Festival du rire – 28 mars

Après quelques applaudissements d’encouragement, Bastien dit « le raté » entre en scène.

Une phrase philosophique en début de partie du spectacle, « nous avons tous trois facettes en nous, celle que nous pensons être, celle que nous voulons être et celle que nous sommes vraiment », nous donne le chemin sur lequel l’impressionniste veut nous emmener.

Un dégradé des 4 couleurs principales s’affiche derrière son personnage selon les thèmes proposés du plus rouge vif pour le sujet dur à la couleur bleu pour les sujets froids.

Bastien Le Moan

Bastien Le Moan

De jeu de mots en mode joueur, Bastien le Moan étale quelques sujets de ses mésaventures vécus au quotidien, de son origine, de l’autorité de son père à l’escalade.

Les clichés ont envahis notre monde et retrouvre de l’authenticité est agréable et divertissant.

Pour connaître quelqu’un, il faut savoir ce qu’il a fait dans sa vie et après une heure de représentation, nous en savons un peu plus sur ce qui se cache derrière l’humoriste.

En deuxième partie de spectacle, une guitare arrive sur le plateau et c’est tout un univers musical qui est revisité.

Des sujets sur l’amour entre l’homme et de la femme, David Bostelli a plus d’une expérience à nous dévoiler sur la vie de couple.

On sent rapidement le plaisir qu’il a d’être sur scène et de reprendre des morceaux musicaux très connus de la chanson française à l’international.

Très à l’aise avec son public, il n’hésite pas non plus à le solliciter afin de créer une ambiance intime et privilégiée.

Il rajoute à la fin quelques derniers accords de guitare avant que la lumière s’éteigne.

Rendez-vous l’année prochaine pour découvrir de nouveaux artistes et en pleurer de rire !

Texte: Jenny Raymonde

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Nina

C’est en 1949 qu’André Roussin écrit « Nina », une comédie drôle et touchante dont le sujet n’a rien perdu de sa jeunesse : l’aventure amoureuse d’une femme, d’un époux et d’un amant. A l’affiche, Mathilde Seigner, François Berléand et François Vincentelli se sont emparé du Théâtre de Beausobre à Morges le 26 mars dernier.

Un jeudi soir à Beausobre, la salle est comble. Un air de samba couvre le brouhaha et le jour filtre sous le rideau. Puis se révèle un décor rougeoyant, une garçonnière où le lit trône en maître. Alangui sur les draps léopards, un homme au téléphone alterne commandes de fleurs et beaux discours. Car Gérard est un séducteur, qui sait charmer les femmes mariées et jongle comme personne avec ses triples, quadruples vies.

Photo: Beausobre

Photo: Beausobre

Mais Gérard est las de cette vie compliquée, las du mensonge permanent, de cette prétendue faiblesse face aux femmes. Lorsqu’Adolphe – sublime François Berléand – fait irruption chez lui pour supprimer l’amant de son épouse adultère, Gérard craque et lui avoue son envie d’en finir avec cette vaine existence. Puis arrive Nina, la Femme, une Mathilde Seigner à la fois langoureuse et énergique, mariée à un homme qui ne sait aimer, amoureuse d’un autre qui n’en vaut guère plus. S’ensuit un trio pathétique et comique en vase clos, où l’époux s’attendrit de l’amant, tous deux mis à mal et révélés par la verve fraîche mais assassine de Nina…

Une pièce légère, tendre et cruelle à la fois, dont Bernard Murat a su respecter la temporalité en signant une mise en scène fidèle et désuète : tentures, lumières tamisées, moquettes fanées, costumes d’époque… Malgré le jeu monotone mais charmant de Mathilde Seigner, malgré l’absence de réel climax et la relative platitude du scénario, c’est le sourire aux lèvres et le cœur effleuré que l’on revient à soi, dans un monde où tout a changé sauf l’essentiel : l’amour, les amours.

Texte: Ophélie Thouanel

A comme Anaïs

Théâtre Le Poche, le 25 mars 2015

« J’ai rencontré Henry Miller. […] Voilà un homme que je pourrais aimer. » (Anaïs)

« Anaïs, je croyais t’aimer, avant ; ce n’était rien à côté de la certitude que j’en ai aujourd’hui. » (Henry)

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Au cœur de la Vieille-Ville, c’est toujours un plaisir de se rendre au théâtre Le Poche, où l’accueil est chaleureux et intimiste. Une fois les billets en poche, justement, descendez les escaliers pour boire un verre avant la représentation. Puis, à l’heure dite, remontez dans la salle, qui sera certainement bien remplie.

Vous assisterez peut-être à l’adaptation de la correspondance sulfureuse entre Anaïs Nin et Henry Miller. A comme Anaïs revient, grâce à Françoise Courvoisier, sur des lettres rédigées en 1931 et 1932. C’est une histoire amoureuse complexe et sans tabou qui se joue alors, entre les deux auteurs mariés respectivement à Hugo et à June.

Très sexualisé, le texte nous apprend que les plaisirs charnels ne font pas peur à Anaïs, tandis qu’Henry dit même baigner dedans. Elle aime être soumise, il aime la dominer. Ils s’enlacent sur un lit, sur une table ou à même le sol, dans une étrange complicité. Pourtant, leur aventure s’entrecoupe de longs moments de solitude, lors desquels ils iront peut-être se consoler ailleurs… Pas non plus d’accord sur tout, Anaïs trouve que sa rencontre avec June tient du miracle, tandis qu’Henry compare cette dernière à un cadavre à traîner derrière lui.

A comme Anaïs

L’histoire est intéressante, historique, intellectuelle même. Olivia Csiky-Trnka et Frédéric Landenberg tiennent tout à fait les personnages, qui s’emportent dans un tourbillon de passions. Ivresse et tendresse s’entremêlent tant et si bien qu’il n’est pas forcément aisé de distinguer avec clarté le réel de l’imaginaire, le fantasme du tangible.

Parfois elle balbutie, se précipite ou attend. Parfois il nous parle en tournant le dos, ramasse un objet tombé dans l’agitation ou rallume une cigarette. Parfois, on entend l’air d’une boîte à musique, qu’on pourrait presque prendre pour une sonnerie de téléphone. Un brin décontenançant.

Pourtant l’éclairage est adéquat, l’occupation de l’espace excellente, l’aménagement recherché. Mais les lettres et les événements s’enchaînent très rapidement, ne laissant pas toujours le temps d’exhaler. Ainsi immergé dans un dialogue entre mensonges et vérités, entre accords et désaccords, le public a pourtant le temps de rire à d(‘)étonnants traits d’esprits piqués au cœur du mélodrame.

Si vous souhaitez assister à la renaissance de deux grands noms de la littérature joués par des acteurs inspirés, alors dépêchez-vous de regarder s’il reste des places !

A comme Anaïs est à voir jusqu’au 29 mars 2015 !

Et dès le 14 avril 2015, toujours au Poche, découvrez Les Singulières.

Texte: Michael K.

« 8 femmes » : petit meurtre en famille

C’est dans l’ambiance feutrée et intimiste du Théâtre Alchimic à Carouge que Jean-Gabriel Chobaz met en scène la pièce culte de Robert Thomas. A voir jusqu’au 1 avril 2015.

Image: Théâtre Alchimic

Image: Théâtre Alchimic

Sur la scène, habillée du voile obscur de la pénombre, une femme attend le spectateur d’entrée de jeu. L’intrigue est alors lancée dans un décor super-pop psychédélique, aux reflets et à l’ambiance qui renvoient tout droit vers l’enthousiasme et l’énergie du début des trente glorieuses. L’action, s’il est besoin de la résumer, se déroule en huis-clos dans un grand salon bourgeois. Huit femmes se retrouvent seules, bloquées en pleine période de Noël dans une grande maison en pleine campagne. Un homme est mort dans la chambre, abattu par un poignard planté dans le dos. Cet homme, le spectateur ne le verra pas, le jeu des mystères allant jusqu’à ne pas dévoiler ses traits. L’intrigue de la pièce prend alors tout son sens, et c’est avec délectation que le jeu des faux-semblants va voler en éclats dans cette famille de la bonne bourgeoisie française à la quête du meurtrier. Ou s’agirait-il d’une meurtrière ? Car au fur et à mesure que l’intrigue avance, comme un chat tirant sur une pelote de laine, le spectateur découvre que chacune de ces femmes avait en fait une bonne raison de vouloir tuer le malheureux.

8 femmes fait partie de ces œuvres intemporelles qui ont laissé une empreinte sur le grand public, s’inscrivant ainsi dans l’histoire de la mise en scène tant théâtrale que cinématographique. Lorsqu’il s’agit d’évoquer cette œuvre, il est impossible de ne pas penser à l’adaptation cinématographique de François Ozon. Malgré une première version au cinéma en 1960 sous le titre « La nuit des suspectes » par Victor Merenda, c’est surtout le film d’Ozon et son sublime bouquet d’actrices qui demeure inoubliable.

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Image: Théâtre Alchimic

Il n’est pas évident pour un metteur en scène de créer quelque chose de différent derrière un tel succès. Jean-Gabriel Chobaz fait ainsi une proposition très intéressante. En décalant l’action au début des années 70 (contrairement au film d’Ozon qui a respecté l’époque d’origine, autour des années 50), Monsieur Chobaz donne une autre dimension à l’intrigue qui épouse divinement bien le contexte de cette époque et de ses bouleversements post soixante-huitards. Evoquant son projet de mise en scène, il raconte :

« L’intérêt ici au niveau du jeu est donc bien la présence de trois générations qui implique trois façons de jouer, de bouger sur scène, d’investir l’espace et de dire le texte, car le théâtre évolue. Cela m’intéresse beaucoup. Je vais donc tenter de malaxer ces diverses substances et talents pour en faire un ensemble homogène et c’est ce qui est le plus passionnant. »

Et l’on peut dire que le pari est amplement réussi. C’est avec bonheur que le temps imparti file, ponctué par le superbe jeu des actrices. S’agissant là de l’élément-clé sur lequel toute la pièce s’appuie, mention spéciale doit être donnée pour leur talent. Les moments chantés sont particulièrement savoureux, de « Papaoutai » (Stromae) à « Déshabillez-moi », ponctués de petites chorégraphies drôles et enthousiasmantes.

8 femmes est d’abord une ode au genre féminin et aux actrices. Dans ce monde en vase-clos où les hommes sont absents, l’explosion des convenances peut prendre toute sa place. Comédie grinçante et caustique, cette mise en scène rend avec brio toute la beauté qui tient à son côté intemporel et c’est avec un plaisir non coupable que nous assistons en voyeurs invétérés à l’éclatement des non-dits et des apparences.

Texte: Oscar Ferreira

Premier concert Jazz in Motion!

L’association Jazz in Motion a été fondée en janvier 2014 dans le but d’organiser des concerts de jazz à Lausanne et dans la région. Leur premier concert aura lieu le mercredi 25 mars à l’Espace Culturel des Terreaux. Une belle soirée en perspective puisqu’on pourra écouter trois musiciens new-yorkais de talent, Gilad Hekselman (guitare), Joe Martin (contrebasse) et Jeff Ballard (batterie).

Le Gilad Hekselman Trio

Le Gilad Hekselman Trio

Le trio de Gilad Hekselman est en tournée européenne en cette fin mars. Le concert du 25 mars est le tout premier d’une série de huit concerts, à Paris (au club Sunside), à Zurich, à Cardiff et à Londres notamment. On vous le recommande!  Toutes les informations sur le site www.jazzinmotion.ch

Le 25 mars à l’Espace Culturel des Terreaux (Lausanne), 20h30
Tarifs: 26.-/16.-
Réservation: 021 320 00 46

 

Catch Impro 2015 : c’est parti !

Le coup d’envoi des matchs du mondial professionnel d’improvisation théâtrale a été donné hier soir, au Casino Théâtre de Genève. Pour sa 11ème saison, la Compagnie lesArts nous propose quatre équipes explosives réunissant les meilleurs improvisateurs. A l’affiche cette année : la Suisse, la France, la Belgique et… Surprise ! Le Québec. A découvrir absolument.

C’est face à un public dynamique et impatient que le maître de cérémonie de la soirée, Laurent Baier, a ouvert le Match de Gala de cette nouvelle saison d’improvisation. Très rapidement, il est rejoint par l’équipe des rouges et l’équipe des verts. Et oui, la particularité de cette soirée d’ouverture consiste en deux équipes composées de quatre improvisateurs de chaque pays. L’occasion de voir tous les comédiens réunis, s’affrontant sur le ring. Et quel combat !

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Comme chaque année, c’est accompagné de huées que le maître de jeu — Sakis Ohanassian — fait son entrée en scène. Dépeint par Laurent Baier comme « celui qu’on déteste » ou « l’ogre » de la soirée, il donne les thèmes de chaque matchs autour desquels les improvisateurs se rencontrent. Avec son air faussement sérieux, il rappelle les comédiens à l’ordre si les consignes ne sont pas respectées. Ainsi, on a pu le voir demander au français Ismaël Habia, supposé improviser sur un air de Georges Brassens, de quel morceau il s’agissait. « Une pas très connue qui se trouvait sur la face B de mon disque poussiéreux », répond ce dernier en plein match.

De son côté, le maître de cérémonie explicite avec une bonne dose d’humour les sujets d’improvisation. A l’issu de chaque match, c’est au public que revient la tâche d’opter pour le vainqueur, en votant à l’aide d’un carton comportant les couleurs de chaque équipe. Au cours de la soirée, on a donc pu faire la connaissance de Maurice et Gaston, un couple qui, après dix ans d’abstinence, finit par se marier dans son potager de petit-pois. Scotland Yard était aussi présente avec un de ses inspecteurs, accompagné de son assistante, Douga, qui l’aide à résoudre des meurtres commis par un pakistanais. Entre champs lexical du corps, histoires à la Arthur Conan Doyle avec pour thème la mécanique automobile et autres improvisations sur des airs de Francis Cabrel ou Johnny Hallyday, les situations les plus improbables sont mises en scène par les improvisateurs, pour le plus grand bonheur du public.

Ruez-vous sur les quelques places encore disponibles!

http://lesarts.ch/site/spectacle.php?ID=1149

Texte: Caroline Penzes