Josep Baqué et son bestiaire à la Collection de l’Art Brut, Lausanne

Fauves, hommes primitifs, chauves-souris, insectes, serpents et araignées géantes. Si ces mots ne relèvent pas un frisson ou un rictus de dégoût, c’est que vous connaissez certainement les créatures de Josep Baqué.

Né en 1895 à Barcelone, il a exercé de nombreux métiers en restant très discret sur son art. A sa mort, il laisse derrière lui tout un bestiaire fabuleux, constitué tantôt d’humanoïdes reptiliens, tantôt d’animaux à plumes et à écailles.

A mi-chemin entre l’imaginaire de Pixar et celui de Ken Sugimori, la collection – tout en gouache, encre et mine de plomb – nous fait découvrir un artiste à l’imagination sans limite.

Josep Baqué Sans titre, entre 1932 et 1967 mine de plomb, encre et gouache sur papier 25 x 32,4 cm Photo : Atelier de numérisation - Ville de Lausanne Collection de l’Art Brut, Lausanne

Josep Baqué Sans titre, entre 1932 et 1967, mine de plomb, encre et gouache sur papier. 25 x 32,4 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne
Collection de l’Art Brut, Lausanne

On est happé par l’univers de cet artiste situé quelque part entre le cauchemar et le dessin d’enfant. Sauf que le cauchemar ici se peint en flashy et fluo, si bien que dans le noir, les figures s’impriment encore.

Fantasques représentations de l’esprit qui peuvent parfois presque nous gêner, on se sent spectateur d’un univers bien défini mais où le thème de l’enfance est omniprésent. Les monstres se peignent de face et de profil (façon Usual Suspect) et ne présentent en aucun cas de comportements agressifs. L’artiste fait le choix de donner griffes et crocs acérés, antennes et cornes pointues, mais la gestuelle reste candide, les personnages ne se touchent pas les uns les autres et restent statiques, comme s’ils étaient sujet d’études. Pas de grognements donc, ni de froncements de sourcils. Ici, les visages dessinent des sourires et leurs yeux brillants semblent s’émerveiller de leur environnement.

Josep Baqué. Sans titre, entre 1932 et 1967 mine de plomb, encre et gouache sur papier 26 x 32,7 cm Photo : Atelier de numérisation - Ville de Lausanne Collection de l’Art Brut, Lausanne

Josep Baqué. Sans titre, entre 1932 et 1967, mine de plomb, encre et gouache sur papier 26 x 32,7 cm
Photo : Atelier de numérisation – Ville de Lausanne
Collection de l’Art Brut, Lausanne

Chaque créature respecte son espace et celui de son voisin. Ce manque de mise en situation peut nous faire ainsi penser aux planches de « character design », à présent très répandues dans le domaine du jeu vidéo.

Josep Baqué nous a dessiné là des bêtes tout en détails, en rondeurs, en hauteurs, en formes oblongues ou à l’anatomie diaprée. On sent le mentisme irisé de cet artiste décrit comme solitaire, rebelle et incontrôlable. Il est palpable et classé selon neuf catégories
amenées par l’artiste lui-même.

A bien regarder, on a droit à toute la faune terrestre revue ou/et imaginée par monsieur Baqué. Sa production compte 1500 dessins, pour une cinquantaine seulement réunie dans le cadre de l’exposition.

Vous avez encore l’occasion d’admirer ses singuliers fragments jusqu’au 26 octobre à Lausanne!

Texte: Clara Le Corre

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