Petits chocs des civilisations

« Je vous préviens, pendant une heure et demie vous êtes Français. Imaginez que je suis un humoriste congolais et vous des Belges. »

Spectacles Onésiens, le 26 avril 2013.

Fellag nous donne, dès son entrée sur scène, le ton du spectacle : critique et autodérision. « Quand je suis arrivé dans votre pays, il y avait tellement d’Algériens que j’ai cru que le bateau n’était pas parti. » À son sourire et sa bonhomie, répondent déjà des éclats de rire ; en quelques instants la salle comble est conquise et se laisse emporter dans un monde où les Suisses, à l’instar des Algériens, sont Français. Ou l’inverse, si vous préférez. Car dans ce couscous grandeur nature où les ingrédients se mélangent et se répondent, tout est réuni afin d’abolir les clivages sociaux, religieux, culturels… et surtout culinaires !

Une cuisine et son plan de travail, une banquette et une porte. C’est dans ce décor, sobre mais efficace, que des jeux de lumières s’invitent à intervalles réguliers. L’auteur-acteur, parfois cramponné à sa valise ou à sa toque de cuisinier, sait jouer non seulement sur l’ensemble de la scène, mais surtout avec un public réceptif qui lui rend volontiers la réplique, lorsqu’on la lui demande.

Image du Blog scene-plateau-theatre.centerblog.net
Source image : scene-plateau-theatre.centerblog.net sur centerblog.

Fellag démontre une vraie force dans un texte à la fois intelligent, très bien travaillé et traitant de sujets variés. Tout y passe, ou presque : l’économie, la religion, la famille, la politique, le racisme. Gouvernement renversé dans une utopie futuriste, possible retour à une époque pourtant révolue ou encore souvenirs d’enfances se disputent la vedette dans un humour omniprésent. On jongle encore entre la langue française et l’arabe, entre nouveau vocabulaire et manière de s’en servir.

Si votre mektoub est d’assister à l’une des dernières représentations de cette tournée, alors dépêchez-vous de réserver un court séjour à Marseille entre le 9 et le 13 juillet prochain, pour autant qu’il reste des places, inch’Allah !

Texte : Michael K.

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