Irrésistible Théâtre Le Poche, le 27 mars 2014

Pour lui, « c’est une question logique ».

Pour elle, « c’est une question existentielle et inepte […] c’est une question conne ».

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Irrésistible©R.Browring7798

« Pourquoi irrésistible ? » Telle est la première réplique d’un monologue à quatre voix, dont deux sont pourtant absentes. Irrésistible. C’est par ce simple terme que l’on pourrait qualifier à la fois la faim, l’amour, la fin, l’humour. Aurait-il été possible de résister ? Question sans réponse.

Lui, c’est l’ancien avocat des divorces reconverti dans les affaires criminelles, traitant actuellement le cas d’un mexicain qui a tué puis mangé sa femme. Lui, dont la jalousie maladive verse dans la paranoïa, ne supporte paradoxalement pas l’idée que sa moitié ait refusé un repas en tête à tête avec un écrivain irlandais, réputé pour être « irrésistible ».

Elle, de son côté, travaille dans le domaine de l’édition et revient d’un rendez-vous avec l’auteur à succès qu’elle admire depuis l’adolescence. Agacée cependant par les suspicions qui pèsent sur ses véritables sentiments, elle aimerait bien abréger la conversation qui s’est engagée. En vain, puisque la fierté toute italienne de son amoureux la presse de s’expliquer sur la raison qui l’a poussée à décrire son invisible rival comme un homme « irrésistible ».

Le texte a été écrit d’une main de maître par Roger-Lacan, dont les traits d’esprit sont extrêmement bien mis en mis en scène par Claude Vuillemin. Le décor est soigné, tout comme le sont les jeux de sons et de lumières. Les nombreux accessoires sont bien utilisés et les mouvements sur scène choisis avec justesse. Et que dire des acteurs ! L’interprétation que nous offrent Madeleine Piguet Raykov et François Nadin est simplement… « Irrésistible » !

Lui fulmine, elle pleure, le public rit et la pièce est un succès. Ne résistez plus, courrez au Théâtre Le Poche avant le 13 avril 2014 !

Texte: Michael K.

Irrésistible©R.Browring7762

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Un voyage dans le temps avec l’Âme du violon

photo ensemble ame du violonL’ensemble « l’Âme du Violon » a été fondé en 1999 et est constitué de jeunes et d’adultes. Les 8 et 9 mars, l’ensemble a présenté un programme de concert au Théâtre de Nyon Marens. Une partie des bénéfices de ces deux concerts sera reversée aux actions de Terre des Hommes Enfants. Malheureusement, malgré un programme intéressant, la salle n’était pas très remplie. Les interprètes ne se sont cependant pas laissé démonter et ont présenté avec enthousiasme les morceaux préparés.
Le concert s’est ouvert avec « Ainsi parlait Zarathoustra », notes enregistrées qui ont accompagné l’entrée de la soliste violoniste ainsi que fondatrice de « l’Âme du Violon », Denisa Ragalie Costescu, et le pianiste, Angel Denys Costescu, pour la première partie du programme. Une musique qui laissait entendre une grande ambition de la part des interprètes mais dont le volume sonore était un peu trop fort comparé à la musique interprétée par les musiciens ayant suivi directement après.
Les morceaux choisis pour cette première partie étaient soit des ensembles violon-piano, soit des morceaux pour piano seul. Ce programme a permis de dévoiler un répertoire varié, la vélocité et la sensibilité musicales des interprètes ainsi que l’écoute et la complicité mère-fils entre les deux musiciens.
Après l’entracte, le public a découvert les autres jeunes interprètes de l’ensemble. Avec des musiques qui allaient du baroque au folklore et des musiques plus modernes, le public a pu, dans cette seconde partie (et le concert en général), voyager à travers différentes époques et constater la polyvalence musicale des interprètes.
Le credo de cet ensemble est «1% de talent pour 99% de travail» et il est en effet possible de constater le grand travail que doivent fournir les interprètes pour pouvoir allier de très jeunes musiciens à de plus expérimentés dans le but d’accomplir un voyage à travers les époques et les genres et de fournir un programme éclectique au public.
L’ensemble possède un bon potentiel et il est agréable de voir l’amour et la foi que le professeur a pour ses élèves.

Texte: Anastassia Issakova

« La Route de Tôkaidô » à la Fondation Baur

Les estampes japonaises de la période Tokugawa sont à l’honneur dans la nouvelle exposition temporaire de la fondation Baur intitulée « La Route du Tôkaidô ». L’élégant hôtel particulier qui abrite la Fondation présente des œuvres de trois artistes célèbres: Hokusai, particulièrement connu pour « La grande vague de Kanagawa », Hiroshige et enfin Kunisada, un peu moins connu en Occident mais très renommé au Japon pour ses représentations d’acteurs de kabuki.

Dès le début, le décor est planté avec une carte du Japon qui présente les cinq axes principaux reliant Edo (l’ancien nom de Tokyo) aux autres villes du pays. L’exposition se concentre essentiellement sur les deux routes qui reliaient Edo à Kyoto, la première qui longeait le littoral, la route de Tôkaidô et la seconde, celle qui gravissait les montagnes, la route de Kisokaidô.

Une vitrine très didactique permet de voir les étapes nécessaires à la réalisation d’une estampe polychrome, représentant le Mont Fuji ainsi que l’ensemble des intervenants qui y participaient. Le dessinateur, en l’occurrence l’artiste Hokusai, crée le dessin, en s’inspirant des paysages observés le long de la route et de ses étapes-relais. Puis le graveur prépare une plaque de bois de cerisier, que l’imprimeur pourra enduire d’encre avant de l’apposer sur la feuille. Cette étape constitue un travail très minutieux car il faut autant de plaques que de couleurs et la superposition doit être réalisée de manière extrêmement précise. Finalement, l’éditeur, le dernier intervenant, qui est aussi à l’initiative du projet, s’occupe de la commercialisation.

Notons que les estampes n’étaient pas numérotées et qu’au début de cet art populaire, elles représentaient simplement des publicités pour des acteurs et des courtisanes. Ce n’est que par la suite que les dessinateurs se sont intéressés aux paysages magnifiques du Japon. Rien d’étonnant dès lors à ce que des célèbres peintres impressionnistes, comme Monet, aient été inspirés par les estampes japonaises et les aient collectionnées.

UtagawaHiroshige	(1797-1858),	 Les	Cinquante-trois	stations	du	Tôkaidô	:	Le	pont	Nihonbashi	 édition	Hôeidô,	1833	 ©	Fondation	Baur,	musée	des	Arts	d’Extrême-Orient,	Genève

Utagawa Hiroshige (1797-1858),
Les Cinquante-trois stations du Tôkaidô : Le pont Nihonbashi
édition Hôeidô, 1833
© Fondation Baur, musée des Arts d’Extrême-Orient, Genève

On peut admirer des estampes très chargées et colorées, de très belle qualité comme celles de Kunisada. Puis on passe aux œuvres d’Hiroshige qui représentent des relais de la route, notamment le point de départ le pont du Japon à Tokyo que traverse un cortège de seigneurs. Deux éditions de la même étape-relai sont exposées et on remarquera les détails qui diffèrent de l’une à l’autre, comme par exemple le seigneur qui descend de sa monture au coucher de soleil dans la première édition et qui remonte sur son cheval au lever du soleil dans l’édition suivante. D’autres estampes beaucoup plus sobres représentent simplement des arbres enneigés (Montée au château de Kameyama), ou encore de magnifiques vues du Mont Fuji. Tous ces dessins sont saisissants de charme et de délicatesse.

Une exposition de toute beauté pour les amoureux du Japon, à voir jusqu’au 6 avril à la Fondation Baur.

Programme des visites commentées et activités culturelles pour enfants : www.fondation-baur.ch

Cette année, à l’occasion du 150ème anniversaire des relations diplomatiques entre la Suisse et le Japon, l’association Suisse-Japon organise une série d’évènements : www.suisse-japon.ch.

Texte: Sandrine Warêgne

UtagawaHiroshige	(1797-1858),	 Les	Cinquante-trois	stations	du	Tôkaidô	:	Montée	au	château	de	Kameyama	 édition	Hôeidô,	1833	 ©	Fondation	Baur,	musée	des	Arts	d’Extrême-Orient,	Genève

Utagawa Hiroshige (1797-1858),
Les Cinquante-trois stations du Tôkaidô : Montée au château de Kameyama
édition Hôeidô, 1833
© Fondation Baur, musée des Arts d’Extrême-Orient, Genève