Hommage(s)

fifadFestival International du Film Alpin des Diablerets.

Au FIFAD, l’émotion a pris le pas et teinte la Maison des Congrès d’une atmosphère fébrile. On projette Sonam Ri, le sommet porte-bonheur, un film de Stéphane Schaffter et Sandy Palenzula. Le guide genevois n’est pas là ce soir. Il a été emporté un vendredi de juillet, par un torrent du Zanskar.

Dans une atmosphère religieuse mais vivante, les photos d’Eric Gachet défilent à l’écran. Des portraits saisissants, un regard à la fois doux et déterminé racontent « Stéphane le conquérant », un alpiniste en quête liberté. Himalayiste chevronné, le guide a su transmettre « ses connaissances, mais avant tout sa passion ».

La couleur s’efface devant la pureté du noir & blanc, l’appel des sommets résonne encore dans son regard. Puis ces quelques mots, chargés de sens : « Je sais déjà que ma vie est trop courte, qu’elle ne suffira pas à assouvir l’enchantement que j’éprouve pour les cimes ». La salle est muette, debout. Un tonnerre d’applaudissements qui prend aux tripes.

La soirée reprend son cours. Aux jeunes free-riders de Sonam Ri, pur film d’expédition, succède un petit bijou cinématographique. Mandela Day, c’est un rocher en hiver, les gestes sublimes de Fred Moix le long d’un dolmen sous la neige. Quelques minutes d’effarement, de stupeur sublime. La subjugation est totale. Christophe Margot a su filmer sans fard la grimpe de ce bloc en dévers, coté 11. Rare, précieux.

Groenland, le voyage sous la glace. Une batterie de scientifiques étudient et nous alarment sur l’évolution des glaciers du Groenland. Un documentaire extrêmement bien ficelé, bien qu’en décalage avec le programme sportif du FIFAD, qui nous rappelle l’éphémère de la beauté, de la vie.

La nuit a recouvert la vallée des Ormonts ; les Diablerets scintillent sous une pluie d’étoiles. Et la porte se referme sur Jeff Lowe’s Metanoia, la vie d’un géant des sommets. L’écran s’illumine une dernière fois sous les yeux d’un public qu’une même force rassemble : la passion de la montagne, coûte que coûte.

Texte: Ophélie Thouanel

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