Nalu, le groupe lausannois indie-folk

Le groupe de musique Nalu a organisé son vernissage le jeudi 11 octobre à l’occasion de la sortie de son tout premier EP « Drifting Tides », composé de cinq titres. C’est lors du Projet Proxima, organisé par les Docks et soutenant les talents émergents et locaux, que cet événement a pu voir le jour.

Texte: Lara Liard

Familles, proches et mélomanes se sont donné rendez-vous jeudi dernier au Café des Docks à Lausanne dans une ambiance décontractée, dans le but de découvrir le dernier projet de Nalu, un groupe composé de Noa Zalts et Wills Gey, accompagné·e·s par Mark Kelly, mélangeant l’univers de chacun. Wills Gey s’occupe de la batterie, Noa Zalts de la guitare classique et du chant, tandis que Mark Kelly les accompagne aux sons de sa guitare électrique ou parfois de son banjo. Lors de ce vernissage, quelques chansons ont même été accompagnées de la violoniste Marine Wenger.

C’est un an plus tôt que le duo se rencontre et joue pour la première fois ensemble au même endroit, aux Docks. Les deux artistes ont d’abord fait quelques concerts en collaboration, avant de décider de monter un groupe. Sa création s’est donc faite au fur et à mesure, simplement à force de jouer et de créer ensemble. Le nom qu’ils se sont choisi, Nalu, signifie « vague » en langue hawaïenne.

Photo: Lara Liard

Un groupe laissant place à une musique très douce, mais rythmée. En effet, comme les deux artistes l’expliquent, elle amène la douceur et lui le rythme ainsi que la puissance, et ce, peu importe le nombre d’instruments qu’on ajoute. C’est dans un style indie-folk que résonne la voix de Noa Zalts aux mélodies légères. Un chant si doux qu’il peut sonner parfois enfantin, mais qui reste maîtrisé avec maturité par la chanteuse.

Les artistes accueillent le public dans une ambiance sincère et naturelle, Noa Zalts et Mark Kelly n’hésitent d’ailleurs pas à se rendre sur scène pieds-nu. De plus, entre deux chansons, Noa Zalts assume sans complexe: « Ceux qui connaissent ce que je fais savent que c’est répétitif, mais on va essayer de vous emmener avec nous ». Pari réussi, une atmosphère semblant saisir la foule s’est ensuite installée, incitant les dizaines de têtes à bouger au rythme de la musique. À la fin du concert, les spectateurs rappellent le trio afin d’entendre une dernière chanson. Pour finir en beauté, Nalu leur avait prévu un morceau préparé l’après-midi même. Un dernier morceau répondant au désir du public qui n’a d’ailleurs pas hésité d’aller féliciter le trio en personne à la fin de leur performance.

www.youtube.com/nalu

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Ladies and Gentlemen…

Photo: Julia Wesely

« And now, Mozart! »
Le pêle-mêle de musiques en tous genres que nous ont livré Igudesman & Joo a suscité la concentration des spectateurs∙trices qui auraient effectivement voulu y trouver Mozart. Lundi 10 septembre, le Rosey Concert Hall ouvrait sa saison avec ce concert pour le moins éclectique.

Texte: Katia Meylan

Pour la rentrée, Marie-Noëlle Gudin, directrice artistique du Rosey Concert Hall, a concrétisé son souhait d’accueillir un concert festif en invitant Aleksey Igudesman et Hyung-Ki Joo, dont les vidéos font fureur sur le web. Tous∙toutes les élèves de l’école ont répondu présent, ainsi que les nombreux∙ses abonné∙e∙s du lieu, et les curieux∙ses attiré∙e∙s par le bruit que font les deux compères à l’international!

Les musiciens-humoristes mènent le spectacle en deux langues, avec les joyeuses confusions que cela implique. Si certaines ficelles comiques ont déjà été tirées maintes fois – les disputes d’ego sur scène, ou ce fameux sketch où le public entend les pensées du pianiste grâce à une voix off – ils nous livrent certaines trouvailles hilarante, notamment un GPS musical qui guide le violoniste au fil des gammes.

Bien que l’humour soit leur marque de fabrique, ils ne se contentent pas de jouer de cet unique talent, et l’on constate que derrière les pitreries, le bagage musical est solide.
Igudesman manie l’archet à une vitesse folle, Joo compose et donne de la voix. Mention spéciale pour son tour de force où il enchaîne, à coup de quelques mesures chacun, les « tubes » du répertoire classique. On ne sait pas s’il faut rire ou rester bouche béé. Étrangement, et probablement comme ils le souhaitaient avec ce spectacle, ils mettent la musique classique en valeur en exposant brutalement ses beautés, en créant une frustration de ne pas en entendre plus.

Et finalement tout y passe: le classique mais aussi la musique contemporaine, les chants traditionnels à consonances russes, orientales, grecques, la musique country. Sans oublier la pop, lorsque Rachmaninov se transforme sans crier gare en « All by myself » de Céline Dion, ou lorsque James Bond s’insinue entre les portées de Mozart. Déguisements à l’appui, ils nous composent aussi une douce mélodie, un rap, un hard rock, comme si un indécis avait pris les commandes d’une infinie playlist sans limite de genre, d’époque ni de style. 

Un lancement de saison explosif!

Retrouvez un avant-goût des prochains spectacles au Rosey Concert Hall dans L’Agenda n°75 ou sur notre site internet

Nostal’geek – un air de nostalgie sur une mélodie éducative

Un magnifique concert qui m’a permis de revivre des souvenirs d’enfance et de constater, une fois encore, la magie insoupçonnée qui se cache au sein de la musique classique. « Mais, jeux vidéo et musique classique? Ce sont deux mondes complètement différents! » Diront certain·e·s. Eh bien qu’ils se détrompent, car nombreux·ses sont les grand·e·s compositeur·trice·s qui se cachent derrière les créations musicales du domaine vidéoludique, tels que Nobuo Uematsu (Final Fantasy) ou Jeremy Soule (The Elder Scrolls IV et V).

Texte: Christelle Bujard

En arrivant au BCV Concert Hall, que je découvre pour la première fois, je suis accueillie par une équipe chaleureuse et sympathique. Je vais prendre place dans cette petite salle assez cosy, où les spectateurs·trices sont installé·e·s à plein pieds et situé·e·s assez proche de l’orchestre, ce qui rajoute une dimension intimiste au spectacle et développe l’idée que la musique classique est à la portée de toutes et tous. C’est avec une petite surprise que j’observe la salle se remplir de « très jeunes » spectateurs. Mon interrogation reçoit très vite une réponse, il s’agit d’un concert organisé dans le cadre de « Musique entre les lignes », programme de l’HEMU.

Musique entre les lignes. BCV Concert Hall – Flon. Conservatoire de Lausanne. Photo d’Olivier Wavre.

« Musique entre les lignes » est un projet qui vise à faire découvrir la musique classique et actuelle au public, et en particulier au jeune public, pour qui ce domaine n’est que peu, voire pas du tout familier. Chaque année depuis 2014, l’HEMU met en place cinq cycles de concerts. Pour la saison 2017-2018, elle a prévu pour la première fois des représentations dans les cantons de Fribourg et du Valais.

Je me suis donc rendue à la dernière représentation de cette saison 2018, qui avait pour thème la musique de jeux vidéo. Encouragé·e·s par le chef d’orchestre, M. Thierry Weber, les musicien·ne·s ont profité de l’installation de chacun·e pour mettre un peu d’ambiance, en nous faisant patienter avec une musique d’ascenseur très connue.

Puis, le spectacle commence sur un air de Super Mario Galaxy, que plusieurs enfants reconnaissent sans soucis. Le spectacle prend un tournant éducatif et le chef d’orchestre présente le concept du show, en commençant par nous parler des premiers jeux vidéo, avec l’emblématique Pong. S’en suit une musique de Candy Crush, pour nous illustrer l’une des utilisations de la musique dans les jeux: mettre une certaine ambiance sans perturber le joueur, concept qui se retrouve, par exemple, dans les jeux de sports.

Musique entre les lignes. BCV Concert Hall – Flon. Conservatoire de Lausanne. Photo d’Olivier Wavre.

Tout au long du spectacle très vite devenu interactif, M. Weber fait participer les enfants, éveillant leur intérêt à la musique classique par le biais de leur loisir. Ils/elles sont ravi·e·s de répondre aux questions, de deviner de quel jeu vient quelle musique ou s’il s’agit du thème d’un personnage. Tout y passe, Zelda, Sonic, Final Fantasy, Tetris et nous terminons le spectacle sur Mario Kart, où quelques enfants ont la possibilité de jouer le temps d’une course, pendant qu’un·e musicien·ne les accompagne, installé·e auprès d’eux, afin de leur faire vivre l’expérience des bruitages au plus près.

Au final, la dimension découverte de ce spectacle m’a totalement convaincue. J’ai trouvé le projet fabuleux et j’admire M. Weber et Mme Schmidt, la responsable de production pour qui cette saison était la dernière, d’avoir mis en place ce programme qui permet de transmettre la culture et de faire découvrir dès le plus jeune âge ces domaines souvent jugés inaccessible à tort.

www.hemu.ch

 

Cinquième réalisation pour The Music Video Contest

The Music Video Contest est un concours pluridisciplinaire imaginé par Mei Fa Tan, réalisatrice free-lance. Depuis 2013, elle propose aux musiciens de soumettre un titre via la plateforme musicale suisse Mx3, avec à la clé la réalisation d’un clip. Le concept tient d’une collaboration de la cinéaste avec des techniciens du cinéma, des musiciens, des chorégraphes, ainsi qu’avec le festival Les Hivernales à Nyon qui propose au vainqueur une place dans sa programmation.

Backstage du tournage. Photo: Anne Gerzat

Cette année, parmi 90 candidats, c’est l’artiste Fabe Gryphin, « songwriter des temps modernes » comme il se décrit lui-même, qui remporte The Music Video Contest. Son nouvel EP « Pain » est un projet hybride aux influences hip hop, soul, rock, electro et du monde jazz des musiciens dont il s’entoure. De là est tiré le titre « PTTFLR » pour lequel Mei Fa Tan a réalisé une vidéo.

Un espace confiné, un contre-jour, des mouvements et un visage expressifs alternant agitation et calme soudain: difficile de ne pas penser à « Chandelier » de Sia devant l’ambiance et la chorégraphie de Pauline Raineri (de la compagnie genevoise Wave) exécutée par la jeune Shayna Vernacchio. La narration est toutefois développée autour des sentiments que le personnage de la petite fille exprime à son grand-père, tous deux dans l’incapacité de sortir. La caméra qui se balade dans l’espace, dynamisant les gestes, permet aussi de voir Fabe Gryphin interpréter le morceau.

Découvrir la vidéo: Fabe Gryphin – PTTFLR (The Music Video Contest)

Découvrir Mei Fa Tan                                                                                             Découvrir Fabe Gryphin

Texte: Katia Meylan

Gweebit PROD: Une créativité pleine d’humour et de bienveillance

Martin Ashton-Lomax et Jocelyn Kagina sont membres du collectif DON FOOWOO et vous invitent le 2 mars, au café Les Volontaires (GE), pour le « vernissage spectaculaire » de leur nouvel album « DE LA SOUL« , publié aux éditions FAITMAISON.

Texte: Gauvain Jacot-Descombes
Illustrations: Gweebit PROD

La pochette du CD rappelle clairement la couverture des ouvrages de la « Blanche », la grande collection de littérature et de critique française de Gallimard. Lors de ce vernissage, les deux créateurs vous proposeront un évènement. Une séance de dédicace durant laquelle ils interprèteront chacun un personnage. Le premier est l’auteur Cosmopolite et le second l’auteur Explorateur. Ils présenteront au public leur ouvrage récompensé par le Prix Pariétal 2018.

Véritable synecdoque, ce prix unique, fictif et auto-décerné se nomme d’après une partie du crâne, l’os pariétal, pour signifier avec humour et bienveillance un tout, les grosses têtes, les auteurs, les intellectuels, incarnés par leurs personnages. On notera que dans leur album résolument superficiel en apparence, M. Ashton-Lomax et J. Kagina ont su combiner astucieusement plusieurs disciplines en mêlant humour, jeu, littérature et musique contemporaine dans une œuvre sincère et authentique dont les thèmes tournent autour de la diversion, de la sublimation en passant par la manducation. Vous l’aurez compris, ces prospecteurs de l’humour recherchent inlassablement des prétextes pour parcourir l’univers des possibles humoristiques. Lors de cet évènement, le vernissage de leur album, le sérieux, l’intellect et la consécration dissimuleront le véritable motif d’une action, le rire. Mais de quel genre de rire parle-t-on?

Lors de notre rencontre, ils nous ont décrit plus précisément leurs références. La première c’est Fluxus, un mouvement d’art contemporain des années 1960 présent dans les arts visuels, la musique et la littérature. Ce mouvement s’illustre notamment par la réalisation de concerts, la tenue d’évènements, la production de livres, autant de manifestations dans lesquelles l’humour occupe une place centrale. Leur seconde référence réside dans l’œuvre d’Andy Kaufman, un humoriste américain ayant vécu dans la seconde moitié du 20e siècle qui pratiquait une forme d’anti-humour, d’humour absurde et surréaliste.

Puis, nous avons abordé la composition musicale de leur album. Leur univers musical s’inscrit très largement dans la musique libre de droits. Ils précisent « ce que nous éditons est destiné au domaine public et est fabriqué soit avec des éléments du domaine public, soit avec nos propres banques de son ». En ce qui concerne « DE LA SOUL », la composition sonore est centrée autour de voix. « Il n’y a pas de chant mais des voix, pas de paroles mais des mots prévus à l’origine pour sonoriser un jeu vidéo de combat ». Le résultat donne des atmosphères amusantes, étranges et plaisantes. Vous pourrez voir ces jeunes créateurs atypiques en action le vendredi 2 mars, au café Les Volontaires (GE) à 17h.

La page du projet:                                                     La page Facebook:
gweebitprod.neocities.org/delasoul                 www.facebook.com/GweebitPROD

Boris Vian au Loup: On est là pour y (re)prendre plaisir!

Deux ans après sa première, le cabaret hommage à Boris Vian réinvestit ces jours le Théâtre du Loup, à Genève. La fête continuera jusqu’au 4 mars.

Photo: Elisa Larvego

Petit cocktail de bienvenue pour les quelques fortunés attablés au premier rang, un standard de jazz interprété par Boris Vian et ses frères en guise d’introduction et « boum! » La formation n’a pas une « pinute à merdre » : le be bop et Une bonne paire de claques réveillent le public et donnent le ton pour la suite, une immersion de 1h50 dans cet univers de contrepèteries, de burlesque et de paroles cinglantes à travers vingt chansons du jazzman aux mille casquettes.

Loin des caves enfumées du Saint-Germain-des-Prés des années 50, le cabaret pensé par Eric Jeanmonod apporte des touches actuelles à des morceaux qui, à nos oreilles contemporaines, pourraient déranger. Fais-moi mal, Johnny prend ainsi un air effronté à la voix de Céline Frey (alias Lyn M) et aux arrangements de Simon Aeschimann.  Et ce, tout en gardant l’esprit swing et rock.

Sont remarquables aussi, en même temps, leurs versions de morceaux beaucoup plus atemporels: le percussionniste Sylvain Fournier et Jocelyne Rudasigwa à la contrebasse émeuvent la salle avec un Déserteur poignant, puis mordant dans sa deuxième version, introduite par Aeschimann et le crooner Ernie Odoom grimés en punks. Une mise en scène mettant en évidence l’antimilitarisme latent de la chanson, qui n’avait d’ailleurs pas séduit tous les publiques à sa sortie, en pleine guerre d’Algérie. Aujourd’hui, l’ensemble de la salle est conquis. Il s’agit des presque seuls instants de quiétude pour une audience qui chantonne, applaudit, sautille et en redemande du début à la fin. 

www.theatreduloup.ch

Texte: Samanta Palacios