Un rendez-vous au théâtre de Carouge: Ève Bonfanti et Yves Hunstad, un public, un étang…

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Sur scène: une table, deux micros. Le public, c’est l’étang, la scène, c’est la rive, la table, c’est la scène… Parodie de lecture publique qui dérape dans l’imaginaire, Au bord de l’eau est une pièce dans laquelle rire et réflexion se mélangent.

Jeux de mots, cocasseries, voix changeantes, feuilles qui s’envolent, s’éparpillent sur le sol. Madame Simone est déjà là, les autres personnages descendent des cintres – mais c’est dangereux – par une échelle de corde, Josie perd son chapeau, les fourmis sont partout quand on croyait les avoir enlevées… Et cette carafe d’eau qui n’est pas là!

Un bateau passe dans le fond, symbole du temps. Les frontières se troublent, disparaissent parfois. «Eux, de temps en temps, c’est nous». Ève Bonfanti et Yves Hunstad sont tantôt auteurs, tantôt acteurs, tantôt personnages d’une pièce encore en construction, qui s’édifie, change, évolue, sous les yeux des spectateurs embarqués dans un tourbillon de comique absurde où se mêlent poésie et philosophie.

Texte: Jade Sercomanens

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La Verità : Dalí rencontre le cirque

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L’affiche promettait les arts – entre cirque et peinture. Si Dalí est au cœur du spectacle, la véritable héroïne est à la fois universelle et anonyme : la vérité. Quelle place la folie, la réalité, le rêve tiennent-ils dans nos vies ? Cet ancrage terre à terre, propre à nos sociétés, est-il indispensable au bonheur ? Assurément pas.

Voici le propos de « La Verità », spectacle de cirque enchanteur et décalé, construit autour d’un rideau de scène peint par l’artiste en 1944, pour le ballet « Tristan fou » de Leonide Massine à New York. La toile gigantesque représente Tristan et Yseut, et interroge le spectateur sur l’identité de chacun.

La troupe de Daniele Finzi Pasca rend un hommage amusé et touchant à Salvador Dalí, avec brio. Le décor, les costumes et les accessoires sont autant de clins d’œil à l’œuvre de celui qui, au début du XXe siècle, contribua à la reconnaissance et à l’essor du mouvement surréaliste. Acrobates, marionnettes et danseurs se confondent sur une bande-son à la fois connue et innovante – de nombreux thèmes classiques y sont ré-harmonisés, tel le french cancan du « Carnaval des Animaux » de Saint-Saëns.

Le pas-de-deux d’une marionnette et d’un contorsionniste, la marche rythmée des pissenlits, la voix cristalline d’un orgue de verre… les coups de cœur s’enchaînent, magiques. Un spectacle magistral, empreint de liberté et de poésie, un feu d’artifice sensoriel, une véritable révélation.

Jusqu’au 20 octobre, Salle Métropole, Lausanne

Texte: Ophélie Thouanel

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Les deux gentilshommes de Vérone au Théâtre du Loup – 08.10.2013

Le spectacle débute par une scène au décor estival, au bord de la mer à Vérone, dans laquelle des jeunes gens en tenue de plage se détendent. L’un d’eux pêche à la ligne tandis que les autres bronzent sous les parasols multicolores. Cette jeunesse insouciante se divertit lors de danses endiablées.

Valentin et Proteo, les deux amis et gentilshommes de Vérone sont joués par de jeunes comédiens très prometteurs, qui déclament les textes de Shakespeare avec enthousiasme et assurance. Proteo (Eliot Sidler), aux  airs d’un jeune Alain Delon, aime la jolie petite Julia d’un amour réciproque. Valentin décide de partir à Milan et les deux amis se disent adieu. Speed, la femme-valet de Valentin l’accompagne tandis que Proteo reste avec son valet Launce et Julia à Vérone.

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La suite de la pièce se déroule à Milan, où la première scène présente Valentin et son valet Speed évoquant  la belle Silvia, la fille du duc de Milan. Valentin est fou amoureux d’elle mais ne se rend pas compte que Silvia l’aime aussi. Speed tente pourtant de lui ouvrir les yeux.

Pendant ce temps, à Vérone, le père de Proteo décide d’envoyer son fils rejoindre son ami Valentin à Milan. Au cours de ces discussions, on observe les pitreries de Launce, le  valet de Proteo et de son chien Crabe. Le comédien au gilet de fourrure qui joue le chien Crabe est remarquable dans sa gestuelle et dans son rôle. Une grande complicité semble unir Launce et Crabe (Léonard Piguet et Mattoe Divorne), qui forment un duo comique très réussi, rappelant les meilleurs moments de Tintin et Milou.

A Milan, la cour du duc accueille des bals élégants : à la musique baroque succèdent  des rythmes flamenco puis rock. Les décors contemporains et minimalistes fonctionnent très bien dans les différentes scènes et des éléments décoratifs comme les boules disco au plafond du bal apportent une touche originale. Ne supportant plus l’absence de son cher Proteo, la petite Julia part pour Milan déguisée en homme. Seront-ils à nouveau réunis?

Remarquablement bien interprétée par de jeunes comédiens passionnés, cette pièce de Shakespeare révèle tout son potentiel comique et chacun des personnages y trouve parfaitement sa place. Ces jeunes acteurs ont visiblement du plaisir à jouer et nous offrent un spectacle de qualité et d’une grande fraîcheur. Un très bon moment à partager au théâtre du Loup jusqu’au 20 octobre.

Texte: Sandrine Warêgne

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4 et 5 octobre: Festival 1066, le phénix d’Epalinges!

1066_affiche1L’histoire commence en 1974, lorsque Géo Voumard crée le Festival Folk d’Epalinges. Cette première édition, deux ans avant la création du Paléo, inaugure l’un des premiers festivals de Suisse romande. Après 9 éditions, le festival s’arrête en 1982.

L’idée de Guillaume Morand, Virginie Guisan et Florian Schmied, en créant l’association 1066, est de redynamiser la vie musicale de la commune d’Epalinges. Ce nouveau festival, qui aura lieu pour la première fois le 4 et 5 octobre 2013, s’inscrit dans la continuité et porte « l’esprit » du Festival Folk.

Si l’organisation est totalement assumée par les Palinzards, avec l’aide de la commune, le programme mélange les musiciens régionaux et internationaux, misant sur la découverte d’artistes et l’ouverture aux autres cultures. Ainsi, le vendredi 4 octobre sera placée sous le signe de la musique tzigane et des artistes Roms. Loin des débats politiques, c’est au Kolektif Istanbul (TR) que reviendra l’honneur d’ouvrir le bal. Place ensuite aux 26 musiciens de Band of Gypsies (RO), le big band balkanique né de la rencontre des roumains du Taraf de Haïdouks avec les macédoniens du Koçani Orkestar. Deux monstres sacrés de la musique tsigane pour un concert d’anthologie! Pour finir la soirée en beauté, c’est Kadebostany (CH) qui s’emparera de la Salle de la Croix-Blanche.

Le lendemain, c’est l’Afrique qui sera mise à l’honneur avec, pour commencer, Infinite Livez vs Stade (CH/UK), une performance à la frontière de l’électronique live et du jeu acoustique. Le public du 1066 festival a ensuite rendez-vous avec  le  dernier fils du Black President Seun Kuti, accompagné par les légendaires Egypt 80 (NG), qui fera résonner Epalinges de son afro-beat à l’énergie funk débordante. Une première suisse romande à ne manquer sous aucun prétexte. Le festival se clôturera  avec le groupe The Procussions, du hip-hop mêlé de dubstep, de rock, de jazz et de funk.

Toutes les informations de ce festival prometteur sur leur site, http://www.1066festival.ch/.