À cœur ouvert

Jeudi 26 avril dernier, la Compagnie Bananière était au Théâtre de la Madeleine avec une pièce écrite et mise en scène par Marc Quentin, ancien coach de Guillaume Canet et Marion Cotillard. « À cœur ouvert » est abordé au sens propre par les scènes jouées dans un hôpital, comme au sens figuré, dans les relations qu’on veut exclusives, honnêtes et véritables. Se dira-t-on vraiment tout par amour?

Photo: Samson Bayiha / Creative studio / BStyle

Texte: Jenny Raymonde

Un fauteuil, une table, une chaise et un paravent, voilà de quoi est fait le décor de la pièce. Forts en improvisation, les comédiens ne se laissent nullement perturber par divers problèmes techniques qu’ils subissent à leur insu sur scène.

Les tandems « Émilie et Charles » ou « François et Jeanne » se trouvent confrontés aux joies de la vie quotidienne pour le meilleur et pour le pire sans être pour autant marié.

La voisine, interprétée par Hélène Pelletier, timide mais déterminé, apporte le piment idéal pour vérifier si l’amour est bien véritable au sein du couple formé sur scène par Alban Giacobino et sa cavalière, Roxane Lavantchy.

En direct ou à travers le virtuel filmé, ils captent l’attention des spectateurs dans leurs jeux de rôles à option où les scènes s’inventent, s’interrompent et se rejouent inlassablement. Les stéréotypes déguisés sur scène font rire et rire encore le public. 

Épris dans leurs fourberies, malgré les nombreux quiproquos, vont-ils finalement retomber amoureux l’un de l’autre?

La Compagnie Bananière, polymorphe et ultra-motivée, court plusieurs projets à la fois: improvisation, théâtre, show cabarets, pensez à consulter leur site pour savoir où les voir à Genève!

www.compagniebananiere.ch

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Dans les yeux de Demir: le Kurdistan irakien en photo et en peinture

Le Théâtre Saint-Gervais accueille jusqu’en juin « Dans les yeux de Demir », une exposition originale mêlant les photographies du photoreporter Demir Sönmez et les peintures d’Adar Tung, une jeune réfugiée kurde du camp de Maxmûr (Irak).

Texte: Anaïs Mansouri

D’origine kurde et arménienne, le photo-reporter suisse Demir Sönmez s’est rendu à deux reprises dans le Kurdistan irakien, en 2016 et septembre 2017 en plein référendum pour l’indépendance de la région. Il a ramené de ses séjours une série de clichés poignants et vivaces.

Espérance. Photo: Demir Sönmez

La première d’entre elle se consacre au camp de réfugiés de Maxmûr, en plein Kurdistan irakien. La quinzaine de photographies montre au spectateur la vie quotidienne dans le camp. Les réfugiés, pour la plupart originaires du Kurdistan turc ayant fui à la fin des années 1980, ont réussi envers et contre tout à créer une société en plein désert. Le camp a vu se développer une véritable microsociété, où toutes les générations semblent s’accommoder de l’exil.

Par la suite, Demir Sönmez est retourné au Kurdistan irakien alors que le référendum pour l’indépendance battait son plein. Là encore, les Kurdes semblent ignorer leur misère quotidienne pour aller voter. L’omniprésence des drapeaux kurdes souligne cet optimisme qui caractérise les individus pris en photo.

Le photo-reporter a également ramené de son voyage à Maxmûr quelques tableaux d’une jeune artiste née dans le camp, Adar Tung. Ces derniers mettent en avant le rôle des femmes dans la société kurde. Les œuvres, toutes peintes dans des tons bleus, proposent un autre regard sur les possibilités d’évasion – artistique – qu’offre le camp.

Dans ses clichés, Demir Sönmez capture magistralement le regard de ses sujets, jeunes et moins jeunes. Un regard toujours brillant, malgré les échecs et l’exil. Un regard qui conserve toujours l’espoir d’un avenir meilleur. Cet optimisme transparaît aussi dans les tableaux d’Adar Tung, qui offre aux spectateurs une petite portion de sa vision de la vie au camp de Maxmûr.

« Dans les yeux de Demir »: Exposition photo et peinture, du 17 avril au 16 juin 2018 au Théâtre Saint-Gervais, Genève.

www.saintgervais.ch/programme/detail/dans-les-yeux-de-demir