Contractions

« Contractions » est une critique du monde du travail, du renoncement auquel certains arrivent pour garder leur situation professionnelle, de la société – nous laisse-t-elle vraiment le choix? Mike Bartlett, l’auteur de la pièce, est encore peu connu dans nos contrées. Traduite en français par une comédienne ancienne étudiante à l’Université de Genève, la pièce est jouée pour la toute première fois en Suisse romande.

Texte: Katia Meylan

L’action de la pièce, mise en scène par Elidan Arzoni, se passe entièrement dans un bureau, sur une durée de quelques mois. Une jeune employée est convoquée pour un entretien avec sa cheffe pour discuter d’un point très particulier dans le contrat: toute relation sexuelle ou amoureuse entre collègues doit être mentionnée à un responsable.

Clea Eden. Photo: Yann Becker

« Emma! Entrez. Asseyez-vous. Comment allez-vous? » « Tout va bien au bureau? » « Vous êtes tous amis? ». Le caractère répétitif de chaque début de scène amuse, d’abord. Lors des premières entrevues, Emma sourit, incrédule, et le public rit des questions indiscrètes de la manager qui sonnent comme une mauvaise blague.
Pourtant, le malaise s’insinue, et l’emporte rapidement sur l’envie de rire. Tout au plus un petit soupir nerveux lorsqu’Emma se retrouve obligée de donner une note à son plaisir sexuel ou de voir le père de son enfant muté à Kiev. Prise dans l’engrenage professionnel, elle est dépassée par le mobbing que la femme face à elle lui fait subir, qui reste elle-même transparente, sans aucune prise, ne laissant voir à travers elle que l’immense protocole absurde de l’ENTREPRISE.

Emma devrait se révolter! Oui, mais comme le lui fait remarquer la manager, dans le monde actuel, il est plutôt difficile de trouver un travail, enceinte qui plus est…
Au final, est-ce que l’on aurait fait mieux? Sur scène les faits sont poussés à l’extrême, mais le sont-ils tant que ça? Ce règne du travail et de la hiérarchie, n’a-t-on pas l’impression de le voir pointer le bout de son nez dans notre société?

Mariama Sylla. Photo: Yann Becker

La situation nous prend aux tripes. Les actrices sont impressionnantes chacune dans leur rôle. Mariama Sylla, avec son air faussement bienveillant, distille vite l’angoisse en nous, le sentiment d’impuissance devant une froideur bien paramétrée.  « Je l’aurais frappée », chuchote un spectateur. Clea Eden représente quant à elle parfaitement la jeune employée qui veut bien faire, prise au piège, avec ses grands yeux étonnés qui abandonnent peu à peu tout espoir.

Pour ces yeux, pour l’expressivité des comédiennes en général, on accepte le dispositif vidéo installé afin de les filmer en gros plan et de projeter les images sur un écran en arrière fond. Mais le léger décalage entre la réalité et la vidéo perturbe, et le regard est attiré plus souvent que l’on voudrait par la vidéo, contre le désir de s’ancrer au spectacle vivant.

Le texte brutal qui résonne en nous et le jeu des actrices font de cette pièce une œuvre marquante, à voir encore jusqu’au 21 mai au Théâtre Alchimic.

www.alchimic.ch

Drüüü, saison survoltée

La troisième saison du POCHE / GVE a été dévoilée hier soir par son directeur mAthieu Bertholet. Certes le théâtre ne compte pas énormément de place comme son nom l’indique, mais il est tout de même impressionnant de voir une présentation de saison qui fait salle si comble! Lorsque le directeur retrace la saison qui vient de se terminer, les rires fusent à l’évocation de certaines anecdotes. Le POCHE a ses habitués, continue d’en attirer de nouveaux, et les coutures ne sont pas prêtes de craquer!

Texte: Katia Meylan

Sous une pluie torrentielle, comédien-nes, journalistes et spectateur-trices arrivent de toutes parts pour prendre place devant une frontière de rösti. Qui a vite fait d’être détruite – au sens propre comme au figuré – pas l’enthousiasme de mAthieu Bertholet. Les paquets de röstis qui traversent la scène s’écroulent tout à coup comme des dominos sur un geste énergique. Peu importe, car l’un des principes de la saison est d’aller au-delà des frontières, des langues, en Suisse et par de nouvelles collaborations avec la France et la Belgique.

Cette année, le théâtre ne présentera que des productions signées le POCHE, avec des textes inédits. L’équipe prouve encore une fois son amour pour les textes qui chamboulent les habitudes. D’ailleurs, leur programme imprimé véhicule lui aussi l’idée de remise en question: décliné au féminin plutôt qu’à l’habituel masculin pluriel englobant toutes et tous, ou au politiquement correct « langage épicène », il joue aussi avec la ponctuation et les formes.
La seule pièce à ne pas être une création du POCHE est « 4.48 Psychose » de Sarah Kane, qui sera présentée en ouverture de saison dans le cadre de La Bâtie-Festival de Genève. mAthieu Bertholet – ici en metteur en scène – nous dit qu’il restera proche de la version de la pièce avec Isabelle Huppert. Il souhaite, grâce à ce classique contemporain, mettre en relief les créations originales qui suivront. En quelques années, un texte contemporain peut devenir un classique, rappelle le directeur.

La dramaturge de saison cette année nous est présentée: Marina Skalova. Elle a traduit la pièce de Katja Brunner « Ändere den Aggregatzustand deiner Trauer », à laquelle elle donne en français le titre de – accrochez-vous, c’est même plus difficile à retenir qu’en allemand – « Change l’état d’agrégation de ton chagrin ou qui nettoie les traces de ta tristesse », qui sera jouée du 23 avril au 13 mai 2018. Cette pièce un peu folle a pour point de départ un fait divers, le suicide d’un enfant de 11 ans. Le texte interroge, tout en étant décalé et dôle. Comment aurait-il pu savoir, lui, que la mort n’était pas définitive? Dans les jeux vidéo, on peut recommencer! Et son hamster, il est toujours remplacé par un autre!
Marina Skalova s’attellera à l’écriture d’une pièce, ainsi qu’à un carnet de bord qui relatera la saison au POCHE.

« Bois Impériaux », écrit par Pauline Peyrade, dramaturge de la saison précédente, sera présenté du 19 février au 11 mars 2018. Notons que le texte a été repéré par France Culture.

Si l’on continue à aller dans le désordre, le début de la saison jusqu’en janvier sera fait de Sloops, c’est-à-dire de plusieurs pièces réunies pour une caractéristique commune, jouées en alternance. Le premier Sloop nommé « murmures » tourne autour du « JE » qui s’affirme, exprime « l’univers intérieur d’un sujet aux prises avec ce monde ». Le second Sloop, « machines du réel » décortique les mécaniques de la société avec ironie et dérision.

Il y a tellement à dire sur le programme de cette année qu’au lieu de continuer mon article, je vous invite à vous rendre au POCHE et à le découvrir de vous-même. Et si vous voulez plus d’explications, allez-y le mardi, vous aurez droit à « l’intro du dirlo ».

poche—gve.ch

Une soirée étonnante et émouvante, à l’image des artistes de cette 5ème NAG-Night

Samedi dernier au Théâtre de Beausobre, les artistes des gymnases vaudois étaient sous le feu des projecteurs: comme depuis cinq ans, l’événement NAG-Night faisait honneur aux jeunes talents de toute la région.

Texte: Alise Ivan

Bo-M. Photo: Sigfredo Haro (La Côte).

Parmi ces nombreuses découvertes artistiques, le choix a dû être ardu pour les membres du jury. Après délibération, ils sont malgré tout parvenus à sélectionner leurs trois projets favoris, qu’ils ont récompensés avec différents prix: La chanteuse et comédienne Hanna Gorani du gymnase d’Yverdon a reçu le prix de musicalité, remis par la maison Boullard Musique. Hugo Carrard alias Bo-M, du gymnase de Nyon, a été récompensé par le prix de créativité pour saluer sa performance touchante et originale. Le prix de maturité artistique a quant à lui été décerné à une troupe de danseurs-ses de l’établissement Auguste-Piccard, le groupe ReMove.

ReMove. Photo: Alexia Leinhard.

Présentant tour à tour les artistes, l’animateur de Couleur3 et humoriste Yacine Nemra n’a pas manqué de divertir son public durant les intermèdes, en lui faisant, par exemple, prendre part à un «Qui Est-ce» grandeur nature.

The Diva Sensation. Photo: Sigfredo Haro (La Côte).

Le public, touché et impressionné par le niveau très élevé de ces dix-sept performances, a vu défiler des chorégraphies allant de la danse indienne à contemporaine en passant par du hip-hop, mais aussi des compositions originales de musiciens-nes solo ou de groupes, de la gymnastique rythmique ou encore un numéro de monocycle. Derrière tous ces projets, une véritable ingéniosité et une pulsion créative: les artistes voulaient exprimer des idées qui leur tenaient à cœur, le tout dans une atmosphère de partage débordante d’émotions et de sincérité. Par le biais de la musique, certains se sont livrés avec des textes traitant de sujets comme le suicide, l’isolation ou encore l’espoir. D’autres voulaient, au travers de leurs chorégraphies, dénoncer certains problèmes sociétaux tels que l’individualisme ou la perte d’humanité engrangée par notre mode de vie consumériste.

Des performances engagées donc, pour ces jeunes gymnasiens, qui n’avaient pas peur de se donner au maximum et ne semblaient guère impressionnés par leurs spectateurs pourtant nombreux, puisque quelque 700 personnes avaient fait le déplacement. Créativité, maturité, dévouement, et par-dessus tout talent étaient au rendez-vous. Une chose est certaine, la relève artistique est assurée!

Yann Le Marginal. Photo: Sigfredo Haro (La Côte).

« Cats » en tournée à Lausanne

Pour les amateurs de comédie musicale, la troupe londonienne est au Théâtre de Beaulieu jusqu’au 7 mai. Une production efficace et de haut niveau.

Texte: Cécile Python
Photos: Alessandro Pinna

Dans la pénombre, des paires d’yeux jaunes s’illuminent les unes après les autres. Alors qu’éclate la musique d’Andrew Lloyd Webber, des créatures hirsutes déboulent dans les allées pour nous entraîner au bal des chats: « Cats » vient de débuter au Théâtre de Beaulieu et ça commence fort. Dans un décor fantastique de terrain vague géant signé John Napier, la célèbre comédie musicale créée en 1981 à Londres va pouvoir se dérouler pour le plus grand plaisir d’une salle comble. Jouée dans le monde entier et récompensée de nombreux prix, la mise en scène originale de Trevor Nunn, longtemps directeur de la Royal Shakespeare Company, a été reprise en 2014 à Londres pour partir ensuite en tournée mondiale.

C’est donc en version originale surtitrée que le public de Beaulieu a pu assister au spectacle, contrairement à la production de Paris en 2015, où la même mise en scène avait été jouée en traduction française. Il faut avouer qu’entendre les acteurs dans leur langue maternelle a son charme, même s’il faut lever les yeux vers le surtitrage de temps en temps.

De toute façon, ce n’est pas vraiment l’action – minime – qui importe dans cette comédie musicale. En effet, celle-ci est vite résumée: une fois par an, les Jellicle Cats se réunissent autour de leur chef, le Vieux Deuteronomy, qui choisit parmi eux celui qui rejoindra la Felinosphère pour pouvoir renaître. Pas de quoi fouetter un chat et on peut se demander ce qui fait tenir le spectacle pendant 2h30. Basée sur des poèmes de T.S. Eliot, la pièce se constitue d’une suite de scènes au cours desquelles on nous présente chaque chat. Si elle ne contient pas tant de rebondissements, on y trouve une certaine poésie et des personnages attachants, tels que Gus, ancien chat de théâtre qui raconte ses gloires passées ou Macavity, le maître du crime, qui donne lieu à un superbe duo de chanteuses.

Macavity

Malgré quelques longueurs, le spectacle séduit car il est en grande partie basé sur la danse, qui prend le relais de l’action. Pas de dialogue étonnamment, seulement du chant et du mouvement ce qui se révèle très exigeant pour les interprètes qui assurent 2h30 de show. La chorégraphe Gillian Lynne a dansé dans de grandes compagnies de ballet avant de réaliser – entre autres – « Cats ». Sa chorégraphie qui recourt à plusieurs styles pour s’accorder aux divers personnages (classique, jazz ou encore claquettes) est sensuelle et joueuse. Elle se sert de mouvements vifs et précis pour figurer les chats. En dehors des danses de groupes, il y a tout au long de la pièce une gestuelle travaillée: souplesse, passages au sol, cambrures, yeux grands ouverts, gestes vifs de la tête, des mains et des pieds ainsi que des sauts, le tout stylisé évidemment. Seul bémol: elle a tendance à abuser des grands battements de jambe à une hauteur indécente. Cela demande des excellents danseurs capables encore de chanter malgré ce rythme haletant, ce que la troupe relève avec brio. La plupart des interprètes ont des parcours de haut niveau et ils nous servent la pièce avec énergie et précision. On sent en effet que la mise en scène est réglée au millimètre. Les effets spéciaux sont heureusement bien dosés et utilisés à bon escient. Enfin, on apprécie que la pièce déborde le 4ème mur et on profite que les chats viennent chanter nez à nez avec les spectateurs pour les admirer de près. Ainsi, toute la salle devient leur terrain de jeu et le public se laisse entraîner par la magie du spectacle.

www.theatredebeaulieu.ch/representation/spectacle/8012/cats 

Lausanne ART FAIR

Lausanne ART FAIR

Ce matin, les quelques huitante exposants de la Lausanne ART FAIR étaient encore affairés à disposer sur leur stand les peintures, sculptures, photos et céramiques qu’ils présenteront dès aujourd’hui jusqu’à dimanche 7 mai à Expo Beaulieu Lausanne. Ce soir à 18h aura lieu le vernissage, grand lancement de cette première édition de la foire internationale d’art contemporain en suisse romande.

Texte: Katia Meylan

Les organisateurs, de la société art3f, en sont à leur 54ème salon depuis leurs débuts à Mulhouse, où ils attendaient quelques milliers de visiteurs; trois ans plus tard ils en comptaient déjà 25’000. Depuis, de nombreuses villes en France et partout dans le monde ont souhaité accueillir le salon. Ce week-end c’est au tour de Lausanne de faire profiter de quatre jours d’art non seulement ses connaisseurs et amateurs, mais aussi tous les curieux, entre amis ou en famille. Ce qui différencie ce salon des grandes pointures en la matière telles qu’Art Basel ou Art Paris Art Fair, c’est son côté abordable. « Tout public » est même l’un de ses mots d’ordre. Ici on ne trouvera pas d’art « foutage de gueule » enrobé de théorie, ce sont des œuvres qui touchent, annonce le directeur  Serge Beninca. Ce dernier admet pourtant avec reconnaissance que si le salon a pu voir le jour à Lausanne, c’est aussi grâce à l’accord d’Art Basel, qui reconnaissait l’importance d’un festival plus accessible.

Accessible au niveau financier, puisque les prix des œuvres vont d’environ 1’000.- à 10’000. Cela reste un bel investissement, mais envisageable pour les visiteurs. L’acquisition d’une œuvre se fait car elle nous touche, pour l’art en lui-même plus que pour la spéculation, même si Serge Beninca est conscient que chacun espère que l’œuvre qu’il achète prendra de la valeur.
Accessible dans tous les sens du terme, puisque le salon accueille les familles, avec deux espaces de restauration, des concerts et un atelier peinture pour ses jeunes visiteurs. Pour ce qui est du style, on y trouve tant des galeries proposant des œuvres de Paul Signac ou Jean Cocteau qui raviront les collectionneurs, que de l’Art Brut ou du Pop art. Le comité de sélection n’a pas imposé de style, il évalue si le niveau est présent et si la gamme de prix entre dans l’esprit du salon.

Galerie Martine Ehmer

Les galeries exposantes ont pour la plupart déjà travaillé avec ART FAIR. Ce week-end, toutes sont européennes. L’idéal pour les organisateurs serait de pouvoir présenter à leurs visiteurs de plus en plus de galeries provenant du monde entier.

La Galerie Norty expose les œuvres de L’Homme Jaune, artiste algérien, qui ont la particularité d’être arrivées ici enroulées discrètement puis transportées par des passeurs. En effet, en dénonçant à travers son travail la condition des femmes, en abordant des thèmes comme le Coran ou la problématique des migrants, l’artiste est forcé de rester discret dans son pays.

La Foxx galerie, de Zürich, est quant à elle plutôt versée dans le Pop art. Sur le stand, un étudiant de l’ECAL, assistant de la galerie pour l’occasion, et Claudine Bandi, la propriétaire de la galerie. Elle nous explique qu’elle a choisi d’exposer huit artistes sur les 26 mètres à sa disposition. Parmi eux, la jeune Zürichoise Ona Sadkowsky dont les œuvres colorées dégagent une impression de fraîcheur, de confiance en soi.

Foxx Galerie

Nous avons également noté la présence des œuvres de l’artiste Clet Abraham, célèbre pour détourner les panneaux de signalisation routiers. Si au départ il se faisait arrêter pour cela, il a eu depuis des commandes de la Mairie de Paris, et l’on peut même suivre un parcours dans la ville de Florence, au fil de ses œuvres.

Galerie Marci Gaymu

De nombreux artistes seront présents pour rencontrer les visiteurs de Lausanne ART FAIR, et certains réalisent même des œuvres sur place. À la galerie Marci Gaymu, un artiste a déjà fixé des cartons au mur et préparé ses bonbonnes de peinture. Il nous dit qu’il espère finir son œuvre d’ici ce soir, « s’il ne pinaille pas trop ».

La foire commence dans une heure!

Jeudi  de 18h à 23h
Vendredi de 16h à 22h
Samedi de 10h à 20h
Dimanche de 10h à 20h

www.lausanneartfair.com

Effervescence sur le pont!

Mercredi dernier à la Grange de Dorigny dans le cadre du festival Fécule, Comédies Musicales UNIGE a présenté avec une folle énergie sa comédie musicale bateau, « Meurtres & Marinières ». Trois représentations sont encore prévues au Théâtre de la Cité Bleue à Genève en mai.

Texte: Katia Meylan

Le Fécule, festival des cultures universitaires, accueille chaque année les projets estudiantins les plus divers: théâtre dans toutes les langues, philosophique, absurde, musical, improvisé, concerts et ciné-concerts. Mercredi c’est une troupe genevoise qui a montré de quoi elle était capable avec sa création originale « Meurtres & Marinières ».

Après une brève introduction des membres de la croisière, le ton est donné par un cours d’aérobic coloré sur « Boogie Wonderland », qui rassemble les vingt-quatre comédiens-chanteurs-danseurs de la troupe.

Photo: Margaux Voumard

On entre dans le vif de l’histoire lorsque l’on apprend la mort de Madame Vieille, une vacancière assassinée durant la nuit. Le coupable se trouve forcément sur le bateau! Agatha Poivron, étudiante en criminologie à l’Université de Lausanne, compte bien faire valider ses crédits de Master en résolvant l’enquête.
La secrétaire de Madame Vieille a-t-elle à voir avec ce méfait? Bien qu’elle avoue que la nuit du meurtre elles ont toutes deux reached for the gun (« Chicago »), elle ne semble pas être la coupable. Est-ce alors la femme de ménage, qui travaillait pour la famille de Madame Vieille lorsqu’elle était adolescente et nous raconte nostalgiquement ses  Memories (« Cats »)? Le couple infidèle? La parano? Je ne vous révélerai pas le fin mot de l’histoire. Quoi qu’il en soit, les événements dramatiques n’empêchent nullement à l’équipage de présenter son spectacle de fin de croisière sur « Cabaret », avec un solo très charmant de l’une des comédiennes.

Photo: Margaux Voumard

Au départ, je n’étais pas sûre d’être conquise, peut-être à cause des interférences des micros et de l’humour facile – la détective Agatha Poivron, le couple Tristan et Iseut qui s’est rencontré dans « l’Amour est dans le pré », le Mousse qui organise les soirées mousses… C’est « Cell Block Tango » (« Chicago ») qui m’a fait chavirer. On imagine les heures de répétitions pour ce numéro abouti, autant vocalement qu’au niveau des chorégraphies et même des décors. Les performances de groupe en général contiennent une énergie rayonnante, et les comédiens communiquent au public leur réel plaisir d’être sur scène.

Si le spectacle compte des classiques de comédies musicales dont on ne se lasse pas, il y a aussi des surprises comme « Skyfall » de Adele, ou « Rich girl » de Gwen Stefani, avec un solo dynamique de la benjamine de la troupe et des danseuses reprenant les chœurs.

On ressort avec le sourire et, pour les plus enthousiastes, on se demande où il faut signer pour en faire partie l’an prochain!

La comédie musicale inédite sera rejouée, en entrée libre, du 6 au 8 mai au Théâtre de la Cité Bleue à Genève. https://www.facebook.com/events/206038199890924/
Quant au Fécule, il continue jusqu’au 6 mai. Une folle envie de philosophie, d’accent tessinois ou de costumes fluo? C’est à la Grange que ça se passe ! www.facebook.com/FestivalFecule