« Le Révizor » révisé

les Artpenteurs - Le RevizorDans une petite ville de province, une nouvelle détonne: le Révizor arrive de Saint-Pétersbourg, incognito. Il va vérifier « si la ville est bien gouvernée, si le peuple est heureux et respecté, si les enfants sont bien éduqués, si les malades sont bien soignés, si les rues sont propres et si la Justice est juste » annonce une voix off au public. Les notables de la ville, qui tous profitent de leur fonction pour servir leurs propres intérêts, sont effrayés. Un quiproquo leur fait prendre un jeune noble endetté pour ce fameux Révizor. C’est alors un jeu de tromperie et d’égards qui se met en place afin de satisfaire cet hôte si important. Mais, le retour à la « réalité » et à la vérité (?) sera bien difficile.
En rentrant dans la salle du Théâtre de la Parfumerie, un décor neutre et presque dénudé – sur la scène un salon avec deux fauteuils, deux portes, trois fenêtres. Pourtant, dès le début du spectacle, ce décor devient un encadrement parfait pour la mosaïque de lumière, de mots, de gestuelle, de danse et de musique qui se met en place.
Le programme du spectacle prévient le spectateur que « les personnages du Révizor, eux aussi rêvent » et c’est un ainsi que la Russie lointaine devient un lieu presque irréel, comme sorti d’un autre monde, rempli de personnages caricaturaux, parfois peut-être un peu trop, aux cheveux colorés et avec des masques saugrenus. Choix osé et inhabituel, mais qui paie!
Le grotesque souligné par la mise en scène d’Evelyne Castellino fait ressortir comme jamais le caractère satirique de l’œuvre de Nicolas Gogol.
L’action se déroule dans la Russie du 19ème siècle, mais les thèmes de la pièce sont universels. Les masques et le jeu des acteurs soulignent d’ailleurs cette universalité.
Nous ne savons pas quelle note le vrai Révizor a finalement mis à la ville du gouverneur. À mon avis, la pièce des arTpenteurs, mise en scène très originale du Révizor, en mérite sûrement  une très bonne!

Le Révizor se joue jusqu’au 16 février, au Théâtre de la Parfumerie de Genève.

Texte: Anastassia Issakova  Photo: ©D.Imhof

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« Feyd-Hov » au théâtre des Grottes

Feyd-hov 2014

Envie d’une soirée théâtre hors des sentiers balisés? Direction le théâtre des Grottes. Jusqu’au 2 février, la compagnie Virgule vous y présente Ernest et son univers décalé, à la fois grinçant et grisant.

Venu donner une conférence, Ernest nous rassure: il ne fera pas de monologue, parce qu' »un monologue, c’est faux ». A première vue, son discours en a toute la forme: dans une longue prétérition, Ernest se raconte au travers de ses mésaventures, ses interrogations, ses rêves et ses désillusions. Au fil du texte, pourtant, ce petit homme si rangé et si confiné se remplit, gonfle, puis s’ouvre. Les interactions fusent: avec le public, avec l’assistant Jean-Mi, avec un certain Elvis et même avec Dieu qui se penche sur son cas. Ces situations diverses rythment agréablement la mise en scène. L’homme effacé fait place à un véritable show-man avec qui l’on n’est jamais au bout de ses surprises. Une véritable performance pour  Vincent Jacquet qui porte –presque- à lui seul le spectacle avec une maîtrise et un plaisir communicatif.

Créé à partir des Méfaits du Tabac d’Anton Tchekhov, « Feyd-Hov » rassemble également des extraits de pièces de Georges Feydeau et Tchekhov. Le résultat de cette composition est une comédie dramatique parfois cruelle, parfois tendre, toujours touchante. Un bon moment à vivre au Théâtre des Grottes, jusqu’au 2 février.

Plus d’informations et réservations sur www.compagnievirgule.ch 

Texte: Marie-Sophie Péclard

15 ans du Black Movie, du 17 au 26 janvier

Dès le 17 janvier, Genève tournera à la vitesse des pellicules cinématographiques: le festival Black Movie est en ville ! Amateurs de films engagés et surprenants et désireux de découvrir des réalisateurs de tous les coins du monde, laissez-vous tenter par une programmation riche et pétillante, dont treize métrages  en première européenne et trente en première suisse !

Pour cette édition anniversaire, 125 films sont divisés en dix sections :

Happy Birthday :les 15 films préférés des programmateurs, pour revivre les grands moments cinématographiques du festival!

Le Choix des Maîtres : cinq réalisateurs, Pen-ek Ratanaruang, Sourav Sarangi, Amat Escalante, Brillante Mendoza et Pablo Stoll proposent leur choix de jeunes réalisateurs.

Prix de la critique : depuis trois ans, ce prix est décerné par un jury composé de journalistes internationaux. Dix films passeront sous leur œil critique !

Flirts avec le fantastique : une sélection d’auteurs qui touchent au fantastique du coin de l’œil.

Sans foi ni loi : cinq documentaires sur des tentatives mystico-politiques pour changer le monde.

Nouvelles cinématographiques : laissez-vous tenter par ce florilège de films ni-longs ni courts qui jouent avec les contraintes et les attentes du public.

Carte Blanche Beijing International Independant Film Festival : les réalisateurs censurés lors de la dixième édition du BIFF.

Le Petit Black Movie pour adultes : de l’animation transgressive et des personnages marginaux!

A suivre : le Black Movie, c’est aussi une histoire de fidélité. Retrouvez les dernières créations des idoles du Black Movie.

Le Petit Black Movie : Les petits ne sont pas en reste ! Quarante-trois films sont proposés aux plus jeunes et à ceux qui le sont restés. Un petit aperçu :

Le festival leur permet aussi développer leur talent lors de différents ateliers, en les confrontant aux différentes techniques de l’image : l’atelier Boxy ( mapping et installation interactive), l’atelier Plis et replis et l’atelier Pipa et Shakuhachi (instrument venus de Chine et du Japon).

Atelier Mapping

Du 17 au 26 janvier, d’autres surprises sont à découvrir lors de ces dis jours sous le signe de l’écran noir. Toutes les informations à cette adresse : www.blackmovie.ch

« Je suis le vent » au théâtre de l’Arsenic

Le théâtre de l’Arsenic a fait salle comble lors de la première de « Je suis le vent », une pièce de l’écrivain norvégien Jon Fosse mise en scène par Guillaume Béguin. A l’effervescence palpable de l’assistance contrastait la sobriété d’une scénographie minimaliste.

Dans un décor vide, à l’exception de quelques projections sur les murs-écrans, évolue le dialogue de deux hommes partis en mer. Quelque chose – de grave – s’est produit pour l’un d’eux. Ici, une faible intrigue n’est que prétexte aux sensations. Car, comme l’exprime la circularité d’un texte qui se répète et rebondit sur lui-même, toute tentative de parole est vaine. Le jeu se veut aussi réduit dans ses effets : peu d’échanges entre les deux hommes, des mouvements limités, une diction lente et sobre qui permet de beaux silences bien maîtrisés. Les deux acteurs (Jean-François Michelet et Matteo Zimmermann) très investis, réussissent à s’approprier leur personnage et à rendre de véritables moments d’émotion, notamment la scène du repas.

Les effets de fumée, semblables aux mouvements de l’onde, sont particulièrement esthétiques et évocateurs. Mais à l’image de cette vapeur, la pièce ne prend pas véritablement corps.

« Je suis le vent » de Jon Fosse. Mise en scène Guillaume Béguin – Cie de nuit comme de jour. Au Théâtre Arsenic à Lausanne,  jusqu’au 19 janvier. Au Théâtre du Loup de Genève,du 23 janvier au 2 février. 

Texte: Marie-Sophie Péclard   Photo: Steeve Iuncker

Cortège et fête des écoles de Genève.