Un mois de juin aux couleurs grecques à Lausanne

« Nous sommes tous des Grecs » (Percy Shelley, dans la préface de son poème Hellas: A Lyrical Drama)

Durant le mois de juin, Lausanne et Ouchy fêtent l’indépendance de la Grèce en mettant en vedette l’un de ses principaux artisans, Ioannis Capodistrias. 200 ans après que la Grèce a retrouvé son indépendance politique, une exposition se penche sur les liens entre la Grèce moderne et la Suisse durant le 19e siècle au Forum de l’Hôtel de Ville de Lausanne.

Texte: Marc Duret

Né à Corfou en 1776, premier Bourgois d’honneur de la Ville de Lausanne, Citoyen d’honneur de Genève, Capodistrias a connu plusieurs vies: il fut ambassadeur puis ministre des Affaires étrangères pour le Tsar Alexandre Ier, organisateur du philhellénisme depuis la Suisse et à travers l’Europe, architecte du Pacte fédéral suisse signé en 1815 et enfin gouverneur de la Grèce dès 1827. Il est assassiné en 1831 à Nauplie, capitale grecque de l’époque, après avoir ouvré une grande partie de sa vie à l’indépendance grecque.

Ce personnage, dont on découvrira la vie en détails à la Place de la Palud, est le fil rouge de l’exposition, qui fait aussi la part belle au contexte européen et suisse durant ces années révolutionnaires en Grèce. Relativement discret dans l’exposition malgré sa présence dans le titre, le canton de Vaud, qui a alors connu sa propre révolution quelques années auparavant, a été l’un des lieux ou le philhellénisme a pu prendre son envol – notamment grâce à des personnages comme Benjamin Constant ou Frédéric-César de la Harpe. Au bout du lac, c’est notamment Jean-Gabriel Eynard et sa femme Anna ou Charles Pictet de Rochemond qui sont les moteurs de cet effort financier et politique pour soutenir la Grèce.

L’exposition se compose principalement de grands panneaux, joliment organisés et illustrés, ce qui allège le côté forcément très didactique et historique d’un tel sujet. Plusieurs livres anciens, des monnaies (antique et du 19e siècle) ainsi qu’une maquette de bateau construite par des réfugiés grecs donnent une matérialité intéressante aux thématiques abordées. On prend un plaisir certain à lire les nombreux textes, littéraires ou officiels, qui donnent une bonne image de l’ambiance de l’époque, durant laquelle une grande partie de la population européenne prend fait et cause pour les Grecs, au rythme des quêtes, des congrès et, pour plus d’un millier de personnes (dont une trentaine de Suisses), d’un engagement militaire sur le terrain.

D’autres événements en lien avec ce personnage et la Grèce se tiendront dans les prochains jours: Une allée homonyme a été inaugurée de manière festive le samedi 5 juin sur les quais d’Ouchy; le Théâtre grec de Genève présente une pièce de théâtre le 11 juin au Casino de Montbenon; enfin, deux conférences et une table ronde sur Capodistrias et le philhellénisme se dérouleront les 10, 14 et 18 juin au même endroit que la pièce.

Si vous n’avez pas encore l’opportunité de voyager vers les rivages grecs, ces divers événements vous permettront de glisser quelques touches d’hellénisme et de culture grecque dans votre programme des prochains jours!

www.lausanne.ch

En lien:

Ioannis Capodistrias: Chronologie
Théâtre: Vendredi 11 juin à 19h30: Jean Capodistrias – Gloire et solitude
Conférence: Lundi 14 juin à 19h: Ioannis Capodistrias, héros grec ou vaudois?

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