Programme Gilbert Musy

Un bel hommage pour un homme de Belles-lettres. C’est ainsi que pourrait se résumer la conférence d’ouverture du Programme Gilbert Musy.

Texte: Christelle Bujard

Nous sommes accueillis au Foyer de la Grange de Dorigny, afin d’assister à la conférence de presse pour l’inauguration du Programme Gilbert Musy. Madame Irène Weber Henking, la directrice du CTL (Centre de Traduction Littéraire), commence par nous parler de ce grand homme. Elle nous le décrit en ces termes: « C’était un homme qui souhaitait avant tout transmettre son savoir, et sans qui la traduction littéraire ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui ». Il a fallu 20 ans à ce projet pour aboutir et derrière celui-ci, il y a une volonté de rendre hommage à cet éminent  traducteur, de sortir le·la traducteur·trice de l’ombre et de promouvoir la traduction littéraire chez la jeunesse.

Le programme Gilbert Musy est une master class de traduction littéraire qui récompense un·e traductreur·trice émérite de la littérature mondiale, en reconnaissance de son œuvre et de ses actions en faveur du travail de ses compatriotes sur la scène publique. Par l’obtention de cette bourse, l’invité d’honneur a l’opportunité de séjourner pendant trois mois au Château de Lavigny, afin de consacrer son temps à ses travaux de traduction, ainsi qu’à des projets de médiation culturelle. Ces activités publiques ont pour objectif de transmettre son savoir et son expérience à la relève dans le domaine de la traduction littéraire.

La première bourse a été attribuée à Jean-Louis Besson, remarquable traducteur du théâtre allemand, qui jouit d’une grande expérience dans l’enseignement de la traduction, de la mise en scène et de la dramaturgie. Son projet pour ces trois mois: traduire la première partie du livre de Hans-Thies Lehmann, « Tragédie et théâtre dramatique » (Tragödie  und dramatisches Theater, Alexander Verlag, 2015).

Durant la conférence inaugurale, intitulée « Traduire le théâtre, une expérience à part », Jean-Louis Besson nous parle de son domaine de spécialité. La question principale qui se pose: traduit-on le texte théâtral comme on traduit le poème ou le roman? La réponse est non, tout simplement car le théâtre ne consiste pas uniquement en un texte, c’est également un art oral. La spécificité du théâtre se trouve dans sa représentation, celle-ci est au centre lors du travail de traduction, tout comme elle l’était lorsque l’auteur a écrit la pièce. L’une des conclusions de Jean-Louis Besson est qu’il faut connaître le théâtre pour traduire le théâtre, c’est pourquoi le traducteur du texte théâtral est très souvent lui-même comédien ou dramaturge.

En ce qui concerne le programme Gilbert Musy, les prochaines dates à noter sont les suivantes :

  • Le 15 mai à 19h30, Joute de traduction au Studio André Staiger, Comédie, Bd des Philospophes 6, 1205 Genève, avec Jean-Louis Besson, Raphaëlle Lacord et Marina Skalova. En collaboration avec la Maison de Rousseau & de la Littérature.
  • Le 26 mai à 17h, Présentation publique du travail de la master class, au théâtre de La Grande de Dorigny
  • Le 17 juin à 18h, Lecture au Château de Lavigny, avec les résidents de la Fondation Ledig-Rowohlt.

De plus, le Château de Lavigny organise de juin à septembre, le dimanche à 18h, une série de soirées ouvertes à tous pour faire connaître au public ses écrivains et traducteurs en résidence.

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Une folle Nuit des Idées au Théâtre de Vidy

Le 25 janvier, un peu partout dans le monde, intellectuels, chercheurs et artistes se réuniront autour du thème « L’imagination au pouvoir » pour faire de ce monde un endroit où il fait encore bon penser. Depuis 2016, la Nuit des Idées rassemble des acteurs culturels de Los Angeles à Dakar en passant par Bruxelles, Buenos Aires, Katmandou, Paris… sans compter Zürich et Lausanne. Cet événement, qui a rassemblé plus de 180’000 participants en 2017, est une véritable vitrine de la politique culturelle française et promet, pour cette édition, de « rendre hommage à l’énergie des jeunesses de 1968 » et de renouveler « la réflexion sur l’exercice du pouvoir ».

À Lausanne, c’est le Théâtre de Vidy qui sera mis à l’honneur lors d’une soirée mêlant le dernier spectacle de Jean-François Peyret « La Fabrique des Monstres ou Démesure pour mesure » à une table ronde à laquelle participera notamment le prix Nobel de chimie 2017 Jacques Dubochet. La Nuit des Idées lausannoise sera donc logiquement placée sous la question des relations que la science et l’art entretiennent. Un thème tout à fait approprié à la pièce de Jean-François Peyret, dont l’un des thèmes de prédilection se trouve être l’imagination d’un « théâtre de l’ère scientifique ». Sa dernière création cherche justement à mettre en scène le scientifique contemporain sous les traits d’un Prométhée moderne. On retrouvera d’ailleurs les deux comédiens principaux, Jeanne Balibar et Jacques Bonnaffé lors de la table ronde.

Cet événement s’annonce en tout cas comme une belle occasion de voir artistes, metteur en scène et chercheur exposer le théâtre à la science « comme on s’expose au soleil ».

Table ronde après le spectacle, le 25 janvier 2018 à 21h, entrée libre

www.lanuitdesidees.com/fr/program

Texte: Florian Mottier