Petit Papa Noël : Bienvenue au chalet de la Marmotte heureuse

« Petit Papa Noël quand tu descendras du ciel, avec des jouets par milliers, n’oublie pas mon petit soulier … »

Adam, de nature naïf et enfant gâté, mène une vie tranquille sans histoire dans son chalet en plein milieu des montagnes. Eve, vive et sans scrupules ressemble à la femme d’affaire de nos jours où l’apparence de son image et l’argent sont au centre de ses préoccupations. Elle n’a qu’une seule idée en tête et ne lâchera pas le morceau. Elle doit vendre les jouets du 7ième ciel pour être sûr de recevoir sa prime de fin d’année.

Bien qu’Eve a besoin d’Adam et qu’Adam a besoin d’Eve, nous avons du mal à les voir se réunir. Et pourtant, de quiproquos en imbroglios, de malentendus en sous-entendus les deux amants se détestent et vont malgré tout devoir cohabiter ensemble plus longtemps que prévu. Même si lui est du style à prendre son temps et qu’elle n’en a pas à perdre, tous les coups sont permis pour arriver à leurs fins. Derrière la gentillesse de la marmotte se cache un manipulateur et sous les airs de la Princesse d’affaires se dégage une sensibilité particulière.

La conclusion du contrat est sans surprise et l’influence d’Eve sur Adam est littéralement effrayante. Finalement, on se fait tous influencer par les autres avec l’envie de plaire et montrer la meilleure partie de nous-même, mais à quel prix ?

Les dictons trop secs à mon goût ne m’ont pas permise de m’accrocher à cette comédie. Surement un peu rêveuse, je crois toujours au Père Noël. J’espère qu’il sera prudent, en forme et qu’il ne va pas prendre froid pendant sa distribution de cadeau.

Je n’ai plus qu’à nous souhaiter une heureuse année et que l’écriture nous rassemblera en 2015 !

Texte: Jenny Raymonde.

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The Hobbit

Pas besoin ici d’acheter trois tickets de cinéma et d’attendre deux ans pour voir se dérouler l’histoire du Hobbit sous nos yeux, au Centre Pluriculturel et Social d’Ouchy, du 18 au 21 décembre. Dans la pièce jouée par les Village Players et orchestrée par Daniel Gardini et Victoria Baumgartner (qui avait gagné le prix de la mise en scène pour A Streetcar Named Desire en 2012 au festival Friscènes), les péripéties de Bilbo, Gandalf et des treize Nains tiennent sur une scène, et en deux heures et demie. On a le temps d’apprécier certains passages, comme le premier très bon dialogue entre Bilbo et Gandalf qui fait sourire le public. Les deux scènes de bataille à l’épée sont rythmées et bien chorégraphiées, sûrement dû au fait que certains acteurs ont l’expérience des cascades de scène. D’autres passages sont au contraire expédiés : l’araignée est vaincue en quelques secondes –ce qui doit être une frustration pour la personne qui a intelligemment pensé le costume.

Tous les costumes sont travaillés, d’ailleurs: Trolls et Gobelins ont une identité visuelle bien définie, même s’ils n’apparaissent qu’un court instant, et l’entrée en scène de jeunes Elfes au physique avantageux a quelque chose de fascinant. Les Nains sont dotés d’une barbe et d’un fort accent français, tous deux plus ou moins d’origine selon les comédiens. Ils crient, renchérissent dans des grognements, entrechoquent leurs armures, prennent de la place… tels des Nains, ma foi assez réalistes ! On est content qu’ils n’aient pas laissé de côté le fait que dans l’œuvre originale de Tolkien, ils chantent à plusieurs reprises.

Petite préférence toutefois pour les scènes à deux ou trois personnages. La rencontre entre Bilbo et Gollum notamment est prenante, les deux étant superbement interprétés.

Texte: Katia Meylan.

Montreux: Vevey!

En marge du Montreux Comedy Festival, L’Agenda a passé son dimanche au bord du lac… pour le nouveau spectacle du duo gémellaire Steeven et Christopher.

15h, Théâtre de Poche de la Grenette à Vevey. Cette petite cave accueillante en sous-sol attend la venue du duo découvert grâce à l’émission « On ne demande qu’à en rire », Steeven et Christopher. En France, en Belgique ou en Suisse, la scène est leur terrain de jeux et ils ont présenté depuis 2012 deux spectacles, « The Twin Men Show » et « Duos ». « Ni l’un ni l’autre » est un fondu de ces deux premiers spectacles, réécrits pour la fusion. Du rythme, de la vanne, de la générosité: voici ce qui fait le succès des deux frères. À côté de numéros très techniques (imitations, gestuelle coordonnée, danse), ils savent également improviser et faire participer le public. Refusant de se définir par un type d’humour, ils sautent allègrement du « jeu de mot à la con » à la satyre politique, sous leur regard toujours plein de fraîcheur. On est bluffé face au duo Jean-Pierre Bacri/Fabrice Luchini, attendri par l’extraordinaire récit de leurs neuf mois de collocation dans le ventre de leur mère, cueilli quand ils nous font revivre la scène du baptême du petit Simba du Roi Lion. Quant au rappel,  c’est un véritable exutoire: quand Sarkozy et Carla Bruni se demandent si « le changement c’est maintenant » sur la mélodie de « Quelqu’un m’a dit », le public reprend le refrain et même la chorégraphie (un beau bras d’honneur!).

Après la représentation, les jumeaux rencontrent leur public dans le foyer du théâtre. L’Agenda en profite pour leur poser deux doubles questions:

C’était la première fois que vous jouiez ce nouveau spectacle en « province », comment ça s’est passé?

Steeven et Christopher: On est très content, c’était la première fois qu’on exportait ce spectacle après l’avoir créé à Paris il y a deux mois. On voit qu’il est transposable à l’étranger parce qu’il y quand même  beaucoup de références françaises. En plus le théâtre a une très belle salle, c’est petit, chaleureux, avec un public très proche de nous, des tartes aux pommes…

Vous faites également beaucoup de références suisses…

Toujours! À chaque endroit où l’on va on essaie de s’informer, surtout à l’étranger. On a une affection particulière pour la Suisse parce qu’à chaque fois qu’on vient on apprend une nouvelle petite expression. Cela nous amuse beaucoup parce que les expressions sont très drôles, et cela permet de nous familiariser avec le public. « Tout de bon », « ça joue bien »… ça nous éclate! Et puis avec la Suisse, il y a une identité très locale, très attachée aux traditions. Ça nous amuse d’autant plus de jouer avec ça, de confondre par exemple le lac de Genève et le lac du Léman, parce qu’on sent que ce sont des choses que les gens prennent à coeur. Quand le public est vraiment impliqué, c’est plus drôle.

Si vous deviez choisir entre le fromage et le vin suisse, ce serait quoi?

On n’a pas vraiment eu l’occasion de goûter de grands crûs suisses, et en France on a déjà de très bons vins. Par contre on a mangé de bons fromages, avec du caractère mais pas trop affirmé… définitivement le fromage!

Quel est votre Disney préféré?

Le Roi Lion! Comme dans le spectacle!

Photo: MSP

Photo: MSP

Texte: Marie-Sophie Péclard

Montreux: Soirée découverte

On continue notre pèlerinage au Temple de l’humour. Pour samedi soir, nous avons décidé de nous éloigner un peu des sentiers tracés et d’aller à la rencontre des nouveaux adeptes de la religion du rire. Alors que le Comedy Contest adoubait Laura Laune , gagnante de cette finale francophone, L’Agenda s’est rendu au sous-sol, dans devant la scène du Comedy Club, pour découvrir de nouveaux talents.

Le Comedy Club, c’est l’espace réservé aux artistes de la nouvelle génération. Le temps d’un sketch, ils nous présentent leur univers et leur personnalité. Venue en curieux, L’Agenda s’est laissé surprendre par l’originalité de certains participants, à l’image de Jeffery Jordan qui, avec son violon, brise avec élégance les codes du stand-up habituel. Les sujets restent traditionnels (couple, famille, travail) mais certains humoristes arrivent à sortir des voies tracées. On a particulièrement apprécié la folie de la pétillante Céline Groussard qui n’hésite pas à dissimuler son joli minois derrière un masque de catcheuse; sous ses airs de Blanche-Neige à la voix fluette, la demoiselle envoie du lourd et c’est assez jouissif. La petite comédie musicale de Mathias Pradenas, bien qu’un peu fragile par moment, séduit par son enthousiasme et sa sincérité: comment expliquer à ses parents, après son bac, que l’on ira pas à l’Université mais que l’on sera comédien?

Pierre Croce se distingue également par son aisance et son utilisation détournée du powerpoint et des nouvelles technologies. Le doudou d’Arnaud Maillard a quant à lui emporté le public:

 

Chapeau également à l’animation de M. Fraize. « Il fallait apprendre les noms par coeur parce que y’en a aucun de connus », commence-t-il pour présenter ses camarades: Christine Berrou, Pierre Croce, Jeffery Jordan, Céline Groussard, Guillermo Guiz, Kallagan, Arnaud Maillard, Fabien Olicard, Cathleen Rouleau, Mathias Pradenas, Sanaka et Freddy Tougaux. Chacune de ses présentations se révèle un sketch en soi, dan lequel éclatait toute la mauvaise foi de l’humoriste, ainsi que son talent pour les silences gênés et les expressions mimées.

Texte: Marie-Sophie Péclard

Montreux: ça commence!

Depuis jeudi, les bords du lac vibrent au rythme de l’humour. À Montreux, le 2m2c s’est transformé en fourmilière géante où grouillent spectateurs et humoristes. Mots d’ordre: vanne et rire. Échange gagnant. L’Agenda vous raconte.

Mais avant Montreux, passage par Genève où Laurent Gerra a donné ce mercredi 3 décembre une avant-première au Théâtre du Léman. C’est que, tout comme le Montreux Comedy, l’humoriste fête ses vingt-cinq ans de scène. Sa tournée anniversaire s’est donc arrêtée par le bout du lac où il a donné une version généreuse de son spectacle « normal ». La formule du succès ne change pas: imitations minutieuses et plus vraies que nature de ses personnages fétiches, de Fabrice Lucchini à Serge Lama en passant par Michel Drucker et Johnny  Halliday, tous ses amis étaient là! Il les griffe avec humour et tendresse et réserve une belle part à l’hommage et l’émotion, notamment quand il reprend « Quand on a que l’amour » sous les traits de Johnny. Les politiques et leur incompétence ne sont pas en reste. Finalement, c’est même le coeur du spectacle. Henri Salvador commence le show avec « Faut rigoler avant que le ciel ne nous tombe sur la tête ». Le clou du spectacle est le moment où, casque de moto à l’appui, Laurent Gerra imite le Président dans un numéro presque muet de sept minutes hilarantes, et dans lequel François Hollande promet de faire encore des promesses… Un constat un peu amer sur la situation française, que l’imitateur combat avec brio par l’humour.

Photo: Olivier Wavre

Photo: Olivier Wavre

Laurent Gerra était également très attendu au Gala d’ouverture du jeudi, mis en scène par Jérémy Ferrari avec la complicité de Caroline Vignaux. Partant des vingt-cinq ans du festival, l’humoriste a imaginé un show dans lequel personne ne saurait ce qu’on fête, parce que Caroline Vignaux a oublié de mentionner le thème aux invités… Ainsi, les humoristes présentent un sketch totalement décalé, faisant découvrir au public enthousiaste leur univers. Dans la liste, on trouvera beaucoup de pupilles de l’émission de Laurent Ruquier « On ne demande qu’à en rire ». Après la prestation réussie de Laurent Gerra-Michel Drucker, Antonia de Rodinger met la barre très haut avec son sketch sur l’épilation. Se succèdent Les chevaliers du Fiel, Anne Roumanoff, Karim Slama, Olivier de Benoist, Tano, les Décaféinés et Vérino, avant de retrouver le Président Hollande (Gerra) se faire interviewer par Raphaël Mezrahi: beau moment de complicité et de fous rires à peine maîtrisés.

Entre deux, Jeremy Ferrari et Caroline Vignaux passent les plats: des transitions efficaces et drôles, jouant sur l’opposition entre la lumineuse ex-avocate, toute de paillettes vêtue, et le sale caractère du « prince » de l’humour noir, comme le surnomme la presse. Ce dernier, qui a écrit le gala, sait se mettre en retrait pour sublimer sa partenaire ou les autres comédiens. Il reste néanmoins que l’ensemble manque de liant, laissant un sentiment de sketches à la chaîne. Il est dommage, pour les vingt-cinq ans, de n’avoir pu trouver plus de cohérence entre les artistes.

Le résultat reste cependant très séduisant et augure de très belles rencontres autour du rire cette semaine.

Texte: Marie-Sophie Péclard

Joséphine cantatrice du peuple des souris

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Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris, dernier récit de Franz Kafka, conte l’histoire d’une fausse diva avide de scène et de célébrité. Bien que son art ridicule se rapproche plus des couinements de souris que du chant, Joséphine réussit néanmoins à envouter le public d’une manière inexplicable, soulevant ainsi la question de la nature et de l’essence de l’art.

Mise en scène par Gabriel Alvarez, la pièce plonge le spectateur dans un univers burlesque, lugubre, teinté d’humour où Joséphine évolue entre son boudoir orné d’extravagantes chaussures et un pianiste collectionnant les bouteilles d’alcool. Si en début de représentation l’on craint pour ses oreilles, le spectacle mêle finalement couinement, chant populaire et sonorité électrique avec beaucoup d’harmonie, et la voix tantôt suave, tantôt rauque de l’actrice nous hypnotise de la même manière que Joséphine fascine son public.

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L’exercice du (quasi-)monologue peut s’avérer difficile, mais le jeu d’acteur est ici parfaitement maîtrisé et sublimé par les accessoires. En tombant manteau, perruque et chaussures, Joséphine se dénude lentement pour révéler la femme qui se cache derrière les paillettes et la vanité, une femme certes névrosée, mais hantée par des peurs somme toute fort communes telles que la reconnaissance, la vieillesse ou encore l’avenir de notre société.

Joséphine cantatrice du peuple des souris, à découvrir jusqu’au 14 décembre 2014 au Théâtre du Galpon.

Texte: Aurélie Quirion