Public Enemy récidive aux Docks de Lausanne

Public Enemy, groupe mythique de hip hop, fondé à Long Island, New York, au tout début des années huitante nous a fait le plaisir de récidiver sur la scène des Docks, le mercredi premier mai dernier.

©Vincent Bailly - www.bailly-photo.ch

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Le concert débute presque par surprise : Chuck D entame les premières chansons mais le show ne commence qu’après l’arrivée plutôt remarquée de Flavor Flav qui en profite pour annoncer l’entrée de Public Enemy dans le Rock and Roll Hall of Fame, panthéon du rock de Cleveland, côtoyant ainsi des légendes telles que Elvis Presley, John Lennon ou encore Beastie Boys.

Le public reste sage et il faut attendre plusieurs minutes avant que les semelles ne prennent leur envol.

Pour ce concert, Public Enemy se produit avec un live band constitué d’un batteur, d’un guitariste et d’un bassiste, qui sans pour autant voler la vedette à DJ Lord, ne prive pas de lancer quelques solos enflammés : on ne s’attendait pas forcément à voir un guitariste jouer avec les dents pendant un concert de hip hop…

©Vincent Bailly - www.bailly-photo.ch

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Malheureusement, malgré un Flavor Flav survolté, une incroyable énergie sur scène et des textes déchainés, le public restera en majorité timide, ambiance qui contrastait avec la dernière apparition de Public Enemy aux Docks.

Pour cette soirée, le public hip hop se fait sage, on est loin de cette image de jeunes délinquants qui reste encré dans l’esprit des biens-pensants.

Plus d’informations et réservations sur le site des Docks.

Texte : Julien Hottinger

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Petits chocs des civilisations

« Je vous préviens, pendant une heure et demie vous êtes Français. Imaginez que je suis un humoriste congolais et vous des Belges. »

Spectacles Onésiens, le 26 avril 2013.

Fellag nous donne, dès son entrée sur scène, le ton du spectacle : critique et autodérision. « Quand je suis arrivé dans votre pays, il y avait tellement d’Algériens que j’ai cru que le bateau n’était pas parti. » À son sourire et sa bonhomie, répondent déjà des éclats de rire ; en quelques instants la salle comble est conquise et se laisse emporter dans un monde où les Suisses, à l’instar des Algériens, sont Français. Ou l’inverse, si vous préférez. Car dans ce couscous grandeur nature où les ingrédients se mélangent et se répondent, tout est réuni afin d’abolir les clivages sociaux, religieux, culturels… et surtout culinaires !

Une cuisine et son plan de travail, une banquette et une porte. C’est dans ce décor, sobre mais efficace, que des jeux de lumières s’invitent à intervalles réguliers. L’auteur-acteur, parfois cramponné à sa valise ou à sa toque de cuisinier, sait jouer non seulement sur l’ensemble de la scène, mais surtout avec un public réceptif qui lui rend volontiers la réplique, lorsqu’on la lui demande.

Image du Blog scene-plateau-theatre.centerblog.net
Source image : scene-plateau-theatre.centerblog.net sur centerblog.

Fellag démontre une vraie force dans un texte à la fois intelligent, très bien travaillé et traitant de sujets variés. Tout y passe, ou presque : l’économie, la religion, la famille, la politique, le racisme. Gouvernement renversé dans une utopie futuriste, possible retour à une époque pourtant révolue ou encore souvenirs d’enfances se disputent la vedette dans un humour omniprésent. On jongle encore entre la langue française et l’arabe, entre nouveau vocabulaire et manière de s’en servir.

Si votre mektoub est d’assister à l’une des dernières représentations de cette tournée, alors dépêchez-vous de réserver un court séjour à Marseille entre le 9 et le 13 juillet prochain, pour autant qu’il reste des places, inch’Allah !

Texte : Michael K.

Le Duo, au théâtre Contexte-Silo à Renens

Après un accueil charmant au sein d’une ambiance tamisée, intime et conviviale, vous êtes invités à venir savourer une pièce haute en couleur écrite par Charles Goerges Chouéri, présentée par la Compagnie du Point de fuite.

Dès le départ, la silhouette d’une femme, assise dos aux spectateurs, nourrit le mystère. Tout commence par l’histoire d’un couple, un duo, interprété par Zina Balmer et Philippe Thonney : un tandem nanti, exprimant tout haut ce que les gens disent tout bas. Dou_1La poésie est telle entre ces deux personnages que même lorsque l’élément déclencheur – la mort d’un personnage, « tombé» du cinquième étage – se produit, le sourire ne déserte pas les lèvres du spectateur. Le rire y est toujours présent malgré les thèmes qui sont abordés et qui rappellent des situations actuelles de la société. On y retrouve notamment des critiques sociales dispersées en allusion, mais surtout le thème des individus travaillant dans les hautes sphères de la finance, les fameux « requins ». Après la crise, ce secteur d’activité a été diabolisé dans les esprits et le duo intervient comme une expression de la pensée populaire, tels des chasseurs de sorcières. Les meurtres, que commettront le tandem, seront dédramatisés par l’humour et le côté légèrement décalé des personnages.

Le jeu est magnifique : les mimiques des acteurs, l’exagération des jeux de séduction de Zina Balmer et l’adoration brillant dans les yeux de Philippe Thonney ne laissent guère indifférent.Duo_2

La pièce sera jouée du 9 avril au 21 avril avant  que les comédiens ne partent en tournée. Elle a lieu du mardi au samedi à 20h00 et le dimanche à 17h00.

Pour réserver, cela se déroule sur le site : www. contexte-silo.ch/theatre.html.

Texte : Christelle Membrez

Loenaï au Café-Théâtre de la Voirie de Pully

Pendant le weekend de Pâques, Loenaï et ses musiciens ont animé le Café-Théâtre de la Voirie à Pully.

Si le public ne se presse pas aux portes, il forme cependant dans la salle un petit noyaux de fans avertis. Il faut dire que le Café-Théâtre réserve toujours un accueil chaleureux et convivial à ses visiteurs.

Précédé de deux premières parties – assurées par les deux choristes du groupe, accompagnées chacune d’un guitariste – le concert commence dans une ambiance tamisée. Loenaï se fait désirer quelques minutes en laissant ses musiciens commencer sans elle.

Les textes sont simples et prononcés avec assurance, la musique est entraînante. Si la voix est claire et juste, les mélodies sont parfois redondantes, faute au style peut-être : Loenaï n’est pas encore la Bénabar romande. Parmi les musiciens, on nommera notamment Thierry Benguerel au cajon, célèbre et talentueux percussionniste de Jr Tshaka, à la guitare Roddy Sblandano et à la contrebasse Emmanuel Burnier. Quelques tendances tziganes aussi, grâce à Mélanie Epenoy au violon : en bref, de très bons musiciens entourent la chanteuse, trop bons peut-être…

La soirée se termine entre amis autours d’un verre, dans une ambiance décontractée, avant de finir en jam session improvisée…

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