Boulevard des airs

C’est l’histoire d’une bande de potes aux mêmes goûts musicaux. Ils ont la chance de s’unir en 2004 pour vivre pleinement de leur passion. Chaque membre est important dans ce groupe home made qui compose, écrit, enregistre, produit, arrange et réalise lui-même ses albums. Récompensés lors de la 34e édition des Victoires de la Musique grâce au titre original « Je me dis que toi aussi », les musiciens ont partagé leurs bonheurs sur scène le 1 mars dernier à la Salle des Fêtes de Thônex.

Texte: Jenny Raymonde

J’ai découvert ce groupe avec la chanson « Bruxelles » pendant l’automne 2015 alors que je rentrais pour un week-end  voir ma famille, justement à Bruxelles. Au début du spectacle, Sylvain dit « Ça fait plaisir de voir des têtes connues qui nous ont déjà vus à Genève, à Montjoux », et pourquoi pas à Bruxelles, en octobre 2016, pour la précédente tournée incroyable Bruxelles Tour.

Le public composé d’enfants, d’adolescent·e·s, de jeunes, d’adultes et des personnes plus âgées, regarde, chante, tape dans les mains ou avec les pieds, il fait ce qu’il lui plait, pour se faire entendre et participer au concert avec l’orchestre.

Les musiciens emmènent avec eux tous les grains de sable de la salle pendant 1h30 avec un mix entre les morceaux du nouvel album et les plus anciens.

Le temps a filé en douce et nous aimerions qu’ils restent encore un peu avec nous à Thônex.

Ils nous laissent en assurant que « quand les jours seront pourris, qu’il fera froid, qu’on déprimera, ils se rappelleront de l’ambiance de la salle de Thônex » et je me dis que nous aussi palapala palapala palapala palapala …

Ils reviendront dans nos contrées le 5 juin à Nyon pour le Caribana Festival, et le 15 août à Avenches lors du festival Rock Oz Arènes.

www.bda-boulevarddesairs.com

Petit concerto conjugal

Jeudi 22 novembre 2018. Salle centrale de la Madeleine, 20h30. Le brouhaha est impressionnant, il faut dire que la salle est pleine à craquer. Ce soir, Raphaëlle Farman et Jacques Gay présentent leur « Petit concerto conjugal » et on sent que le public, avant même que la lumière ne s’éteigne, est pris d’une certaine ébullition. On entend, dans les bribes de conversations, des personnes ravies de retrouver les comédiens et d’autres, impatients de les découvrir.

Texte: Léa Frischknecht

Soudain, le noir se fait, tout le monde se tait. Entrent en scène les deux auteur∙e∙s de la pièce qui sont, ce soir, Henri et Yvonne, un couple amoureux mais qui traverse quelques problèmes de fidélité. En effet, on apprend très vite qu’Yvonne, comédienne, aime son mari mais également les militaires… Et pas que! Cependant, elle n’y peut rien Yvonne, c’est une maladie qui se transmet de mère en fille dans sa famille, elle ne le fait pas exprès! Le couple est donc au bord de la rupture mais attend une visite importante: Esteban Ramirez, célèbre acteur de cinéma dont les histoires de cœur font la une des tabloïdes, est de passage à Paris. Auteur de théâtre accompli, Henri, qui aimerait bien voir Esteban jouer dans sa prochaine pièce, les a conviés à séjourner chez eux. Le couple met donc ses tracas de côté pour accueillir leurs invités. Mais c’était sans compter Paulette, la jeune femme qui accompagne Esteban Ramirez et dont le physique ne sera pas sans déplaire à Henri qui cherche un moyen de se venger de sa femme. Ces aventures sont suivies de près par les domestiques, Gracieuse, une flamande pleine de pep’s et Nestor, un snob au grand cœur, qui s’amusent ou s’inquiètent des chamailleries de leurs patrons. Mais leurs relations sont également quelque peu mouvementées!

À l’entrée, une affiche promettait une « comédie TRÈS musicale ». C’est plus que réussi puisque le niveau est excellent. C’est normal lorsqu’on sait que Raphaëlle Farman et Jacques Gay, qui ont de belles carrières de chanteurs d’opéra à l’international, ne visent que le meilleur. Le florilège de pièces choisies mélange des airs d’opéra, d’opérette et de chanson française. Il y en a donc pour tous les gouts! Les membres de l’équipe ne sont pas choisis au hasard non plus, tous ont de très beaux rôles à leur palmarès et cela s’entend: la qualité des prestations vocales est impressionnante. Certain∙e∙s chanteur∙teuse∙s et les membres de l’orchestre sont issus du projet « Le Pont des Arts », qui permet à de jeunes talents en fin de cursus dans les Hautes Ecoles de Musique de Lausanne et Genève de se produire sur des spectacles professionnels. Le mélange entre expérience et souffle de jeunesse est bluffant et on ne peut que saluer le talent de ces jeunes – et moins jeunes – artistes.

Mais l’affiche aurait très bien pu nous promettre une « comédie TRÈS poilante » tant on passe son temps à rire. Entre rebondissements et quiproquos, on suit avec grand plaisir l’aventure presque vaudevillesque de ces personnages délirants. Situations absurdes et parfois un peu coquines, dialogues bien ficelés, chorégraphies amusantes et rythmées, tout est fait pour vous dérider. Et ça marche, si on en croit le fou-rire de quelques minutes d’une dame du cinquième rang qui a finit par contaminer toute la salle.

La bonne humeur de la joyeuse troupe est tellement communicative qu’on voudrait presque chanter avec elle ces airs que l’on connait et que l’on sifflote encore deux heures après la représentation… Chose qui sera bientôt possible avec leur nouveau spectacle, « Attention! Maîtres chanteurs » qui se jouera les 8 et 15 janvier ainsi que le 25 février 2019.

C’est avec beaucoup d’impatience que l’on se réjouit de retrouver toute la bande de la Comédie Lyrique Romande à la Salle Centrale de la Madeleine, en début d’année prochaine!

www.lyricomedies.com

Gainsbourg romantique au Théâtre Le Crève-Cœur

De Lucien Ginsburg, étudiant aux Beaux-Arts, à Gainsbarre secoué de larmes devant l’hommage des Petits Chanteurs d’Asnières, le parcours et les mélodies de l’homme à la tête de chou ont traversé et marqué les générations. Sur la scène du Théâtre Le Crève-Cœur, Pascal Chenu fait revivre Serge Gainsbourg dans un spectacle intimiste et explosif, jusqu’au 6 décembre.

Photo:  Loris von Siebenthal

Photo: Loris von Siebenthal

Volubile en sortant de scène, Pascal Chenu se souvient de sa rencontre avec le grand Serge: « C’était Le Poinçonneur des Lilas par les Frères Jacques, et c’est la première chanson que j’ai chantée dans ma vie. Et puis, quand j’étais gosse, j’ai connu toute la période yé-yé… » Mais c’est définitivement pour le premier Gainsbourg que son cœur balance. Celui des débuts encore très patinés de couleurs classiques et jazz. Après Trenet, Vian et Brassens, l’auteur-compositeur-interprète reprend avec bonheur les premiers succès de Gainsbourg: « Je suis fan de la première période, qui est d’une rigueur exceptionnelle. À trente ans, parce qu’il a quand même commencé tard, il avait déjà un savoir-faire, une méthode et un talent fou, sur le plan de l’écriture et sur le plan musical ».

Dans le costume de Gainsbourg, et guidé judicieusement par la metteure en scène Annik von Kaenel, l’hommage de Pascal Chenu passe par le clin d’œil: une main brisée, un rictus, une syllabe sifflée… Il évoque le chanteur par des gestes et des intonations mais ne tombe jamais dans le simulacre. De la même manière, Pascal Chenu voulait se réapproprier les chansons avec de nouveaux arrangements, de nouveaux « sons sorciers » comme il les appelle. Il s’est entouré d’un trio de jeunes musiciens avec qui il avait eu l’occasion de jouer lors d’un concert en 2011:  Pablo Chenu (basse), le guitariste Raphaël Litzistorf et le batteur Noé Franklé. Issus des milieux rock et jazz, les jeunes marient leurs influences tout en faisant leur premier pas au théâtre. « En tant que musicien, il y avait une certaine pression à laisser tomber le côté « je suis un rocker » pour mettre en avant le jeu, nous confie Raphaël Litzistorf. Avec Annik, nous avons développé des personnages proches de nos personnalités, avec l’idée d’ajouter du second degré au spectacle. C’est une musique qui n’est pas la nôtre et que nous avons connue avec nos parent, on voulait aussi jouer sur le clash des générations ».

Et en effet, sur scène, le résultat de ce toilettage pop-rock se révèle détonnant, dynamisant et particulièrement jubilatoire… comme le plaisir de jouer ensemble. Le public découvre ou redécouvre avec plaisir ces titres, de la Recette de l’amour fou à L’eau à la bouche en passant par le Chachacha du loup ou J’ai oublié d’être bête. Le clash des générations ne se fera pas, car Gainsbourg rassemble tout le monde sous la bannière de ses textes, comme le raconte Raphaël: « Avant que Pascal nous fasse découvrir les premières années de sa carrière, très classes, très coincées finalement, nous connaissions surtout Gainsbarre. Nous avons tout de suite été frappés par la profondeur des textes. » Dans ces nouveaux arrangements, c’est la langue de Gainsbourg qui éclate dans toute sa puissance, avec sa précision, sa désinvolture, son impertinence et sa poésie. « Mambo miam miam » esquisse un poète malicieux et subtil, attiré par la beauté mais trop conscient de la vacuité des choses pour ne pas souffrir. Un poète romantique en somme, que Pascal Chenu et ses musiciens vous invitent à découvrir au Théâtre Le Crève-Cœur à Cologny.

Texte: Marie-Sophie Péclard

Photo:  Loris von Siebenthal

Photo: Loris von Siebenthal