Carouge au carrefour de l’art

L’espace d’un week-end, la jolie ville de Carouge devient l’hôte de vos envies culturelles, honorant ainsi sa riche tradition artistique et artisanale. Comme de coutume depuis la création de l’association ArtCarouge en 2005, sept galeries et le Musée de Carouge ouvrent leurs portes pour  faire découvrir au public leurs nouvelles expositions et créations d’art contemporain. 

Texte: Marie Pichard 

Cette année, il faudra se rendre du côté de la place de Sardaigne pour assister à l’évènement phare du week-end, signé Christian Gonzenbach. À mi-chemin entre sculpture et machine, son installation nommée « Appareil reproducteur » permettra au visiteur curieux de repartir avec sa propre œuvre d’art; une manière de questionner les notions de propriété intellectuelle et de gratuité. 

Quelques pas plus loin, la galerie d’Annick Zufferey située à la place des Charmettes ravira les amateurs de bijoux contemporains. On pourra y admirer le travail d’Akiko Kurihara, artiste japonaise basée à Milan, dont les créations minimalistes s’inspirent de découvertes du quotidien, non sans humour et poésie. 

 

La suite de la promenade vous mènera peut-être à la galerie Aubert Jansem, pour une plongée dans l’univers atypique de Gene Mann, peintre autodidacte reconnaissable dans les rues de Carouge à sa chevelure de feu. Vous vous laisserez emporter par ses œuvres puissantes empreintes d’humanisme, lors du vernissage de sa nouvelle exposition intitulée « Archéologie du Silence ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme dernier aperçu de cette balade automnale, les amoureux de design seront accueillis par la NOV Gallery, rue Joseph-Girard. Véritable vitrine d’artistes émergents – tant designers que photographes – tout droit sortis de la HEAD et de l’ECAL, NOV vous invite à explorer le concept d’artefact dans le cadre d’une série imaginée pour la Milan Design Week d’avril dernier.

 

 

 

 

 

 

 

 

ArtCarouge, les 3 et 4 novembre de 11h à 17h
Plus d’informations sur : www.artcarouge.ch

 

 

Nouvelle saison à l’Arsenic: modestie au service de l’art, et une légère tendance à ne pas planifier

Patrick de Rham, nouveau directeur de l’Arsenic, a présenté ce matin un tiers de sa programmation pour l’année 2017-2018. Le théâtre, connu pour son soutien envers les artistes contemporains émergents, ne connaîtra « pas de révolution mais une évolution ».

Texte: Katia Meylan

Patrick De Rham. Photo: Maxime Genoud

Simplicité et modestie, deux mots qui ont été utilisés à de nombreuses reprises par le directeur et par les journalistes présents. C’est aussi  l’impression que donne le nouveau visuel du programme: l’objet est peu coûteux, son contenu est clair et présente les spectacles au plus près, sans slogan ou tentative pour expliquer pourquoi c’est à l’Arsenic qu’il faut aller et pas ailleurs.
L’important: que « rien ne se mette entre les artistes et le public ».

 

Le directeur le dit lui-même, il ne s’est pas défini de style. C’est ce que proposent les artistes qui façonnera le futur proche et lointain de l’Arsenic. Même le mélange des formes d’art, plus que d’être la marque de fabrique du théâtre, est le fruit de « l’urgence des artistes ». C’est cette urgence aussi qui fait que le programme est annoncé par trimestre; certaines collaborations sont prévues sur le long terme bien sûr, mais on laisse aussi aux artistes la possibilité de réagir à ce qui les entoure.

« La Substance, but in English ». Photo: Beniamin Boar

L’évolution prendra plusieurs formes, et l’une d’elles est la diversification des formats. On aura du court, et aussi du très long. Notamment, « La substance, but in English », qui ouvrira la saison les 21 et 22 septembre, sera un spectacle de danse de 4h30, où le public pourra déambuler librement.

Le coup de cœur de Patrick de Rham semble être pour le one-woman show de Tiphanie Bovay-Klameth, « D’autres » , qui a déjà bien tourné dans les théâtres romands et continuera sur cette belle lancée pour la saison à venir. Le directeur décrit le spectacle comme un « chef d’œuvre, qui dépasse les limites du genre », qui allie humour et émotion et qui s’affine au fil du contact avec le public.

Cette programmation réunira de jeunes artistes mais accueillera également à nouveau des auteurs confirmés, que l’Arsenic a a aidé à faire éclore par le passé.

Pamina de Coulon, l’une des trois artistes en résidence

Quelques faits:

Nouveaux tarifs
Tarif normal: 15.-
Tarif réduit: 10.-

Le café de l’Arsenic sera ouvert tous les jeudis, vendredi et samedi, même les jours sans représentations, afin de faire vivre le lieu indépendamment de sa programmation.
On a eu la chance de goûter les gâteaux des nouvelles responsables du lieu lors de la conférence de presse… on recommande!

www.arsenic.ch

Pour égayer votre hiver

Paul Signac, Juan-les-Pins. Soir, 1914, huile sur toile, 73 x 92 cm, collection privée, © Photo: Maurice Aeschimann

Paul Signac, Juan-les-Pins. Soir, 1914, huile sur toile, 73 x 92 cm, collection privée, © Photo: Maurice Aeschimann

En ces temps quelque peu gris et météorologiquement imprévisibles, la Fondation de l’Hermitage à Lausanne nous propose une multitude de vues de ports, de parcs ou d’étendues d’eau dans des couleurs chaleureuses qui vous feront patienter jusqu’à l’été. L’exposition « Signac, Une vie au fil de l’eau » est visible jusqu’au 22 mai.

Contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre, la première pièce expose des croquis, des dessins tous fait de gris, de noir et de blanc. Un choix plutôt étonnant mais qui illustre parfaitement le principe chronologique et thématique de l’exposition. La collection, réunie par une famille (qui est restée anonyme) passionnée par l’artiste, regroupe des œuvres sur l’ensemble de la carrière de Paul Signac (1863-1935). Les 140 œuvres (peinture, aquarelles et dessins) ont été sélectionnées dans une volonté de montrer tout le travail de l’artiste, des premières années aux dernières. Les dessins ne sont pas tous de Signac. Il y en a aussi d’autres grands peintres néo-impressionnistes, Luce et Van Rysselberghe, afin de présenter ce mouvement aux visiteurs. C’est à partir de la deuxième chambre, que vous retrouverez les légendaires touches de couleurs qui caractérisent Signac et embellissent ses paysages.

Si vous êtes déjà allés vous émerveiller devant les expositions de la Fondation de l’Hermitage, vous vous souviendrez de la montée de ses escaliers. Mais cette fois, ce n’est pas les marches qui vous mènent au premier qui vous coupent le souffle. Une fois à l’étage, vous pivotez pour continuer la visite et, c’est là, que vous marquez un temps d’arrêt, éblouis par un superbe tableau… que je vous laisse découvrir lors de votre visite!

L’exposition propose également une pièce avec des peintures de Pissarro, Luce, Van Rysselberghe et Cross, tous peintres du mouvement néo-impressionniste. Toujours dans l’idée de présenter ce courant, une autre pièce révèle les recherches sur la couleur de ces artistes. Enfin, un film d’une quarantaine de minutes dévoile quelques détails de la vie de Signac, passionné de voile.

Les aquarelles ont été une surprise pour moi, ne sachant pas que Signac avait pendant au moins les trente dernières années de sa vie peint des aquarelles de ports de France. Et bien qu’elles ne soient pas détaillées en points de couleurs, le coloris reste dans les mêmes tons purs ouvrant de multiples fenêtres sur l’univers de Signac.

J’aime toute la recherche, le travail, sur le non-mélange des couleurs dans les œuvres de Signac, mais, j’avoue que l’œuvre qui m’a le plus captivée est un lavis préparatoire à l’encre de chine: L’Entrée de la rivière à Vannes (1929). Il y a quelque chose dans le dessin de ce grand navire à deux mâts qui vous donne l’envie d’embarquer pour de beaux et paisibles voyages…

Texte: Adélaïde Offner

« Signac, Une vie au fil de l’eau », Fondation de l’Hermitage, 2, route du Signal, Lausanne, jusqu’au 22 mai. Tél. 021 320 50 01, site www.fondation-hermitage.ch Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, le jeudi jusqu’à 21h.