La vue est belle, du haut des temples de l’Asse

Pour apprécier la diversité de ce festival mythique, on se doit tout de même d’explorer l’enceinte du lieu, afin de découvrir les merveilles que cette édition nous réserve. Et cette année, le Village du Monde en met particulièrement plein la vue avec ses constructions pyramidales à l’image des temples Mayas. Vous l’aurez deviné, c’est cette fois l’Amérique centrale qui est à l’honneur. Voici le bilan de mercredi soir.

Photo: C. Brechbühl.

Texte: Chloé Brechbühl

Juien Doré.
Photo: A. Colliard.

Après avoir longuement profité de la vue surplombante qu’offre ces trois géantes de métal et dégusté les nombreux plats d’Amérique centrale proposés, il est quand même temps d’aller voir/écouter quelques concerts. Mercredi, c’est les Pixies qui ont ouvert les festivités de la Grande Scène, devant une foule relativement calme, que les solos de guitare n’ont que peu émoustillée. Dans une ambiance bon-enfant et familiale, Julien Doré s’est produit en milieu de soirée à la scène des Arches. Excessivement heureux de revenir au Paléo, le chanteur a réussi à faire affluer un nombre impressionnant de festivaliers-ères à son concert. D’humeur aux confessions, il a annoncé avoir soufflé sa 35ème bougie très récemment, ce à quoi le public a réagi tout naturellement en lui chantant un traditionnel «Joyeux Anniversaire».

Suite à cela, moment le plus attendu de la (ma?) soirée, les talentueux canadiens d’Arcade Fire ont effectivement mis le feu à la plaine de l’Asse, avec un concert en grande pompe. Pour la toute dernière représentation de leur tournée mondiale, les musiciens-nes s’en sont donné à cœur joie. Roulades sur la scène et grandes envolées sauvages ont conquis le public, qui chantait les chœurs à tue-tête. La fine pluie qui commençait à tomber pendant la deuxième moitié du concert n’a même pas perturbé l’assemblée, subjuguée par les mélodies envoutantes d’Arcade Fire. Un beau moment de partage qui s’est terminé trop vite, malgré l’entrain du public qui demandait un deuxième rappel.

Le chanteur d’Arcade Fire.
Photo: B. Soula.

Fredonnant encore le refrain de «Wake up», la direction la plus logique à prendre semblait alors celle de la scène des Arches, où l’électro contemplative de Rone s’apprêtait également à charmer l’audience. Devant un décor dystopique pourtant coloré, la foule s’est déchaînée sur les sonorités douces et synthétiques du DJ français. Après s’être déhanché sur ces beats électro, un tour au camping s’imposait pour explorer la face cachée du Paléo: le festival off du Pal’Asse. Enivrés, les campeurs-ses et autres visiteurs-ses prenaient part au karaoké grandeur nature des bars environnants. La soirée s’est finie en beauté sur les airs de «On ira tous au Paradis» de Michel Polnareff. Au paradis on irait peut être, mais pour le moment, il fallait surtout aller au lit.

 

Le mini micro-trottoir: Nicola, 25 ans, campeur aguerri
  • Tu en es à ton combientième Paléo? «Douze ou treizième!»
  • Quel est le concert dont tu te réjouis le plus? «Jamiroquai: j’ai trop envie qu’il fasse les vielles chansons, les vieux tubes des années 90-2000. »
  • Et celui dont tu t’en fiches? «Black M. J’en ai entendu parler et ça a l’air vraiment nul.»
  • Ta découverte musicale de la soirée? «Petit Biscuit c’était cool, même si on a pas pu rester longtemps parce que beaucoup de monde se mettait en place pour les Red Hot
  • Est-ce que tu peux nous présenter tes peluches (trônant sur les frites)? « Alors on a Philippe, c’est notre petit singe. C’est la mascotte. On a aussi Sébastien de la Petite Sirène, mais comme il était trop lourd il faisait pencher la frite. Alors du coup on l’a remplacé par Petit Pouce, qui est un petit pouce. On a encore Arlo (Arnaud ?) le dino.»

Un incipit ‘in medias res’ au Paléo

L’incipit, c’est le début d’une histoire, les premières phrases du premier chapitre. In medias res veut dire en latin «au centre des choses». Comme l’exprime le titre, cette 42ème édition du Paléo a placé directement ses festivaliers-ères au cœur de l’action, avec une ouverture enflammée mardi soir à Nyon.

Texte: Chloé Brechbühl

Photo: C. Brechbühl.

Sous un soleil de plomb, la plaine de l’Asse s’est remplie au fil des heures pour atteindre vers 22h son plein potentiel de spectateurs-rices, convergeant peu à peu vers la Grande Scène dans l’attente des célèbres Red Hot Chili Peppers. Peu envieux de faire languir son public, le groupe a même débuté son concert avec de l’avance, devant une foule conquise dès les premières notes.

Le chanteur des Red Hot Chilli Peppers.
Photo: L. Flusin.

Animés d’une énergie débordante malgré l’heure relativement tardive, les rockeurs californiens ont transmis leur motivation au public pourtant un peu timide au départ, et les ondes positives de ces riffs ensoleillés se sont propagées de part et d’autres de la colline faisant face à la Grande Scène. L’émotion semblait particulièrement forte dans la foule durant les hits les plus atemporels du groupe américain, qui ont probablement marqué la prime jeunesse de plus d’un-e festivaliers-ères.

Mais revenons un peu en arrière, car les concerts précédant cette tête d’affiche pimentée méritent eux aussi d’être mentionnés: En début de soirée, les anglais de Foals – programmés sur la Grande Scène – ont tenté tant bien que mal de transmettre leur énergie à un public quelque peu léthargique et trop éparse au vue de la qualité de leur prestation. Si leur concert était un sans faute selon mon appréciation subjective, la foule n’a pas eu beaucoup de répondant face à leur rock sauvage et leur riffs puissants qui mêlent électro, pop, rock et blues. Le groupe a semblé malgré tout prendre du plaisir à se produire pour la deuxième fois au Paléo.

Le chanteur des Foals.
Photo: L. Flusin.

Peu après, c’est le (très) jeune génie de l’électro Petit Biscuit qui tentaient de s’apprivoiser l’audience de la scène des Arches, avec des mélodies planantes qui ont semblé bercer la foule. Le jeune français a captivé son public quelques instants, avant de voir peu à peu la masse se diriger vers la Grande Scène avant même la fin de son set. Il a en effet choisi de jouer assez rapidement son morceau le plus connu, «Sunset Lover», suite à quoi beaucoup de spectateurs-rices se sont sentis suffisamment satisfaits pour le laisser à son sort et aller prendre une bonne place pour l’événement de la soirée (et même pour certains-es, de la semaine), soit le concert des Red Hot Chili Peppers.

Petit Biscuit.
Photo: A. Colliard.

Une fois le paroxysme de ce mardi soir atteint et dépassé, les festivaliers-ères les plus raisonnables se sont dirigés-es vers la navette ou le parking pour rejoindre leurs pénates, alors que les plus insouciants-es se sont accordés-es le luxe d’errer dans l’enceinte du festival à la recherche d’une potentielle découverte musicale, et beaucoup se sont dirigés à la scène des Arches pour danser au son de l’électro chill-wave du niçois Møme, qui a clos (dans mon cas du moins) cette première nuit Paléotienne avec brio.

 

Le mini micro-trottoir: Thanh-an, 25 ans, festivalier d’un soir
  • Tu en es à ton combientième Paléo? «Le troisième.»
  • Quel est le concert dont tu te réjouis le plus? «Les Red Hot
  • Et celui dont tu t’en fiches? «TaxiWars (un peu au hasard).»
  • Ta découverte musicale de la soirée? «Foals
  • Est-ce que tu peux nous donner ta phrase culte de ce Paléo? «[Quand on quitte prématurément un concert pour aller en écouter un autre] on sait ce qu’on perd mais on ne sait pas ce que l’on gagne».

 

Les mille et une facettes de l’Orient

S’ils font souvent l’actualité pour des raisons tragiques, les pays empreints de culture orientale ont longtemps été rêvés par les peintres et les poètes occidentaux. Alors synonyme de sensualité, d’évasion, de liberté, l’Orient pâtit aujourd’hui d’une image ternie par de nombreux conflits. Entre l’idéalisation issue du fantasme et les déformations véhiculées par la peur, la Fondation Pierre Arnaud pose un regard original sur les multiples « Visages de l’Orient », exposition à découvrir à Lens jusqu’au 29 octobre 2017.

Texte: Kelly Lambiel

Depuis de nombreuses années, Micheline Centlivres-Demont et son époux Pierre, tous deux ethno-anthropologues, parcourent le Moyen-Orient, lieu sacré des trois religions monothéistes, berceau de l’écriture, mais aussi la Perse, le Maghreb ou l’Inde pour étudier le monde musulman. Dans les souks et les bazars, à la sortie des mosquées le vendredi, on raconte l’Islam aux foules qui ne savent pas lire à l’aide de lithographies populaires présentées à même le sol ou accrochées sur des fils, entre deux images de chalets suisses ou de sportifs célèbres; elles sont aujourd’hui pratiquement introuvables, retirées de la vente, interdites. Depuis les années 60, celles-ci ont été précieusement collectionnées par le couple qui dit avoir fini par « se prendre au jeu » et en détient désormais plus de 1600 dont 160 sont présentées à Lens. Sur ces affiches apparaissent les principaux acteurs du Coran comme le Prophète Mahomet, son cheval sacré Al-Burâq, son gendre Ali ou encore le grand guerrier de la bataille de Kerbela, Husayn. D’autres sont consacrées aux lieux saints, aux martyrs, héros et défenseurs de la foi musulmane ainsi qu’aux récits et légendes du monde oriental.

L’arche de Noé; l’étendard porte la profession de foi. Le Caire.  © Pierre et Micheline Centlivres

Étonnement, ce ne sont toutefois pas là les seules thématiques abordées. Certaines images présentent aussi des personnages et des scènes bibliques issus de l’Ancien Testament, chapitre commun aux trois religions. Elles mettent en valeur la filiation du Prophète à l’aide d’impressionnants arbres généalogiques dans lesquels on retrouve Abraham, Moïse et même Jésus. Enfin, il est intéressant de mettre en évidence le rôle qui semble être accordé à la femme. Cette dernière, souvent représentée en prière, est perçue et mise en avant en tant que guide spirituel et garante de la foi. C’est elle qui, en initiant ses enfants, transmet les valeurs de l’Islam aux générations à venir.

Femme en prière devant la Ka’ba et la mosquée de Médine. Lahore. © Pierre et Micheline Centlivres

Si, au premier abord, ces affiches frappent surtout par leurs couleurs vives et un coté kitsch qui leur confère toutes un air de ressemblance, elles dévoilent une facette de l’Orient – qui se révèle ici pluriel – souvent ignorée de l’Occident. En Iran, on découvre le visage de Mahomet, alors qu’il est interdit de le portraiturer dans d’autres pays; en Egypte les images du Christ destinées aux coptes côtoient des calligraphies de versets coraniques chéries par les musulmans; enfin on trouve des portraits de femmes plus ou moins voilées selon que l’image provienne du Lahore, de l’Inde ou du Pakistan. Pour produire ces représentations, certains graphistes formés aux Beaux-Arts obéissent aux codes du réalisme alors que d’autres réalisent des collages qui défient les lois de la perspective et de la proportionnalité en privilégiant une esthétique plus abstraite, symboliste, plus apte à représenter le sacré. Ces affiches témoignent non seulement de l’importance de l’image et de l’art dans le monde musulman, prétendument iconophobe, mais aussi de la richesse des échanges culturels entre l’Orient et l’Occident. Il n’est pas rare en effet, lorsque l’on observe les détails, de repérer des motifs bien connus en Europe ou aux USA, notamment chez l’artiste pakistanais Sarwar Khan. Ainsi on peut voir Saddam Hussein monté sur le cheval de Napoléon peint par David (il porte même les mêmes bottes!) ou faisant le signe de la victoire à l’image de Churchill ; un enfant ayant les traits identiques au Samuel de Reynolds ; le commandant Massoud en Rambo et même les Marines américains de « raising the flag on Iwo Jima » de Joe Rosenthal relookés, faisant office de moudjahidines. Dans cette première partie de l’exposition c’est donc l’Orient vu par et pour l’Orient qui vous est présenté, authentique, sans artifices, méconnu.

Al-Burâq aux ailes ocellées. Sur fond de ciel étoilé, dans un décor cachemirien. Lahore. © Pierre et Micheline Centlivres

La deuxième partie de l’exposition se concentre sur ce que l’on nomme al-fann al-hadith, autrement dit l’art moderne. Dans un premier temps, l’art oriental semble très marqué par les grandes écoles européennes telles que l’orientalisme. Plusieurs tableaux issus de ce courant ayant influencé les premières générations d’artistes égyptiens, tunisiens, libanais ou syriens sont donc présentés. C’est ici le regard porté par les occidentaux sur l’Orient, mais aussi celui de l’Orient posant sur lui-même un regard emprunté à l’Occident qui sont donnés à voir. Mais pas seulement, puisque les peintres orientalistes ainsi que les orientaux, à l’image des égyptiens Mahmoud Mukhtar ou Yusuf Kamil, délaissent peu à peu les fantasias érotiques de l’Orient déshabillé pour favoriser la représentation de scènes typiques de la vie paysanne, considérée comme plus authentique. Enfin, une place considérable est accordée à l’art contemporain et met en avant la richesse de la scène arabo-contemporaine en présentant des artistes qui se refusent à abdiquer face à la terreur et défendent leur amour de la beauté.

©  Loulou d’Aki et Agence Vu

Comme l’a écrit un poète anonyme sur un mur de Beyrouth « l’Orient ne veut pas mourir », et cette exposition nous montre bien qu’il possède encore de nombreux trésors à dévoiler…

Que le dessin soit avec toi

L’exposition « Star Wars: Tel est ton dessin » nous fait découvrir comment le phénomène Star Wars s’est emparé du monde de la presse.

Texte et photo: Evelyn Sequeira

C’est lors d’un beau dimanche ensoleillé que je me rendis à Morges afin de découvrir la fameuse exposition « Star Wars: Tel est ton dessin » à la Maison du dessin de presse, et ce beau temps n’a pas empêché quelques fans curieux d’aller visiter cette exposition.

« Star Wars: Tel est ton dessin » célèbre les 40 ans de la sortie du premier film de la saga intergalactique crée par George Lucas d’une manière originale. En effet, l’exposition réunit 80 dessins ayant pour thème l’univers Star Wars.

À travers l’exposition, nous voyons comment l’univers de George Lucas a inspiré les dessinateurs helvétiques mais aussi ceux du monde entier. L’exposition commence par un test: à travers plusieurs rébus dessinés par l’artiste Zep, il faut deviner des répliques culte et des personnages de la saga. Passé ce petit jeu, nous commençons la visite de l’exposition qui est divisée en plusieurs thèmes. Celui de la politique occupe le plus grande place, car Star Wars n’est pas seulement une série de films, c’est un vrai phénomène de société et les dessinateurs ont su comment s’en servir. Nous voyons ainsi comment l’actualité a été présentée à la sauce Star Wars durant plusieurs années et encore aujourd’hui.

« TrumpVader », Swen

Entre un Dark Vador militant pour les droits LGBT avec un sabre laser aux couleurs de l’arc-en-ciel, un Donald Trump arborant le costume du célèbre méchant ou encore la taxe sur les robots proposée par Benoît Hamon lors de sa campagne présidentielle (faisant évidemment mourir de peur C3-PO et R2D2), le film permet presque toujours de lier son univers à des événements d’actualité. Après la politique, c’est le contexte économique de la saga que les dessinateurs ont voulu aborder. Ainsi le rachat de LucasFilm par Disney n’est pas passé à côté du crayon des artistes, et nous trouvons une princesse Leia dont les fameuses tresses ressemblent étrangement aux oreilles de Mickey.

« Starwars mania », Tartrais

 

C’est ainsi que l’exposition nous permet de voir et de comprendre à quel point ces films ont eu un impact sur le monde. Que l’on soit fan ou non, nous connaissons certainement tous les moments culte de cet univers (« Je suis ton père », « que la Force soit avec toi », etc.). « Star Wars: tel est ton dessin » est à découvrir jusqu’au 13 août à la Maison du Dessin de Presse à Morges.

www.maisondudessindepresse.ch

L’Agenda au off

En longeant les quais, j’ai l’impression d’avoir un mp3 en mode lecture aléatoire. Lorsqu’on se balade la musique dans les oreilles, on dit souvent que l’on a l’impression d’être le personnage principal d’un film. Là je partage la musique de tous, et nous sommes de nombreux (vraiment nombreux!) personnages dans le film. Comme Montreux sent la légèreté! Des sourires volent entre artistes et passants qui deviennent spectateurs. Puis il y a The Pirouettes, qui font se déplacer une petite foule dans la Lisztomania, malgré l’appel de la brise et du lac.

Texte: Katia Meylan

Entre notre arrivée sur les quais et le moment où l’on entre dans la salle, nous passons d’un monde à l’autre: après quelques douces compositions d’Alice Hills (Berlin), place à des cuivres funk juchés sur un bateau qui font danser le public resté à quai aux côtés de Freddie Mercury. Sous le marché couvert, des tambours chorégraphiés et une danse traditionnelle coréenne. Plus loin, un artiste de rue en robe de flamenco, un duo de didgeridoo, un petit intermède rock et des violons qui rendaient hommage à Michael Jackson.

Photo: Katya Tskhovrebov

Cela, l’attrait des derniers rayons sur le lac, et, il faut admettre, l’appétissante nourriture qui s’aligne le long des quais, – car nous ne vivons pas encore uniquement de musique et d’eau fraîche – nous font arriver à la Lisztomania pile à l’heure pour The Pirouettes.

Photo: page Facebook du groupe The Pirouettes

En quatre ans, Vickie Chérie et Leo Bear Creek ont eu le temps de se faire connaitre, de composer encore, de voir croître le nombre de leurs fans. En premier lieu, c’est la nostalgie qui ressort de leur univers, qui transparait dans leurs textes tous en français. Le synthé et les sons électroniques dominent et rappellent les années 80.

Si justement leurs albums donnent dans la nostalgie, sur scène ils se montrent plus pêchus ! Ils sont chauds, et nous avons même eu le plaisir de voir le joli sourire de Vickie,qui se fait rare dans leurs clips. Le groupe a commencé jeune, et arbore toujours cette attitude détachée: deux lycéens libre et « cool » mais pour qui un soudain événement d’apparence insignifiante déclencherait une myriade de questions, une myriade de pensées transformées en texte. La mollesse apparente avec laquelle ils abordent leur talent les rend irrésistibles. Ils chantent à l’unisson, toujours à l’octave l’un de l’autre, une autre de leurs signatures.

Ayant sorti « Carrément carrément » à la fin de l’année dernière, ils jouent principalement les morceaux de ce dernier album, sans oublier toutefois leur succès « Un mec en or ». Le public enthousiaste leur réclame un encore en criant « Dernier métro »!, et le groupe revient nous faire danser sur cette chanson presque psychédélique qui absorbe « Marcia Baila » des Rita Mitsuko comme si de rien n’était.

The Pirouettes était l’un des cadeaux du Montreux Jazz que je souhaitais absolument voir. Mais qu’il est difficile de choisir je l’avoue quand un festival offre tout! Des artistes mondialement renommés à ceux qui sont encore inconnus, des salles mythiques aux espaces intimes open air dans un cadre incroyable.

Après deux semaines de festival, c’est bientôt fini, mais encore ce soir et demain pour en profiter!

www.montreuxjazzfestival.com/fr/programme

Peut-on raconter en musique?

Le Grand Théâtre de Genève propose deux contes musicaux de Sergueï Prokofiev menés tambour battant par le récitant Joan Mompart, l’Orchestre du Collège de Genève et le Grand Théâtre, pour le plus grand bonheur des enfants et des plus grands!

Texte et photo: Nastassja Haidinger

« Le bûcher d’hiver », dont la musique a été écrite sur un texte de Samouil Marchak, nous raconte l’histoire de jeunes enfants moscovites partis découvrir la campagne enneigée: le son des pistons et la fumée d’un train à vapeur, incarné par les allers-retours de Mompart sur scène, nous plongent très vite dans l’ambiance de leur départ. C’est le premier mouvement de la suite orchestrale, qui en comptera sept autres. L’aventure des citadins est narrée avant chaque mouvement par la voix et les déplacements du récitant (dont les mimiques éloquentes semblent faire leur effet auprès des jeunes spectateurs), au rythme des actions dont on se forme très vite en esprit des images caractéristiques – la neige qui tombe, les patins sur le lac gelé, le feu de camp qui crépite. Citons le passage agréable du chœur d’enfants (chœur de l’École des Pâquis) au moment où le groupe entonne un chant patriotique.

L’attrait particulier de ce concert réside toutefois dans la seconde partie, consacrée à « Pierre et le Loup ». L’idée est simple, et pourtant très efficace et originale: chaque personnage du conte est incarné par un instrument de l’orchestre. Si l’oiseau se réserve le son cristallin de la flûte traversière, le loup quant à lui préfère les accents plus ténébreux de trois cors, tandis que le grand-père de Pierre prête sa voix à un basson. Joan Mompart nous les énumère l’un après l’autre, pour familiariser les spectateurs aux sons qui s’apprêtent à tisser la trame du récit. Cette approche didactique permet d’initier les enfants à certains instruments de musique, mais elle est aussi un moyen pour nous, spectateurs un peu plus âgés, de nous laisser porter par chaque intermède musical, et d’imaginer à travers les thèmes propres à chaque personnage, le canard pris au piège par le loup ou la marche hasardeuse des chasseurs dans la forêt (comiquement mimée par Mompart). Un récit musical qui fait un parfait usage des spécificités de chaque instrument pour saisir le tempérament des personnages – une façon de raconter en musique –  dont le succès semble toujours au rendez-vous.

« Pierre et le Loup » et « Le bûcher d’hiver » à L’Opéra des Nations

Mardi 27 juin à 19h30
Mercredi 28 à 19h30

www.geneveopera.ch