Enfance miniaturisée: immersion au cœur de « Ma vie de Courgette » avec l’expo « On vous dit tout! »

L’Agenda est allé se promener à Carouge pour découvrir le making of et les coulisses du film acclamé de Claude Barras. Une exposition à l’atmosphère familiale, bien présentée et captivante, à visiter jusqu’au 20 août au musée de Carouge.

Texte: Chloé Brechbühl

Photo: Brian Leif Hansen

Même dans les tunnels du métro londonien, les cheveux bleus électriques de Courgette attirent le regard et les petites frimousses de ces personnages hors du commun que l’on peut voir sur les affiches font sourire. C’est avec fierté que l’on peut se dire que ce film « de chez nous » a traversé les frontières, et qu’il a ému le public à échelle mondiale, raflant plusieurs prix prestigieux de cinéma au passage. Alors naturellement, on a envie d’en savoir plus sur les secrets de fabrication de cette petite pépite cinématographique. D’autant plus lorsque l’on tente d’imaginer le travail gargantuesque que représente un tel long métrage d’animation.

Photo: Charlotte Desigaud

Tourné entièrement en stop motion, c’est à dire image par image, ce projet a pris dix ans à réaliser une fois mis sur pied par le réalisateur valaisan Claude Barras. Avec l’aide de la scénariste Céline Sciamma, il a adapté l’histoire du roman de Gilles Paris, « Autobiographie d’une Courgette ». Dans cette exposition complète et bien ficelée, vos pourrez découvrir comment le film a été construit étape par étape.

Des décors à l’enregistrement des voix en passant par la fabrication des personnages en pâte à modeler, le film dévoile tous ses secrets. Au delà de l’aspect technique, l’expo permet aussi de se replonger dans le petit monde de ces personnages si attachants, en regardant par exemple les story-board ou les accessoires miniatures créés pour le film. Vous apprendrez aussi les anecdotes surprenantes qui font la magie de l’univers de « Ma vie de Courgette ».

Photo: Charlotte Desigaud

Photo: Vanessa Riera

 

 

 

 

 

 

Si on vous en dévoilait plus, ce serait dommage. Allez donc découvrir cette exposition poétique au musée de Carouge jusqu’au 20 août, et apprenez-en d’avantage sur notre petit héros suisse aux cheveux bleus!

www.carouge.ch/exposition-actuelle-0

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Les mille et une facettes de l’Orient

S’ils font souvent l’actualité pour des raisons tragiques, les pays empreints de culture orientale ont longtemps été rêvés par les peintres et les poètes occidentaux. Alors synonyme de sensualité, d’évasion, de liberté, l’Orient pâtit aujourd’hui d’une image ternie par de nombreux conflits. Entre l’idéalisation issue du fantasme et les déformations véhiculées par la peur, la Fondation Pierre Arnaud pose un regard original sur les multiples « Visages de l’Orient », exposition à découvrir à Lens jusqu’au 29 octobre 2017.

Texte: Kelly Lambiel

Depuis de nombreuses années, Micheline Centlivres-Demont et son époux Pierre, tous deux ethno-anthropologues, parcourent le Moyen-Orient, lieu sacré des trois religions monothéistes, berceau de l’écriture, mais aussi la Perse, le Maghreb ou l’Inde pour étudier le monde musulman. Dans les souks et les bazars, à la sortie des mosquées le vendredi, on raconte l’Islam aux foules qui ne savent pas lire à l’aide de lithographies populaires présentées à même le sol ou accrochées sur des fils, entre deux images de chalets suisses ou de sportifs célèbres; elles sont aujourd’hui pratiquement introuvables, retirées de la vente, interdites. Depuis les années 60, celles-ci ont été précieusement collectionnées par le couple qui dit avoir fini par « se prendre au jeu » et en détient désormais plus de 1600 dont 160 sont présentées à Lens. Sur ces affiches apparaissent les principaux acteurs du Coran comme le Prophète Mahomet, son cheval sacré Al-Burâq, son gendre Ali ou encore le grand guerrier de la bataille de Kerbela, Husayn. D’autres sont consacrées aux lieux saints, aux martyrs, héros et défenseurs de la foi musulmane ainsi qu’aux récits et légendes du monde oriental.

L’arche de Noé; l’étendard porte la profession de foi. Le Caire.  © Pierre et Micheline Centlivres

Étonnement, ce ne sont toutefois pas là les seules thématiques abordées. Certaines images présentent aussi des personnages et des scènes bibliques issus de l’Ancien Testament, chapitre commun aux trois religions. Elles mettent en valeur la filiation du Prophète à l’aide d’impressionnants arbres généalogiques dans lesquels on retrouve Abraham, Moïse et même Jésus. Enfin, il est intéressant de mettre en évidence le rôle qui semble être accordé à la femme. Cette dernière, souvent représentée en prière, est perçue et mise en avant en tant que guide spirituel et garante de la foi. C’est elle qui, en initiant ses enfants, transmet les valeurs de l’Islam aux générations à venir.

Femme en prière devant la Ka’ba et la mosquée de Médine. Lahore. © Pierre et Micheline Centlivres

Si, au premier abord, ces affiches frappent surtout par leurs couleurs vives et un coté kitsch qui leur confère toutes un air de ressemblance, elles dévoilent une facette de l’Orient – qui se révèle ici pluriel – souvent ignorée de l’Occident. En Iran, on découvre le visage de Mahomet, alors qu’il est interdit de le portraiturer dans d’autres pays; en Egypte les images du Christ destinées aux coptes côtoient des calligraphies de versets coraniques chéries par les musulmans; enfin on trouve des portraits de femmes plus ou moins voilées selon que l’image provienne du Lahore, de l’Inde ou du Pakistan. Pour produire ces représentations, certains graphistes formés aux Beaux-Arts obéissent aux codes du réalisme alors que d’autres réalisent des collages qui défient les lois de la perspective et de la proportionnalité en privilégiant une esthétique plus abstraite, symboliste, plus apte à représenter le sacré. Ces affiches témoignent non seulement de l’importance de l’image et de l’art dans le monde musulman, prétendument iconophobe, mais aussi de la richesse des échanges culturels entre l’Orient et l’Occident. Il n’est pas rare en effet, lorsque l’on observe les détails, de repérer des motifs bien connus en Europe ou aux USA, notamment chez l’artiste pakistanais Sarwar Khan. Ainsi on peut voir Saddam Hussein monté sur le cheval de Napoléon peint par David (il porte même les mêmes bottes!) ou faisant le signe de la victoire à l’image de Churchill ; un enfant ayant les traits identiques au Samuel de Reynolds ; le commandant Massoud en Rambo et même les Marines américains de « raising the flag on Iwo Jima » de Joe Rosenthal relookés, faisant office de moudjahidines. Dans cette première partie de l’exposition c’est donc l’Orient vu par et pour l’Orient qui vous est présenté, authentique, sans artifices, méconnu.

Al-Burâq aux ailes ocellées. Sur fond de ciel étoilé, dans un décor cachemirien. Lahore. © Pierre et Micheline Centlivres

La deuxième partie de l’exposition se concentre sur ce que l’on nomme al-fann al-hadith, autrement dit l’art moderne. Dans un premier temps, l’art oriental semble très marqué par les grandes écoles européennes telles que l’orientalisme. Plusieurs tableaux issus de ce courant ayant influencé les premières générations d’artistes égyptiens, tunisiens, libanais ou syriens sont donc présentés. C’est ici le regard porté par les occidentaux sur l’Orient, mais aussi celui de l’Orient posant sur lui-même un regard emprunté à l’Occident qui sont donnés à voir. Mais pas seulement, puisque les peintres orientalistes ainsi que les orientaux, à l’image des égyptiens Mahmoud Mukhtar ou Yusuf Kamil, délaissent peu à peu les fantasias érotiques de l’Orient déshabillé pour favoriser la représentation de scènes typiques de la vie paysanne, considérée comme plus authentique. Enfin, une place considérable est accordée à l’art contemporain et met en avant la richesse de la scène arabo-contemporaine en présentant des artistes qui se refusent à abdiquer face à la terreur et défendent leur amour de la beauté.

©  Loulou d’Aki et Agence Vu

Comme l’a écrit un poète anonyme sur un mur de Beyrouth « l’Orient ne veut pas mourir », et cette exposition nous montre bien qu’il possède encore de nombreux trésors à dévoiler…

Que le dessin soit avec toi

L’exposition « Star Wars: Tel est ton dessin » nous fait découvrir comment le phénomène Star Wars s’est emparé du monde de la presse.

Texte et photo: Evelyn Sequeira

C’est lors d’un beau dimanche ensoleillé que je me rendis à Morges afin de découvrir la fameuse exposition « Star Wars: Tel est ton dessin » à la Maison du dessin de presse, et ce beau temps n’a pas empêché quelques fans curieux d’aller visiter cette exposition.

« Star Wars: Tel est ton dessin » célèbre les 40 ans de la sortie du premier film de la saga intergalactique crée par George Lucas d’une manière originale. En effet, l’exposition réunit 80 dessins ayant pour thème l’univers Star Wars.

À travers l’exposition, nous voyons comment l’univers de George Lucas a inspiré les dessinateurs helvétiques mais aussi ceux du monde entier. L’exposition commence par un test: à travers plusieurs rébus dessinés par l’artiste Zep, il faut deviner des répliques culte et des personnages de la saga. Passé ce petit jeu, nous commençons la visite de l’exposition qui est divisée en plusieurs thèmes. Celui de la politique occupe le plus grande place, car Star Wars n’est pas seulement une série de films, c’est un vrai phénomène de société et les dessinateurs ont su comment s’en servir. Nous voyons ainsi comment l’actualité a été présentée à la sauce Star Wars durant plusieurs années et encore aujourd’hui.

« TrumpVader », Swen

Entre un Dark Vador militant pour les droits LGBT avec un sabre laser aux couleurs de l’arc-en-ciel, un Donald Trump arborant le costume du célèbre méchant ou encore la taxe sur les robots proposée par Benoît Hamon lors de sa campagne présidentielle (faisant évidemment mourir de peur C3-PO et R2D2), le film permet presque toujours de lier son univers à des événements d’actualité. Après la politique, c’est le contexte économique de la saga que les dessinateurs ont voulu aborder. Ainsi le rachat de LucasFilm par Disney n’est pas passé à côté du crayon des artistes, et nous trouvons une princesse Leia dont les fameuses tresses ressemblent étrangement aux oreilles de Mickey.

« Starwars mania », Tartrais

 

C’est ainsi que l’exposition nous permet de voir et de comprendre à quel point ces films ont eu un impact sur le monde. Que l’on soit fan ou non, nous connaissons certainement tous les moments culte de cet univers (« Je suis ton père », « que la Force soit avec toi », etc.). « Star Wars: tel est ton dessin » est à découvrir jusqu’au 13 août à la Maison du Dessin de Presse à Morges.

www.maisondudessindepresse.ch

Lausanne ART FAIR

Lausanne ART FAIR

Ce matin, les quelques huitante exposants de la Lausanne ART FAIR étaient encore affairés à disposer sur leur stand les peintures, sculptures, photos et céramiques qu’ils présenteront dès aujourd’hui jusqu’à dimanche 7 mai à Expo Beaulieu Lausanne. Ce soir à 18h aura lieu le vernissage, grand lancement de cette première édition de la foire internationale d’art contemporain en suisse romande.

Texte: Katia Meylan

Les organisateurs, de la société art3f, en sont à leur 54ème salon depuis leurs débuts à Mulhouse, où ils attendaient quelques milliers de visiteurs; trois ans plus tard ils en comptaient déjà 25’000. Depuis, de nombreuses villes en France et partout dans le monde ont souhaité accueillir le salon. Ce week-end c’est au tour de Lausanne de faire profiter de quatre jours d’art non seulement ses connaisseurs et amateurs, mais aussi tous les curieux, entre amis ou en famille. Ce qui différencie ce salon des grandes pointures en la matière telles qu’Art Basel ou Art Paris Art Fair, c’est son côté abordable. « Tout public » est même l’un de ses mots d’ordre. Ici on ne trouvera pas d’art « foutage de gueule » enrobé de théorie, ce sont des œuvres qui touchent, annonce le directeur  Serge Beninca. Ce dernier admet pourtant avec reconnaissance que si le salon a pu voir le jour à Lausanne, c’est aussi grâce à l’accord d’Art Basel, qui reconnaissait l’importance d’un festival plus accessible.

Accessible au niveau financier, puisque les prix des œuvres vont d’environ 1’000.- à 10’000. Cela reste un bel investissement, mais envisageable pour les visiteurs. L’acquisition d’une œuvre se fait car elle nous touche, pour l’art en lui-même plus que pour la spéculation, même si Serge Beninca est conscient que chacun espère que l’œuvre qu’il achète prendra de la valeur.
Accessible dans tous les sens du terme, puisque le salon accueille les familles, avec deux espaces de restauration, des concerts et un atelier peinture pour ses jeunes visiteurs. Pour ce qui est du style, on y trouve tant des galeries proposant des œuvres de Paul Signac ou Jean Cocteau qui raviront les collectionneurs, que de l’Art Brut ou du Pop art. Le comité de sélection n’a pas imposé de style, il évalue si le niveau est présent et si la gamme de prix entre dans l’esprit du salon.

Galerie Martine Ehmer

Les galeries exposantes ont pour la plupart déjà travaillé avec ART FAIR. Ce week-end, toutes sont européennes. L’idéal pour les organisateurs serait de pouvoir présenter à leurs visiteurs de plus en plus de galeries provenant du monde entier.

La Galerie Norty expose les œuvres de L’Homme Jaune, artiste algérien, qui ont la particularité d’être arrivées ici enroulées discrètement puis transportées par des passeurs. En effet, en dénonçant à travers son travail la condition des femmes, en abordant des thèmes comme le Coran ou la problématique des migrants, l’artiste est forcé de rester discret dans son pays.

La Foxx galerie, de Zürich, est quant à elle plutôt versée dans le Pop art. Sur le stand, un étudiant de l’ECAL, assistant de la galerie pour l’occasion, et Claudine Bandi, la propriétaire de la galerie. Elle nous explique qu’elle a choisi d’exposer huit artistes sur les 26 mètres à sa disposition. Parmi eux, la jeune Zürichoise Ona Sadkowsky dont les œuvres colorées dégagent une impression de fraîcheur, de confiance en soi.

Nous avons également noté la présence des œuvres de l’artiste Clet Abraham, célèbre pour détourner les panneaux de signalisation routiers. Si au départ il se faisait arrêter pour cela, il a eu depuis des commandes de la Mairie de Paris, et l’on peut même suivre un parcours dans la ville de Florence, au fil de ses œuvres.

Galerie Marci Gaymu

De nombreux artistes seront présents pour rencontrer les visiteurs de Lausanne ART FAIR, et certains réalisent même des œuvres sur place. À la galerie Marci Gaymu, un artiste a déjà fixé des cartons au mur et préparé ses bonbonnes de peinture. Il nous dit qu’il espère finir son œuvre d’ici ce soir, « s’il ne pinaille pas trop ».

La foire commence dans une heure!

Jeudi  de 18h à 23h
Vendredi de 16h à 22h
Samedi de 10h à 20h
Dimanche de 10h à 20h

www.lausanneartfair.com

Cette exposition n’est pas à propos de moi

Tels ont été les premiers mots de Gabriel Green, photojournaliste américain, lors d’un vernissage en deux volets, une exposition de photographie et une conférence publique autour de la question de la solidarité. C’est notamment cette solidarité qui est à l’origine du choix du lieu pour l’événement. En effet, suite à la manifestation du 14 juin 2014, des migrants ont pu loger pour un temps entre les murs de la Maison des Arts du Grütli.

Texte: Gauvain Jacot-Descombes

Photo: Gabriel Green

Mais qu’est-ce qu’un migrant au juste? Avant toute chose, « migrant-(e) » est un terme générique qui doit être contextualisé et précisé avant toute utilisation. Dans le cadre de cet événement l’association Vivre Ensemble propose cette définition: « Personne qui se déplace hors de son pays de résidence, que ce soit pour son travail, ses études, pour rejoindre sa famille ou encore pour fuir son pays ». Le rôle de l’association dans l’exposition est d’offrir un service d’information et de documentation sur le droit d’asile. La documentation qui y est disponible est destinée autant au grand public qu’aux journalistes.

Entre 2015 et 2016, Gabriel Green s’est engagé durant huit mois sur l’île de Lesbos en Grèce. Cette expérience l’a véritablement marqué: « J’avais des idées préconçues avant de débuter ma présence sur place. Mon premier instinct a été d’aller sur la plage, puis j’ai réalisé que je devais m’éloigner des photographies de bateaux pour apprendre à connaître les personnes dans les camps, car s’arrêter aux débarquements tient selon moi d’une documentation injuste et maladroite ». Le premier volet de l’événement est donc consacré à un travail emprunt d’humilité, de décence et d’une grande capacité de remise en question. De plus, le photographe a travaillé avec deux ONG pour réaliser ce projet, Northern Lights Aid et le CIPADH. La première porte assistance aux migrants en Grèce et la seconde cherche à promouvoir la paix et la défense des droits humains par la recherche et l’information. De cette collaboration est née une exposition forte d’un fond très bien vulgarisé et d’une forme aux antipodes du flux d’images largement diffusées depuis le début de la crise humanitaire.

Photo: Paolo Costa

Mais de quelle crise parle-t-on au juste dans cet événement? De la crise des migrants, ou d’une crise du système de protection des réfugiés appliqué par les États? C’est le deuxième volet de cette exposition qui est venu développer plus profondément les problématiques mises en images par Gabriel Green. Il s’est présenté sous la forme d’une conférence publique qui a été menée le 27 avril 2017, autour de la question de la solidarité comme indicateur de l’inacceptable.

Gabriel Green

Je laisse les mots de la fin à Gabriel Green: « Cette crise n’a rien de l’événement noir et blanc décrit par les médias. Tout ce qui se passe n’est que nuance d’informations. J’espère qu’à travers ces photos, le public trouvera des informations auxquelles il n’a pas eu accès jusqu’à présent ».

Vous pouvez vous rendre à l’exposition « Une crise humanitaire aux portes de l’Europe » jusqu’au 17 mai 2017.

Le mystérieux vestiaire d’Albertine

Le Grand Défilé est une exposition de l’artiste Albertine intégrée à la programmation janvier – juin 2017 du service de la culture de la ville de Meyrin (GE). Dans ce cadre, Albertine nous propose des créations qui ouvrent sur « une expérience vivante de l’art », en lien direct avec la vie quotidienne. Lors de cette exposition, plusieurs thématiques sont abordées, notamment le vêtement et l’image de soi. Dans ce regard porté sur le travail de l’artiste, on découvre une part de son imaginaire, empreint d’une certaine gravité, mais aussi de beaucoup de douceur, de poésie et de légèreté.

Avant de rejoindre Albertine pour notre entretien, je profite de faire un tour de l’exposition. Je suis à la recherche de son mystérieux vestiaire. Il s’agit d’un assemblage de robes, qui ne ressemblent à aucune autre, car ces vêtements, faits sur mesure pour de jeunes danseuses, sont autant de toiles qu’Albertine et ses collaborateurs (notamment L’atelier couture Créature et les étudiantes de la filière Danseur‑ses du CFP arts de Genève) ont créées.

Dans la première salle de l’exposition, on peut se plonger dans les livres de l’illustratrice, apprécier ses dessins, ses peintures et ses sculptures. Pas à pas, je me suis senti transporté dans son univers artistique. Puis, j’emprunte la passerelle reliant les deux salles d’exposition. Tout en cheminant, j’observe une série de chaussures sur lesquelles l’artiste a peint. Ce travail va de pair avec les robes que je suis sur le point de découvrir. Finalement, j’accède à la seconde salle, le vestiaire. C’est une pièce aménagée spécialement pour qu’on y voie les robes et les coiffes attendant le jour de la représentation. Un dispositif rotatif fait tourner les bustes afin que l’on puisse apprécier les créations dans leur ensemble.

« Grand Couturier »

Durant notre entretien, Albertine commence par me parler de la démarche qu’elle a suivie: « Je ne suis pas styliste moi-même, mais j’avais envie de relier mon travail de dessinatrice à ces robes ». Puis, elle précise: « La robe est un espace féminin qui me plaît ». Toutes ensembles, « elles sont devenues des toiles en trois dimensions dédiées à la peinture et au mouvement du corps ». Elle m’explique également la raison qui l’a guidée à la réalisation de chaque pièce: « J’aime la singularité des gens et j’ai donc envie de faire des vêtements pour toutes ces singularités ». Pour conclure, l’artiste détaille le lien qu’elle a imaginé entre les jeunes danseuses et les robes: « J’aimerais qu’elles puissent s’approprier ces vêtements et se transformer avec eux, devenir des personnages, pouvoir s’extraire d’elles-mêmes ».

Albertine. Photo: Laurent Barlier

Albertine est une observatrice avertie du monde de la Mode. Elle précise qu’elle ne voulait pas voir appliquer ce modèle au Grand Défilé. Finalement, elle me donne un aperçu de ce qu’elle attend des jeunes danseuses lors de la prestation: « Amusez-vous, prenez du plaisir à ce que vous faites! J’aimerais quelque chose de joyeux, de gai, de frais; je ne désire pas qu’on joue à être sérieux et à présenter des robes ».

Si, vous aussi, vous avez envie de découvrir de cette série de robes singulières qui raviront certainement petits et grands, alors n’hésitez plus et risquez-vous à explorer le mystérieux vestiaire d’Albertine. L’exposition est ouverte au public jusqu’au 23 avril 2017.

Photo: Thierry Ruffieux

Pour plus d’informations :

https://meyrinculture.ch/sites/default/files/evenement-telechargement/flyer_4.pdf

https://meyrinculture.ch

Texte: Gauvain Jacot-Descombes