Chasseurs de mystères

Cover de Remi Larroque

Aujourd’hui 8 mars 2018, l’auteure franco-suisse Clara Le Corre annonce la sortie du tome III de « Hunters High Rule », trilogie fantastique dans la veine des romans pour ados. Avant de découvrir les nouveaux mystères que devra résoudre le Club des Chasseurs durant cette dernière année de lycée, L’Agenda a rencontré Clara Le Corre à Lausanne pour quelques questions tout en simplicité.

 

Texte: Katia Meylan

Clara Le Corre

 

 

 

C’est en effet une simplicité pleine de fraîcheur qui frappe en rencontrant la jeune femme. « Je ne cherche pas à paraître, je réponds comme ça me vient! » nous dit-elle.
Pourquoi l’envie d’écrire pour les jeunes? Parce qu’elle se sent proche de son public adulescent. « Vieille ado », « jeune adulte »? Elle se ravise ensuite sur ces termes trop clichés. Ce qu’elle sait, c’est qu’elle écrit le roman qu’elle-même voudrait tenir entre ses mains.

En effet, en découvrant les deux premiers tomes de « Hunters High Rule », on retombe à la fin de l’enfance, lorsqu’ on s’asseyait sur son lit pour retrouver nos héros du moment, leurs péripéties et leurs histoires de cœur.

Pendant une bonne première moitié du tome I, c’est bien d’histoires de cœur, d’amitié et d’aléas de la vie de lycée dont il s’agit. On rencontre Dawne, la timide rebelle, entourée de ses meilleurs amis du Club des Chasseurs; Roman, le beau gosse râleur au sang chaud mais toujours prêt à voler au secours des opprimés; Mortimer, « le roux le plus chanceux de la ville », organisé et ultramotivé; et bien sûr la nouvelle recrue, Leotta, si belle et si mystérieuse que le cœur de Dawne ne met pas bien long avant de chavirer. Enfin, le Club ne serait pas complet sans Cacho, chat de gouttière tenant lieu de conscience sur patte, et Linus, chauve-souris geek doté de pas mal de tocs.

Oui, dans « Hunters High Rule », les animaux parlent, en tant que membres à part entière de la société, et à cela on nous habitue dès le départ. « Je voulais poser les bases, que l’on comprenne les personnages, que comme eux, on trouve tout à fait normal que les animaux parlent », nous dit l’auteure.

D’autres éléments fantastiques mettent plus de temps à se dévoiler. Pourtant, on suit un Club dont le but est de résoudre les mystères. Il nous faut donc du mystère! Et il n’y a pas que le lecteur qui se demande quand est-ce qu’il pointera le bout son nez, au milieu des cours de maths, des fêtes d’Halloween et des articles à rédiger. Comiquement, les personnages aussi désespèrent devant le manque d’action…  C’est peu à peu, au fil du roman, que l’on se rend compte qu’ils affronteront bien plus que la fille populaire qui leur lance des pics, et que pour cela chacun devra faire bon usage de son pouvoir.

Sur le terme « pouvoir », l’auteur nous reprend: « Je préfère parler de faculté, de force ». En effet, dès le départ elle tenait à ce que les « pouvoirs » des personnages restent proches de la réalité. Dawne a une force qui dépasse largement la moyenne, Mortimer a une chance sur laquelle il peut compter à 100%. Quant à Roman, sa capacité à récupérer rapidement et à ne pas sentir la douleur pourrait s’apparenter à l’analgésie. « Pour Leotta, mon imagination n’a pas été d’accord, elle voulait se faire plaisir! », sourit l’auteure. En effet, on découvrira que la jeune fille a d’autre talents que celui de faire craquer Dawne.

Au-delà de l’intrigue, Clara Le Corre voulait surtout raconter une histoire d’amitié forte avec des personnages vrais. Dans son processus d’écriture elle s’inspire des gens qu’elle connait, et de ses expériences personnelles. Elle démarre le tome I en 2013. « Quand j’écris, cela devient une obsession »! affirme-elle. Au travail, aux études, elle prend des notes d’une main et écrit son roman de l’autre. Pas une page de cahiers sans un petit mot sur Dawne ou Cacho. Les tocs de Linus, elle les a observés dans son entourage, Roman est presque trait pour trait un ancien camarade, l’histoire de Dawne et Leotta ne lui est pas non plus pas inconnue.

Elle voulait que les lecteurs ressentent authentiquement ces liens entre les personnages, et admet que les pouvoirs et les dangers sont surtout les vecteurs qui font que les personnages évoluent, apprennent peu à peu à se connaître eux-mêmes, à connaître les autres, à se rapprocher et à faire avec les forces et les faiblesses de chacun.

On imagine que le tome III réserve encore à leurs pouvoirs et à leurs cœurs quelques épreuves. Jeune lecteur – ou lecteur de tout âge, si vous êtes resté un peu adolescent –, vous pouvez découvrir depuis aujourd’hui la trilogie complète des « Hunters High Rule » ici:

www.facebook.com/lecorredencre

Publicités

Si vous vous plaisez comme instrument soliste…

…eh bien, sachez que Renaud Capuçon dirigera dès 2018 un nouvel ensemble de musique de chambre: les Lausanne Soloists. Destinés aux étudiants et Alumni de la HEMU, les auditions débutent cette année même au mois d’avril.

Texte: Annie Sulzer

Renaud Capuçon.jpg

Quoique savoyard, Renaud Capuçon admet se sentir de plus en plus suisse. Enseignant depuis bientôt 4 ans à la Haute école de musique de Lausanne (HEMU) et ayant dirigé ses premiers concerts en Suisse, il cherche à aller encore plus loin dans ses relations avec la Confédération et la HEMU. Deux mots-clés composaient ses paroles, lors de la conférence de presse à laquelle l’équipe de L’Agenda s’est rendue ce mercredi 14 février.

 

Crédits: lausanne-soloists.ch/

Un premier mot-clé était la transmission: transmission de son enseignement et de ses techniques musicales, qui lui ont été elles-mêmes transmises dans sa jeunesse par Veda Reynolds en personne. Reconnaissant cette musicalité héritée, Renaud Capuçon se pose ces questions: “que reste-t-il d’elle? Qu’a-t-elle transmis?” .

Et de répondre en évoquant son deuxième mot-clé, la sonorité. C’est le paramètre musical qu’il cherche à mettre en valeur avec les Lausanne Soloists. Renaud Capuçon a pour but d’apprendre à ses 11 à 20 futurs étudiants-solistes à maîtriser une sonorité homogène et cohérente au sein de l’ensemble.

Pour ce faire, il lui faudra leur apprendre à s’écouter, vivre ensemble, mais surtout vivre la scène sous tous ses aspects: la scène même, l’avant-scène et l’après-scène. Il s’intéresse notamment à l’avant-scène pour la gestion du trac et de la confiance. “D’expérience, je vois que jouer sur scène permet d’être plus confiant et détendu”, confie le violoniste. C’est pourquoi il considère que les faire jouer sur scène sera également une expérience très enrichissante pour ces étudiants.

Il a déjà l’idée de lancer une première tournée de concerts en février 2019, où seront revisités les œuvres de J.-S. Bach et P. Tchaïkovski. 5 villes situées essentiellement en France et en Suisse les accueilleront pour l’occasion. Mais le projet ne s’arrête pas là: il est question de rendre l’ensemble international, notamment pour promouvoir la ville de Lausanne à l’étranger.

On peut séparer toutes les activités des Lausanne Soloists en deux blocs: un premier bloc se fera dans le cadre de l’année académique et sera rémunéré en crédits ECTS. Le deuxième bloc se fera hors des périodes académiques (festivals, par exemple). Les étudiants seront alors rémunérés en tant qu’artistes et cela vous donnera l’occasion de découvrir le répertoire de ce tout nouvel ensemble!

Crédits: http://www.lausanne-soloists.ch/

Voyager sans quitter Lausanne, avec le mythique Festival de la Cité

Cette 46e  édition du Festival de la Cité s’annonce haute en couleurs: du 4 au 9 juillet, sept scènes ainsi que treize lieux artistiques prendront la vielle ville d’assaut pour offrir une fois encore une myriade de spectacles aux festivaliers-ères.

Texte: Chloé Brechbühl

Lors de la conférence de presse mardi dernier, la directrice du festival Myriam Kridi, fière et enjouée, donne le ton de cette nouvelle édition avec trois adjectifs clés: la programmation de cette année sera pluridisciplinaire, métissée et audacieuse. Voici les ingrédients qui agrémenteront la recette, pourtant déjà bien équilibrée et goûtue, du magique Festival de la Cité. Un évènement annuel immanquable pour tout-e lausannois-e qui se respecte. Et pourtant, les organisateurs du festival ont émis le souhait d’attirer un public plus vaste, venu d’autres régions de Suisse, voire même d’ailleurs. Pour ce faire, les programmateurs se sont surpassés afin de dénicher des projets aussi originaux qu’éclectiques.

Comme de coutume, l’interdisciplinarité et la multiculturalité seront à l’honneur: les différentes disciplines des arts scéniques seront représentées de manière quasiment exhaustive avec de la musique, du théâtre, des performances, de la danse, du cirque, des marionnettes et autres surprises. Les artistes quant à eux, viendront des cinq continents, même si les organisateurs mettent un point d’honneur à présenter des talents suisses sur chaque scène afin de promouvoir la production artistique locale (ou du moins nationale).

Photo: Karol Jarek

Toujours entièrement gratuit, le festival propose cette année de faire vibrer son public avec six familles de programmation. La première catégorie – Engagée – est composée de spectacles et concerts étonnants, qui aborderont des sujets politiques avec créativité. La performance participative du suisse Christophe Meierhans par exemple, «Some Use for Your Broken Clay Pot», propose de repenser la démocratie à l’aide d’une nouvelle constitution, rédigée par l’artiste lui-même. Cette création théâtrale à la fois réaliste et subversive vise à lancer un débat afin de replacer la parole au sein de l’espace public.

 

Fête de l’insignifiance. Photo: José Alfredo

La deuxième catégorie – Dansante – fera quant à elle la part belle aux représentations festives. Le chorégraphe portugais Paulo Ribeiro présentera avec sa compagnie le spectacle «Fête de l’insignifiance», qui célébrera la beauté de relations humaines. La troisième famille, celle des Rêveurs & Rêveuses, réunit des projets audacieux tels que celui du jeune Radouan Mriziga: Dans sa performance «55», l’artiste fera de la cathédrale son espace scénique à l’aide d’une craie, utilisant son corps comme instrument de mesure.

La quatrième catégorie se nomme Puissants & Puissantes, et ne manquera pas d’étonner: Le Pont Bessières sera notamment le théâtre d’un affrontement musical entre un orchestre de Jazz et un ensemble baroque, dans le cadre du spectacle «L’Odyssée des Cuivres».

Le Festival se veut tout public: il y aura donc une cinquième famille, Easy Petzi, afin de combler les plus petits-es. C’est dans cette catégorie que se situe le projet «Carnet de Bal» de la Cie Madok: les enfants seront invités à confectionner des masques lors d’un atelier dans le jardin du Petit Théâtre, puis à porter ces derniers et à monter sur scène pour donner vie aux danses loufoques du livre de Mirjana Farkas.

La dernière catégorie réunira finalement des productions artistiques contemporaines sous la bannière Explorateurs & Exploratrices. Le collectif théâtral BPM traitera de manière humoristique le sujet de l’obsolescence, avec son spectacle «La K7».

Samba de la muerte, en 2016 sur la place de la Riponne. Photo: Marie Monod

Cherchant un équilibre entre art et festivité, le Festival ne manquera pas cette année encore de faire voyager l’imaginaire de son public avec de nouvelles découvertes artistiques. Amateurs de rock, passionnés de danse contemporaine, férus de théâtre participatif: le festival a tout pour vous plaire. La Cité, c’est de l’art plein la vue et plein les oreilles, un rendez-vous à ne pas manquer si vous n’êtes pas en vacances à l’autre bout du monde!

http://www.festivalcite.ch 

 

L’Agenda Blog : l’actualité culturelle de l’arc lémanique

Tout nouveau tout neuf, voici L’Agenda Blog!

Petit frère de notre journal, il présentera des articles inédits, des critiques et chroniques de spectacles et concerts, des interviews et tout ce qu’il faut pour être heureux.

Lancé en parallèle avec notre newsletter, il donne un peu de piment à notre revue et une touche plus personnelle de la part de la rédaction.

Un article sera publié chaque semaine sur cette même page : à vos souris!

N’oubliez pas que vous pouvez également dès à présent nous suivre sur Facebook et Twitter.

Laissez-nous vos commentaires et suggestions sur cette page!

En vous souhaitant une bonne lecture,

La rédaction