ce qu’il pointera le bout son nez, au milieu des cours de maths, des fêtes d’Halloween et des articles à rédiger. Comiquement, les personnages aussi désespèrent devant le manque d’action…  C’est peu à peu, au fil du roman, que l’on se rend compte qu’ils affronteront bien plus que la fille populaire qui leur lance des pics, et que pour cela chacun devra faire bon usage de son pouvoir.

Sur le terme « pouvoir », l’auteur nous reprend: « Je préfère parler de faculté, de force ». En effet, dès le départ elle tenait à ce que les « pouvoirs » des personnages restent proches de la réalité. Dawne a une force qui dépasse largement la moyenne, Mortimer a une chance sur laquelle il peut compter à 100%. Quant à Roman, sa capacité à récupérer rapidement et à ne pas sentir la douleur pourrait s’apparenter à l’analgésie. « Pour Leotta, mon imagination n’a pas été d’accord, elle voulait se faire plaisir! », sourit l’auteure. En effet, on découvrira que la jeune fille a d’autre talents que celui de faire craquer Dawne.

Au-delà de l’intrigue, Clara Le Corre voulait surtout raconter une histoire d’amitié forte avec des personnages vrais. Dans son processus d’écriture elle s’inspire des gens qu’elle connait, et de ses expériences personnelles. Elle démarre le tome I en 2013. « Quand j’écris, cela devient une obsession »! affirme-elle. Au travail, aux études, elle prend des notes d’une main et écrit son roman de l’autre. Pas une page de cahiers sans un petit mot sur Dawne ou Cacho. Les tocs de Linus, elle les a observés dans son entourage, Roman est presque trait pour trait un ancien camarade, l’histoire de Dawne et Leotta ne lui est pas non plus pas inconnue.

Elle voulait que les lecteurs ressentent authentiquement ces liens entre les personnages, et admet que les pouvoirs et les dangers sont surtout les vecteurs qui font que les personnages évoluent, apprennent peu à peu à se connaître eux-mêmes, à connaître les autres, à se rapprocher et à faire avec les forces et les faiblesses de chacun.

On imagine que le tome III réserve encore à leurs pouvoirs et à leurs cœurs quelques épreuves. Jeune lecteur – ou lecteur de tout âge, si vous êtes resté un peu adolescent –, vous pouvez découvrir depuis aujourd’hui la trilogie complète des « Hunters High Rule » ici:

www.facebook.com/lecorredencre

Tiffany Jaquet: lire, apprendre, se divertir

En 2016, les éditions Plaisir de lire publient le premier livre de Tiffany Jaquet, « L’Enfant du placard ». Il s’agit d’un roman ancré dans notre histoire, dont le fil du récit se déroule à Lausanne. Au gré des chapitres, l’auteur nous fait voyager entre la Suisse de 1960 et celle de 2010. En suivant les personnages de cette histoire, on se retrouve confronté à une problématique très contemporaine: nous avons oublié comment vivre avec les flux migratoires.

Texte: Gauvain Jacot-Descombes

« L’Enfant du placard » est né dans une prise de conscience douloureuse. Les dernières générations de Suisse n’ont aucune idée de la réalité des Italiens, des Espagnols et des Portugais venus sur le sol helvétique pour travailler dans les années 60. Au cours de ses recherches, l’auteur visionne un reportage de la RTS datant de 2009, le Temps Présent de Raphaël Engel, « Les enfants du placard ». Ce terme était utilisé pour évoquer les enfants de saisonniers contraints de rester cachés dans le logement familial afin d’échapper, aux dénonciations et à l’expulsion vers leurs pays d’origine. En effet, la loi suisse s’opposait alors au regroupement familial. Charles Heimberg, historien du mouvement ouvrier, parle dans ce reportage de « drame social occulté ». Toute cette problématique gravite autour de contrats de travail qui déchiraient les familles, car ils leur interdisaient d’emmener leurs enfants avec eux. Ces enfants des placards se retrouvaient alors livrés à la solitude. Et du même coup, ils étaient privés de tout accès légal à la scolarité.

Lors de notre entretien, l’auteur nous livre une des clés de lecture de la problématique qu’elle aborde. Une partie de l’intégration des saisonniers « passe par les enfants, par l’éducation, par l’école, par leur entourage et leurs interactions sociales. Sans ça personne n’avance et personne n’est heureux « . Férue de littérature classique et contemporaine, elle apprécie particulièrement Zola et Hugo. L’auteur reconnaît aussi avec un sourire complice avoir été influencée par un roman de Tatiana de Rosnay, « Elle s’appelait Sarah », dont on peut retrouver quelques éléments dans la structure de « L’Enfant du placard ». Par exemple, grâce au découpage temporel du récit par chapitres, on passe très facilement d’une époque à une autre pour apprécier les aventures des différents personnages qui évoluent dans le récit à plusieurs décennies d’écart.

 

Pour son premier roman, Tiffany Jaquet réussit à nous divertir grâce au mystère qu’elle tisse autour de Claire, son personnage principal. De plus, elle utilise un style d’écriture précis, habile et immersif qui accompagne le lecteur page après page. Finalement, elle nous invite aussi à prendre connaissance d’un pan de notre histoire contemporaine. Que demander ensuite? Un nouveau roman? Il est en cours de rédaction.

www.plaisirdelire.ch

Pour aller plus loin: https://pages.rts.ch/emissions/temps-present/immigration/856134-les-enfants-du-placard.html?anchor=856136#856136

Boire des vers au Café Littéraire de Vevey

L’établissement offre « une plateforme de promotion et de visibilité pour les artistes de la région » tout en proposant « une petite restauration à base de produits locaux et de saison ». Tous les premiers jeudis du mois, le collectif Caractères mobiles, composé de Catherine Favre, Mathias Howald et Benjamin Pécoud, se réunit au Café Littéraire pour une séance d’écriture publique entre 17h et 20h.

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Photo: Caractères mobiles

C’est dans ce décor que j’ai rendez-vous avec Mathias Howald pour un entretien et que je m’apprête à déguster la forme d’écriture publique que le collectif propose. Dans le Café, l’ambiance est chaleureuse. Je choisis une table proche de celle où le collectif est en effervescence. Une serveuse me demande ce que je désire consommer et glisse sur la table un carton de commande pour un texte. Je m’exécute: une citronnade maison au gingembre et des maux en migration, s’il vous plaît! Quelques minutes plus tard, ma citronnade est servie et les auteurs s’activent pour achever la précédente commande avant de se mettre à la mienne.

Mathias Howald me rejoint: « Ce qui est proposé ici, c’est la possibilité de passer une commande ». Dans la foulée, il poursuit: « L’un des membres du collectif va écrire un texte pendant une trentaine de minutes ». Les indications présentes sur le carton me reviennent à l’esprit: « Pour une commande de texte, venez vers nous. Ou écrivez ici le thème de votre commande ». Je lui demande comment celle-ci me sera remise. L’auteur répond: « Elle sera imprimée sur une demi page A5 », sous cette forme, le texte objet prend alors le nom de « marque-page », et une fois estampillé d’un cachet avec les références du collectif, il est daté et signé. J’ai ensuite voulu en savoir plus sur leur site internet. L’auteur m’explique qu’après un très léger travail de réécriture, leurs textes y sont archivés. Il me confie l’un des espoirs du collectif: réaliser une édition à partir de leurs productions. Après une courte interruption, il reprend: « La présence des textes sur le site est aussi une invitation pour les lecteurs à les parcourir ».

Avant que l’entretien ne touche à sa fin, je l’oriente sur leur pratique d’écriture publique. Il me présente alors leur démarche: nous cherchons à « aller vers des formes plus mobiles, plus proches du lecteur ». Il ajoute que, pour eux, au centre de la relation lecteur-rédacteur, il y a « le plaisir de réaliser des commandes », » le désir d’être lu » et celui de « partager quelque chose avec le lecteur ».

Enfin, l’entretien s’achève par un commentaire sur leur présence visuelle dans le Café. Dans ce lieu, l’acte d’écriture publique n’a besoin « [ni de] mise en scène sur une estrade [ni de] représentation ». Il ajoute avec un sourire complice que « pendant la phase de rédaction, le lecteur peut se laisser porter par son imagination et essayer de deviner ce que nous sommes en train de faire avec sa commande ».

Envie de devenir ce lecteur? Le prochain Kiosque Littéraire aura lieu le 2 mars 2017 au Café Littéraire.

Texte: Gauvain Jacot-Descombes

www.caracteresmobiles.ch/

www.lecafelitteraire.ch/