À la découverte des profondeurs du Grütli

Jeudi 27 septembre, le Théâtre du Grütli à Genève nous a ouvert ses portes pour une visite guidée des coins secrets de l’édifice. Nous avons en découvert de nombreuses facettes, pour nous diriger finalement vers la nouvelle exposition présentée cet automne: la « Bibliothèque des projets non achevés ou simplement évoqués ». Suivez-nous, et ouvrez délicatement vos sens, pour un parcours surprenant et éducatif!

Texte: Loic Merzlic

Notre guide s’appelle Marilù. Elle travaille depuis maintenant cinq ans au Théâtre du Grütli, en tant que coordinatrice de la communication digitale et des relations publiques. Actrice amatrice dans une compagnie de théâtre, Marilù est passionnée par les arts et la culture. Elle souhaite rapprocher le public de l’artiste pour permettre une véritable compréhension de l’œuvre, et éviter que le public ne se perde dans des créations de plus en plus contemporaines par leur forme. C’est pourquoi elle est aussi très attentive à la communication digitale. Suivons-la désormais, pour un tour exceptionnel, au cœur du Théâtre du Grütli.

Acte premier: La visite du bâtiment

La visite débute par les salles du sous-sol. Côté cour, le public peut profiter d’un bar ouvert une heure avant chaque représentation. Côté jardin, une nouvelle salle émerge: le « Gueuloir ». Cet espace accueille des représentations en « petit format », comme des lectures ou des solos. Dans l’enfilade, nous retrouvons les loges actuelles, qui vont être réhabilitées pour permettre l’accès aux personnes à mobilité réduite. Nous rejoignons ensuite la Salle du Bas, surnommée la Black box en raison de sa couleur entièrement noire. Cette salle présente une scène de même niveau que les gradins (du public), évoquant ainsi le sentiment d’horizontalité et de cohésion entre le spectateur et l’acteur. Cette notion d’égalité de niveau, autant dans la condition que dans la position, reste une valeur importante du Théâtre du Grütli. Il favorise l’intégration, l’accessibilité et les échanges, par l’actuelle politique des tarifs accessibles, la réhabilitation des loges et l’organisation de rencontre variées.

C’est en faisant le tour de la Salle du Bas par les couloirs externes, envahis de projecteurs qui foisonnent dans l’espace, que nous découvrons à présent la surprise de cette visite. Comme une mise en abîme du spectacle par le spectacle, nous pénétrons sous la scène, pour y découvrir les méandres mystiques de la Black box, d’où apparaissent, non pas les souffleurs, mais les artistes, pour une entrée en scène discrètement délicieuse. Il est plus facile de s’imaginer une trappe menant sous la scène, dans une organisation « à l’italienne », comprenant un rehaussement de l’espace scénique par rapport au public, que dans le cas d’une scène égalisée.

Prenons un peu de hauteur pour nous diriger vers le deuxième étage. Nous arrivons dans la Salle du Haut, qui s’ouvre sur des fenêtres accessibles vers l’extérieur. L’artiste fait face à un public de 100 places, avec un espace de création modulable en fonction des exigences de la représentation, puisque la porte donnant sur les loges permet l’agrandissement de la scène en cas de besoin. Un bar est également présent pour promouvoir la convivialité avant le spectacle, et favoriser les échanges.

Acte second: La procédure

Nous retrouvons à présent Simon, assistant de direction, qui nous propose de réfléchir sur la manière de donner une ligne artistique à un théâtre. Cette ligne artistique s’adapte à la place du théâtre dans la ville. Le Théâtre du Grütli a choisi de s’orienter vers une production « locale » favorisant les artistes genevois. À Genève, malgré le nombre conséquent de théâtres, chacun répond à des besoins particuliers, chacun utilise des formes singulières. Il existe trois catégories d’organisation: le théâtre d’accueil, de co-production et de production déléguée. Le Grütli suit la forme de la co-production, c’est-à-dire que les artistes se présentent avec un projet qui n’existe pas encore, et le théâtre met à disposition les fonds et la structure.

Barbara et Nataly, co-directrices, cherchent également à développer un accueil plus large des artistes. C’est pourquoi le théâtre entreprend le Bureau des compagnies, destiné à accompagner les équipes artistiques dans leurs démarches de gestion, organisation et développement de leur compagnie, accessible lors des permanences hebdomadaires du lundi, de 9h à 18h.

Acte troisième: la Bibliothèque des projets non achevés ou simplement évoqués

C’est avec Céline et Bastien que nous concluons cette visite. Les deux artistes nous présentent leur création qui s’intitule Bibliothèque des projets non achevés ou simplement évoqués. « Le théâtre nous a laissé un espace à disposition, que nous voulons aménager, tout en gardant l’idée qu’il reste modulable, que ce soit par d’autres professionnels, ou par le public lui-même ». Le concept est celui de la mise en accès libre d’interviews de producteurs ou d’artistes, autour de projets qui sont restés inachevés. « Nous voulons aussi déconstruire l’idée que ce qui compte toujours correspond forcément à ce qui a réussi. Imaginez un instant que vous vous présentiez en mentionnant tout ce que vous avez entrepris, et non plus seulement par ce que vous avez réussi ».

L’espace est en libre accès, et des représentations sous diverses formes auront lieu les derniers samedis du mois pour développer l’interaction avec le public. Un site internet dédié à la bibliothèque permet également l’accès au contenu (bibliothequedesprojets.ch).

Samedi 29 septembre, se tiendra l’inauguration de l’exposition, avec une interview et la production artistique spéciale du fribourgeois Lowrider.

Désormais, nous vous invitons à plonger au cœur du théâtre du Grütli au grès de la nouvelle programmation, et à vous immerger dans les secrets de la Bibliothèque des projets non achevés ou simplement évoqués pour laisser émerger en vous les passions!

www.grutli.ch

Noms complets

Barbara Giongo et Nataly Sugnaux Hernandez – Codirection.
Simon Hildebrand – Assistanat de direction et Bureau des Compagnies.
Marialucia Cali – Relations publiques.
Céline Nidegger et Bastien Semenzato – Créateurs de l’exposition, et membres de la Cie Superprod.

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En voiture!

Gare du Métropole, mardi 25 septembre, le Sinfonietta de Lausanne s’est mis en marche à 20h précises sous la conduite de son chef de train David Reiland.

Texte: Katia Meylan

Le jeune orchestre, qui joue parfois debout, a pris place assise cette fois-ci, tout en faisant avancer la locomotive. La machine est huilée, elle roule sans qu’ils ne semblent se référer beaucoup au conducteur. Le premier voyage, « Pacific 231 » d’Arthur Honegger, nous transporte durant 7 minutes seulement. Le morceau a été composé pour le film « La Roue » d’Abel Gance, et figure clairement une machine: démarrage, accélérations et rythme métallique de course, décélération.

On descend du train, le temps d’une escale, déposés au pied du Concerto pour piano n°2 en ut mineur de Rachmaninov. On suit le guide, le pianiste Ashot Khachatourian, qui nous mène dans des paysages hérités du Romantisme.
Rachmaninov a composé cette œuvre après trois ans de dépression, et elle a fait partie du processus de thérapie. Paysages intérieurs, donc. Les trois mouvements représentent les différentes étapes de cette traversée. Le premier évoque les souvenirs des instants douloureux (Moderato). Puis il y a la réadaptation progressive à la vie (Adagio sostenuto), territoire qui nous semble familier puisque le mouvement en question est fréquemment repris dans la culture populaire. Et enfin arrive le moment de profiter pleinement de l’existence (Allegro scherzando). Sous les doigts virtuoses d’Ashot Khachatourian, on imagine d’abord un homme rendu à la vie qui, lancé, veut tout redécouvrir à pleine vitesse. Rapidement, on réalise que le soliste et l’orchestre se partagent la mélodie, l’euphorie se muant en une joie plus sereine et généreuse.

Mais il est l’heure de remonter dans le train pour un prochain voyage dans la Symphonie n°2 en ré mineur de Prokofiev, qui emprunte certains rails tracés par « Pacific 231 ». Le trajet n’est pas de tout repos. « De fer et d’acier », comme le compositeur l’a décrite lui-même, la pièce suit un rythme implacable, malgré le frottement des dissonances, entrecoupés d’instants sans heurts.

L’orchestre freine en douceur dans un crissement de violons ténu pour nous ramener à quai.

Le voyage est fini, de retour à Lausanne. Prochain départ du Sinfonietta de Lausanne le 27 novembre à 20h.

www.sinfonietta.ch

Geneva Camerata – Les sons de l’Arc-en-Ciel

Jeudi 20 septembre, sous une chaleur étouffante, les 40 musiciens du Geneva Camerata, appréciés pour leur professionnalisme, prennent place dans le somptueux Bâtiment des Forces Motrices, ébloui par les sons de l’arc-en-ciel.

Texte: Jenny Raymonde

Sans fausse note, le concert entame sa première partie avec « Hippolyte et Aricie » de Jean-Philippe Rameau, dont les sons mélodieux nous plongent dans un univers lointain de roi, de royaume et de chevalier.

La première invitée, la soprano Patricia Petibon, admirée pour sa voix et son énergie, nous donne une version d’elle en italien et en français. Applaudie par la foule, elle n’hésite pas à s’exprimer sur la signification et le sens des paroles de ses choix de chansons. Elle nous parle avec le cœur, pièce maîtresse de l’amour et du bonheur.

Après un petit entracte, un cygne majestueux, Isabelle Adjani rentre en scène. Accompagnée par l’orchestre, elle nous conte les aventures d’Ismène, la sœur d’Antigone, dans poème adapté du mythe grec où tout est question de faire la part des choses entre le bien et le mal. Cette dualité est omniprésente tout le long de son récit. On regrette qu’elle n’ait pas appris son texte par cœur, pour insuffler plus de vie à son homologue.

La dernière partie sera entièrement musicale, et clôturera ce premier concert de saison du Geneva Camerata.

Sauvages, prestigieux ou magiques; découvrez tous les concerts à venir! www.genevacamerata.com

Antigone, des grands plats pour les petits

« Un os à la noce » est un regard sur la tragédie grecque d' »Antigone », proposé aux enfants dès 8 ans. Créée en 2008, la pièce est remise sur le devant de la scène du Théâtre des Marionnettes de Genève par la compagnie des Hélices, qui voyait dans ses thèmes une résonnance avec des problématiques actuelles.

Texte: Katia Meylan

Photo: Carole Parodi

Presque aucun changement dans la mise en scène ni dans le texte de la création qui avait été jouée il y a dix ans. La compagnie avoue s’être demandé si la recette  de 2008 marcherait toujours aujourd’hui. Mais « la pièce est basée sur une histoire qui a plus de 2400 ans, on n’était pas à 10 ans près »,  nous fait remarquer Isabelle Matter, qui met en scène la pièce avec Domenico Carli. Leur souhait, en adaptant cette tragédie, a été de donner aux enfants une première approche de la structure type des pièces classiques qui, touchant à des thèmes universels, traversent les âges et les frontières.

L’histoire en quelques mots:
Polynice et Étéocle, les frères d’Antigone, prétendent tous deux au trône et décident d’alterner les années de règne. Une fois son année écoulée, Étéocle refuse de passer la main à son frère. Ce dernier lui déclare la guerre et attaque la cité. Ils finissent par s’entre-tuer, laissant la couronne à leur oncle Créon. Ce nouveau roi va alors interdire à quiconque d’enterrer le « traître » Polynice, sous peine de se faire couper la tête. Antigone, par amour et fidélité des liens de sang, va s’opposer à cette loi pour offrir à son frère le rituel du passage dans l’au-delà.

Ce que les metteurs en scène ont voulu mettre en exergue dans le récit de Sophocle, c’est le choix d’Antigone qui, faisant fi d’une loi injustement édictée, décide d’agir selon ses propres valeurs morales.

En rejouant cette pièce, la compagnie souhaite souligner le caractère actuel de cette problématique avec des situations qui pourront sembler familières au spectateur de 2018. Par des indices dans l’adaptation du texte est évoquée la situation actuelle des migrants et des citoyens des pays d’accueil, et comment certains individus passent outre les barrières que dressent des lois désincarnées.

La tragédie originale, comme son genre l’indique, mène à la mort d’Antigone. « Un os à la noce », destiné aux enfants, finit toutefois sur une note plus positive, pour ne pas leur laisser la terrible impression que lorsqu’on décide de privilégier les valeurs humaines par rapport aux lois, on finit forcément zigouillé·e!

Photo: Carole Parodi

Pour ce faire, la mise en scène met les petits plats dans les grands; elle joue tout au long de l’histoire sur la métaphore culinaire, et sur différents niveaux de narration. Les quatre comédien·ne·s sont des garçons de café – qui n’en finissent plus de jeter les morts dans la poubelle de table, et dont l’étrangeté prend des airs burtonien. Ils représentent le chœur de Thèbes, faisant avancer l’histoire sans pouvoir l’influencer, tout en ajoutant à la sauce un ingrédient comique. D’autres fois, ils s’effacent au profit des marionnettes à crosses qu’ils manipulent. Ils content ainsi l’histoire des citoyens de Thèbes… vue d’en dessus, par une bande de vautours, qui ne manque pas de commenter les travers et qualités des humains.
Nekbeth, la fille du chef vautour, peu intéressée par les cadavres ou son futur mariage avec un capitaine, s’envole vers un autre destin… et pour elle, l’histoire se terminera bien.

Mais les représentations n’étant pas finies, arrêtons-nous là pour vous laisser aller découvrir le spectacle!

Un os à la noce
Les 22, 23, 25, 26, 29 et 30 septembre.

www.marionnettes.ch

Ladies and Gentlemen…

Photo: Julia Wesely

« And now, Mozart! »
Le pêle-mêle de musiques en tous genres que nous ont livré Igudesman & Joo a suscité la concentration des spectateurs∙trices qui auraient effectivement voulu y trouver Mozart. Lundi 10 septembre, le Rosey Concert Hall ouvrait sa saison avec ce concert pour le moins éclectique.

Texte: Katia Meylan

Pour la rentrée, Marie-Noëlle Gudin, directrice artistique du Rosey Concert Hall, a concrétisé son souhait d’accueillir un concert festif en invitant Aleksey Igudesman et Hyung-Ki Joo, dont les vidéos font fureur sur le web. Tous∙toutes les élèves de l’école ont répondu présent, ainsi que les nombreux∙ses abonné∙e∙s du lieu, et les curieux∙ses attiré∙e∙s par le bruit que font les deux compères à l’international!

Les musiciens-humoristes mènent le spectacle en deux langues, avec les joyeuses confusions que cela implique. Si certaines ficelles comiques ont déjà été tirées maintes fois – les disputes d’ego sur scène, ou ce fameux sketch où le public entend les pensées du pianiste grâce à une voix off – ils nous livrent certaines trouvailles hilarante, notamment un GPS musical qui guide le violoniste au fil des gammes.

Bien que l’humour soit leur marque de fabrique, ils ne se contentent pas de jouer de cet unique talent, et l’on constate que derrière les pitreries, le bagage musical est solide.
Igudesman manie l’archet à une vitesse folle, Joo compose et donne de la voix. Mention spéciale pour son tour de force où il enchaîne, à coup de quelques mesures chacun, les « tubes » du répertoire classique. On ne sait pas s’il faut rire ou rester bouche béé. Étrangement, et probablement comme ils le souhaitaient avec ce spectacle, ils mettent la musique classique en valeur en exposant brutalement ses beautés, en créant une frustration de ne pas en entendre plus.

Et finalement tout y passe: le classique mais aussi la musique contemporaine, les chants traditionnels à consonances russes, orientales, grecques, la musique country. Sans oublier la pop, lorsque Rachmaninov se transforme sans crier gare en « All by myself » de Céline Dion, ou lorsque James Bond s’insinue entre les portées de Mozart. Déguisements à l’appui, ils nous composent aussi une douce mélodie, un rap, un hard rock, comme si un indécis avait pris les commandes d’une infinie playlist sans limite de genre, d’époque ni de style. 

Un lancement de saison explosif!

Retrouvez un avant-goût des prochains spectacles au Rosey Concert Hall dans L’Agenda n°75 ou sur notre site internet

Septembre musical: Brahms et Grieg reprennent vie

Du 31 août au 9 septembre, le Septembre Musical fait vibrer de magnifiques instruments entre le Lac Léman et les montagnes. Le 6 septembre, c’est à l’Auditorium Stravinski, au cœur de Montreux, que jouait le European Philharmonic of Switzerland. Cet ensemble regroupe des jeunes musicien∙ne∙s ayant entre 20 et 35 ans d’origines très variées. Pour cet occasion, dirigés par Gergely Madaras, ils ont fait résonner les mélodies d’Edvard Grieg et de Johannes Brahms.

Texte: Maëllie Godard

European Philharmonic of Switzerland, EPOS. Photo © Céline Michel

Il est certain que même le plus expérimenté des spectateurs ne fut pas insensible à l’arrivée de cette armée de musicien∙ne∙s, dont le calme et la concentration précéda un sublime effort. Puis il y eut cette surprise presque enfantine qui répondit à la première explosion sonore, cet instant de jubilation où l’on entendit la flûte traversière jouer les premières notes d' »Au Matin » dans cette salle boisée. Même si on est en droit de l’espérer de la part d’une formation de cette envergure, on peut saluer la précision, la justesse et la dextérité de ce gigantesque instrument; chaque musicien∙ne précieux rouage d’une immense machine.
Si on retrace l’origine de cette Suite d’Edvard Grieg, on se retrouve dans son pays natal, la Norvège. Au 19e siècle, Henrik Ibsen écrivit un drame poétique devenu pièce de théâtre: « Peer Gynt ». Cette farce relate le voyage d’un anti-héros prétentieux qui découvre, un échec après l’autre, sa solitude. Ce sont les mots de cet auteur qui inspirèrent par la suite Edvard Grieg.

Le European Philharmonic of Switzerland a ensuite interprété le Concerto pour piano et orchestre en la mineur du même compositeur. Ronaldo Rolim, pianiste brésilien de renom les avait alors rejoints sur scène. Ils ont servi avec ferveur et subtilité cette superbe partition dont beaucoup connaissent sans doute les contours. Les vagues des archets, le souffle des instrumentistes et la baguette de Gergely Madaras ont su épouser les mouvements des mains du pianiste. Il y avait quelque chose de galvanisant à observer ces corps réaliser de telles prouesses.
Enfin, pour clôturer cette soirée, c’est la Symphonie n°1 en do mineur de Johannes Brahms qui a envahi les murs de l’Auditorium Stravinski. Pleine de nuances, et quelque peu mélancolique, cette symphonie s’est achevée dans les applaudissements enthousiastes du public relativement hétéroclite venu pour l’occasion.

Pour ce soir et demain encore le Septembre Musical va réunir des musicien∙ne∙s, mélomanes, curieux∙ses, et de nombreux humain∙e∙s en tout genres, en ferez-vous partie?

Septembre Musical
Jusqu’au 9 septembre