Le dératiseur de Hamelin

 » L’art doit toujours un peu faire rire et un peu faire peur. » Jean Dubuffet, devise de la Compagnie Pied de Biche.

Enfoui dans toutes les mémoires d’enfants, le conte du « Joueur de flûte de Hamelin » met en scène la déchéance de Hamelin, dont les habitants sont corrompus par l’appât du gain et ne semblent jamais repus de leur opulence. Clin d’œil aux sociétés modernes et à l’indifférence du capitalisme, « Le dératiseur de Hamelin » qui se joue actuellement au Théâtre des Marionnettes de Genève ne met pas seulement en évidence la pertinence actuelle de la fable. La version de la Compagnie Pied de Biche réactualise aussi le conte en lui offrant un beau dépoussiérage.

Photo: Sylvain Chabloz

Photo: Sylvain Chabloz

Le plus frappant est bien entendu la présence de chansons qui rythment la pièce. Sur des airs de comédie musicale, les cinq comédiens-marionnettistes-chanteurs donnent un coup de fouet énergique, avec un son résolument rock et électrique. Ce qui fascine, cependant, c’est le déséquilibre et l’ambiguïté constamment interrogés par la mise en scène de Frédéric Ozier. Loin des archétypes et des caricatures, le conte se dévoile dans toute sa complexité et ses zones d’ombre.

Les différents niveaux de jeu mettent parfaitement en scène cette ambivalence. Alors que ceux qui détiennent le pouvoir (le maire, ses proches, le prêtre) sont interprétés par des comédiens, les marionnettes se partagent les différentes couches de la population « manipulée », de la marionnette à gaine faisant encore corps avec le comédien à la marionnette de table qui représente les plus faibles, les enfants. D’ailleurs, les parents pleurent les enfants enlevés par le dératiseur. Mais ont-ils oublié qu’ils les exploitaient au travail ? « Ce qui est bien pour vous est bien pour moi » déclare, en substance, le bourgmestre devant ses concitoyens en songeant aux prochaines réélections. À partir de quand le bien (le profit) devient-il un mal pour les habitants?

Et que dire de l’énigmatique joueur de flûte? Figure fantasque entre Peter Pan et le Capitaine Crochet, inspiré par le Chapelier fou de Tim Burton, le héros est représenté par une marionnette et interprété par un comédien. Est-il du côté des floués de Hamelin ou le génie maléfique condamnant la cité à sa perte?

Photo: Sylvain Chabloz

Photo: Sylvain Chabloz

Chacun est libre de trouver sa propre interprétation, jusqu’au 8 février au Théâtre des Marionnettes de Genève.

Texte: Marie-Sophie Péclard

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La voix du peuple

Hier soir, Jérôme Junod présentait la première de son spectacle crée à la Grange de Dorigny, « La Voix du Peuple ». Il a rassemblé le courrier des lecteurs de 24 heures de 2004 à 2014 pour mettre en scène une pièce dont chaque phrase est tirée des coups de gueules, des réflexions profondes, des enthousiasmes des vaudois.

En voyant cette pièce, on se retrouve parfois devant des déclamations bien écrites -car les lecteurs rassemblent le « meilleur » de leur pensée- mais dérangeante, déroutantes, inopinées. Le fond, c’est ce que l’on pourrait entendre à n’importe quel diner de famille ou au bar du coin, mais ils y mettent la forme. Les impôts, les ordures, les radars, la Migros et la nudité dans les vestiaires de Mont-Repos, voilà bien des raisons de se plaindre. Certains en revanche n’ont rien à critiquer, mais souhaitent plutôt livrer une petite part de leur vie: la mise en scène de ce courrier est très drôle, avec un psy qui prend la pose, s’étire sur son siège carré, minuscule pour ses grandes jambes. Et puis il y a aussi les enthousiastes, ceux qui écrivent pour remercier leur voisin brésilien serviable, les anciennes caissières ou le chauffeur du bus. Les quatre comédiens, à ce moment de la pièce, se répartissent auprès du public et racontent en même temps une histoire différente. J’ai pu voir sourire plusieurs personnes du public, se pencher vers le comédien le plus proche, comme s’il nous faisait une confidence personnelle.

Photo:  Fabrice Ducrest

Photo: Fabrice Ducrest

On a chaud au cœur de penser que des gens ont pris la plume avec la simple envie d’exprimer leur contentement. Mais si, parmi toutes ces lettres, on peut s’identifier à certaines, on garde une certaine distance ironique. Certaines phrases sont délibérément hors-sujet et paraissent comiques. Ajouté à cela le look typé de tous les différents personnages qui déboulent sur scène, il est difficile de les prendre au sérieux. Pourtant, avec cette sélection de textes surprenants, le metteur en scène dit suivre « une approche ouverte et sincère, non des clichés et des caricatures. »

L’Agenda l’a rencontré après la représentation pour quelques questions :

Les courriers ne sont pas mis en scène dans leur ordre chronologique, alors pourquoi avoir choisi de les collecter sur 10 ans ?

C’est tout bêtement la durée depuis le moment où j’ai eu l’idée de faire ce projet et commencé à collecter ces courriers, jusqu’au moment où j’ai effectivement pu le réaliser. Lorsque j’ai commencé je me disais qu’on allait avoir deux, trois ans de matériel… les choses ayant pris un autre cours, je me suis retrouvé avec 10 ans au total. J’ai également vécu à Vienne pendant cette période pour étudier la mise en scène : ça m’a donné un peu de distance, et le matériau qui m’intéressait a pris encore plus de dimension. Il y a des choses auxquelles on est plus sensible lorsqu’on les découvre sous cette forme-là. Ca a permis aussi de voir quelque chose que je n’avais pas au début, un développement historique. Et on remarque que les motivations principales et le genre sont relativement stables. Seuls changent certains noms de conseillers fédéraux !

Est-ce que vous aviez une ligne directrice de narration ?

Non, la règle du jeu était de prendre chaque jour une dizaine de pages, de repérer au Stabiloboss jaune ce qui m’intéressait, de procéder à l’instinct. J’ai remarqué par exemple des thèmes récurrents (comme les ordures, sujet sur lequel je n’avais pas pensé travailler au départ). Je me suis rendu compte aussi qu’il y avait une parenté entre hygiène urbaine et hygiène sociale. On passe de façon fluide du déchet à celui qui jette ce déchet, à son comportement, à sa catégorie sociale… et on se retrouve à ne pas exactement savoir si on parle de déchet physique ou de déchet humain. Il y a certains thèmes –par exemple la xénophobie- que je pensais traiter au début, qui finalement rebattaient ce qu’on peut déjà imaginer, ou n’avaient pas de potentiel scénique. J’ai gardé les choses où j’ai moi-même été surpris, quelques tournures intéressantes et les ai insérées mais n’ai pas gardé le thème en tant que tel.

Et si un lecteur se reconnait et vous demande des droits d’auteur ?

Je serais très curieux de voir si des gens se reconnaissent ! Mais ce qui m’intéresse se sont surtout les parentés entre les textes. Par exemple la scène du contribuable (scène tendue où un homme de la “classe moyenne”, veste en tweed et grosses lunettes, s’emporte de plus en plus contre les taxes et ce que l’état en fait, poursuivi et acculé par un gros élément de décor noir qui se déplace –ndlr) est un best-of de plusieurs phrases uniques provenant d’une cinquantaine de lettres, condensées en un seul discours. Je fais ressortir ce que les lettres juxtaposent de sympathique et de suspect. On est en permanence dans des situations où l’on se dit ”j’aurais aussi pu dire ça”, mais ensuite on remarque que ça traîne avec soi toute une série de complexes. Je mets en relief les côtés obsessionnels qu’on trouve dans ces lettres.

Les discussions commencent pour savoir si le spectacle se jouera ailleurs. Ce ne sera pas pour cette saison, mais probablement pour la prochaine, espère Jérôme Junod. En attendant, vous pouvez la voir encore jusqu’à samedi prochain 31 janvier à la Grange de Dorigny.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan.

Photo: Fabrice Ducrest

Photo: Fabrice Ducrest

Tulalu !? Spéciale Lausanne

Rendez-vous à 15 heures 20 sur l’esplanade de la cathédrale. Mais est-ce que les amoureux des lettres le seront assez pour braver la neige qui tombe à gros flocons et passer une heure trente à parcourir Lausanne dans le froid en compagnie d’Ariane Devanthéry, Victor Hugo, Rousseau et les autres écrivains voyageurs qui passèrent par là un jour ? Eh bien oui !

Nous sommes entre quarante et cinquante à nous rassembler devant la cathédrale, encore plus belle en manteau blanc, pour écouter Ariane Devanthéry nous parler des voyageurs qui s’arrêtèrent plus ou moins longtemps dans cette ville. Textes à l’appui nous entrons en matière en 1687 avec Burnett, un anglican qui accompagnait en tant que précepteur un jeune aristocrate lors de son Grand Tour. Le Grand Tour, qui durait entre un et deux ans, était indispensable à l’éducation des jeunes bourgeois qui souhaitaient embrasser une carrière dans les relations internationales: ils se créaient leur réseau sur place, ou pour plus tard, car ceux qui avaient effectué ce voyage auraient les mêmes références et se « reconnaîtraient ». Leur but est souvent l’Italie, mais en chemin ils s’arrêtent parfois des mois dans une ville ; ils vont à la rencontre de la population, prennent le temps de connaître les lieux, de parler de leurs écrits et de ceux des autres. On se sent presque rougir lorsque Ariane Devanthéry lit le texte de Burnett : la Suisse et ses habitants sont toujours décrits dans des termes élogieux : la première un eldorado magnifique, les seconds généreux et accueillants.

On se déplace sur l’esplanade, d’où la vue est majoritairement blanche. Et on apprend des anecdotes intéressantes au passage, comme le fait qu’au Moyen-Âge la cathédrale était traversée par un passage routier, ou que certains récits décrivaient très sérieusement les différentes sortes de dragons qui vivaient dans les Alpes.

Mais il commence à faire rudement froid et l’on se dit que les voyageurs émerveillés n’étaient sûrement pas venus en janvier… après un vote à main levée la visite se poursuit bien au chaud dans le musée historique.

Photo: Katia Meylan

Photo: Katia Meylan

On apprend que les voyageurs commencent à utiliser les récits de leurs prédécesseurs comme des sortes de guides. Ils prennent avec eux un coffre de livres, des classiques mais aussi ces récits, qu’ils relisent sur place, comme pour vérifier par eux-mêmes ce qui y est dit.

Avec sa « Nouvelle Héloïse », Rousseau a beaucoup fait pour l’histoire du voyage en Suisse. C’est la première fois qu’une génération de lecteurs part pour se rendre sur les lieux non plus d’autobiographies ou de poèmes mais d’une fiction. Rousseau voulait situer son roman dans le plus beau lieu qu’il connaisse, pour qu’il soit en adéquation avec la beauté intérieure de ses personnages. Alors certains seront déçus en découvrant Clarens, d’autres touchés par le même émerveillement que l’auteur. Une vague d’écrivains Romantiques passe par la Suisse, et « si l’on devait tous les citer, on n’ aurait pas fini ».

Les choses se gâtent au milieu 19ème siècle : les voyages deviennent plus courts, trop de monde passe sur ces routes. La qualité du voyage en pâtit, ont parle alors de tourisme… et parallèlement les écrits sont beaucoup plus critiques, autant contre la Suisse que contre cette manière de voyager.

Ariane nous laisse en 1948, avec « Rêver à la Suisse », un texte d’Henri Calet. Le ton est à nouveau admiratif, mais on croit deviner un brin d’ironie aussi, vu ce qu’il décrit avec passion : les différentes toilettes qu’il visite, les lacets de chaussure d’un contrôleur…

Sans réveiller mon chauvinisme lausannois –avouez quand-même que c’est une belle ville, remplie d’histoire et de culture, visitée par les plus grands…- cette visite organisée par l’association Tulalu!? m’a donné envie de me plonger dans ces textes, que près de 300 ans séparent et qui livrent des impressions de voyage dans cette même région.

Texte: Katia Meylan

K a l’Esprit Frappeur

Non, ce n’est pas déjà une faute d’orthographe dans le titre, K a bien l’esprit frappeur. Il a conquis le public de cette salle de Lutry, petite mais pleine à craquer hier soir, avec sa voix qui monte souvent en tête et ses textes engagés.

16, 17 et 18 janvier 2015, l’étape finale de l’album que K a construit en 4 temps, commencé en 2010, titré “4, 3, 2… l’UN !” : c’est parti pour une dose d’énergie, de cris à la lune, de gestes et de touches de folie. K donne à son public. Il nous fait participer, partage son “whisky” –asseyez-vous tout devant à vos risques et périls- et ses idéaux.

Un titre met à l’honneur les émigrés, un autre, “Homosentimental” est un coming-out : “si j’étais amoureux d’un garçon, c’est comme ça que je le dirais”. En effet, K est parrain d’un livre écrit par une institutrice lausannoise il y a quelques années déjà, qui traite de l’homosexualité chez les adolescents. Mais il parle aussi de sorcières, de l’école, de la publicité, de la mort, du bonheur, de liberté surtout. Pour ce faire il passe d’une attitude à l’autre, joue avec la loop pedal et interagit avec des vidéos et des sons préenregistrés.

Photo: Vincent Hofer

Photo: Vincent Hofer

Parfois il y a L qui le rejoint sur scène avec son violon, et l’accompagne de sa voix car la voix de K s’accorde parfaitement avec L.

Dans l’atmosphère chaleureuse du théâtre décoré de guirlandes en lumières bleues et de bois par-ci par-là, on a l’impression d’être en été à la belle étoile. Et comme le chanteur le dit lui-même, l’Esprit Frappeur est un laboratoire où tout est possible.

Vendredi et samedi affichaient complets. Mais il doit rester un petit coin cosy pour vous dimanche à 17h!

Texte : Katia Meylan

L’Avare

L'avarePhoto: Aline Paley

LAvare de Molière sur décor hollywoodien ? Le Théâtre de Carouge propose en ce moment de revisiter ce grand classique en nous offrant une version contemporaine des aventures dHarpagon. Un tourbillon dhumour et de fraîcheur !

Molière créa nombre de personnages emblématiques, chacun dénonçant avec malice les mœurs du XVIIe siècle. Avec Harpagon, le dramaturge s’attaqua au thème de l’avarice et de l’égoïsme, à une époque où régnaient en maîtres la noblesse et la haute bourgeoisie. Giani Schneider nous propose ici une version fraîche et moderne de ce grand classique joué et rejoué des milliers de fois, replaçant ses thématiques au XXIe siècle. Si l’histoire et les textes ne changent pratiquement pas, c’est par le décor, la mise en scène et le jeu des acteurs que va s’opérer l’actualisation de la pièce, créant ainsi un joli décalage entre le visuel et l’écoute !

Bien loin de la Paris de Molière, les personnages évoluent sur le pont d’un bateau de luxe naviguant devant un écran géant. Ne se cantonnant pas au simple rôle de décor, cet écran permet un jeu interactif entre les acteurs sur scène et les vidéos projetées, qui sont soit préenregistrées, soit filmées en direct : le spectateur a ainsi l’occasion d’admirer au plus près les mimiques hilarantes de l’avare, joué par Jean-Damien Barbin.

Harpagon coule donc des jours paisibles sur son bateau avec sa fille Élise et son fils Cléante, ayant comme seule préoccupation de veiller sur son pactole. Mais, à passé 60 ans, il décide soudainement d’épouser la jeune femme dont son fils est secrètement amoureux et de marier ses enfants à de vieux, mais riches inconnus. Les deux victimes décident alors, avec l’aide de Valère, l’amant d’Élise, et Frosine, une intrigante en quête d’argent, de se rebeller contre les décisions avides de leur père, ce qui va déclencher un méli-mélo de quiproquos plus cocasses les uns que les autres !

Le navire vous attend au Théâtre de Carouge jusqu’au 1er février, puis voguera dans les eaux suisses durant le mois de février (Bienne, Yverdon-les-Bains et Monthey).

Texte : Aurélie Quirion

Euphonie dissonante et harmonieuses nuances

Après le divisionnisme et ses touches colorées, la Fondation Pierre Arnaud présente, comme deuxième exposition d’hiver (20 décembre 2014 – 19 avril 2015), le réalisme et sa symphonie des contraires. L’objectif n’est pas de donner une définition claire et stricte de ce courant, mais de montrer les différentes facettes et la variété de tonalités qui le composent afin de répondre à une question: “Qu’est-ce que le réalisme ?” Alors qu’on pense d’emblée pouvoir donner une réponse à peu près correcte, bien que souvent simpliste, à cette question, la centaine de tableaux exposés y répond de façon différente, étonnante, touchante… Une exposition qui sait correspondre à nos attentes et qui pourtant le fait de manière surprenante!

Gustave Courbet, Paysage d’hiver, La gorge aux loups, 1870 (?), collection privée © François Bertin, Grandvaux

Gustave Courbet, Paysage d’hiver, La gorge aux loups, 1870 (?), collection privée © François Bertin, Grandvaux

Érigé, malgré lui, en chef de file de ce mouvement ayant officiellement vu le jour au XIXème en France, Gustave Courbet refuse pourtant l’idée d’école, car en s’éloignant de la peinture dite académique, le réalisme peut choisir ses sujets, puiser ses sources dans tous les courants picturaux et se faire l’écho de la virtuosité de l’artiste. Il n’existe pas qu’une façon de faire réaliste, mais une multitude de choix esthétiques et de thèmes articulés autour d’une même volonté, la représentation du réel. Ainsi, on peut voir exposées des toiles d’inspiration cubiste (Nature morte à la lanterne, Le Corbusier), hyperréaliste (Herbes I, Franz Gertsch), symbolique (Falaises près d’Ornans, Gustave Courbet), puriste (Après le bain, Théophile Robert), allégorique (Aimé et Simone, Aimé Barraud), parmi d’autres… Et des sujets tout aussi divers comme des scènes de genre, des natures mortes, des portraits et nus d’anonymes, des paysages et parfois même des tableaux engagés et de dénonciation sociale (Le charpentier au-dessus du port, Théophile-Alexandre Steinlein), mais aussi de propagande et d’idéalisation, comme le montre la création audiovisuelle sur le Valais rêvé des peintres de l’École de Savièse.

Contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre à découvrir, le réalisme n’est pas uniquement, à l’image des scènes d’atelier d’Edouard Kaiser, un simple cadrage de la réalité, une reproduction fidèle, objective et sans ornement de cette dernière. Le réalisme est pluriel, parfois même contradictoire. Il peut tout à fait porter en lui les traces d’une idéologie particulière, devenir un lieu d’exutoire pour l’artiste, être soumis à la tentation de l’idéalisation, narrer une histoire. Mais au-delà des paradoxes qui le définissent, le réalisme est également un, car il a su raconter le monde par le biais d’un langage propre, qui confère à sa multiplicté sytlistique et thématique une véritable unité, et qui offre à l’artiste la liberté de dévoiler ou non la présence de sa main et de son individualité.

Texte: Kelly Lambiel