Prix du Cinéma Suisse

Vendredi 24 mars a eu lieu le 20ème Prix du Cinéma Suisse, au Bâtiment des Forces Motrices à Genève. Une belle brochette de réalisateurs, acteurs, monteurs ou musiciens heureux à l’annonce de leur nom, des personnalités et des humoristes pour présenter les catégories, placer un bon mot et remettre aux lauréats  le Quartz tant espéré. Une cérémonie –quadrilingue, s’il vous plaît – qui a récompensé la créativité, la maîtrise du dialogue filmique et surtout le travail d’équipe, comme les lauréats l’ont tous rappelé dans les discours de remerciement. Le cinéma suisse existe bel et bien, ses protagonistes nous en ont offert la preuve une nouvelle fois.

Le film de Claude Barras « Ma vie de Courgette », qui aura mis dix ans à voir le jour, a été sacré « Meilleur film de fiction ». Et en effet, on sent que l’équipe a travaillé ensemble des heures et des années durant; en plus des remerciements chaleureux que chacun adresse à ses collègues et amis, on peut voir les regards complices, les sourires. Le film a également gagné le prix de la « Meilleure musique de film », qui est allé à Sophie Hunger, et le prix spécial de L’Académie pour Marie-Eve Hildbrand, pour avoir réussi de façon presque magique à donner une identité forte aux personnages grâce à son excellent travail de casting et de direction des acteurs.

Photo: eddymotion photography. Derrière, Claude Barras, réalisateur, Max Karli et Pauline Gygax, producteurs et Alain Berset, conseiller fédéral. Devant, Sixtine Murat, la voix de Camille, et Gaspard Schlatter, la voix de Courgette.

 

« Die göttliche Ordnung » a lui aussi gagné trois prix. Celui du « Meilleur scénario » est allé à sa réalisatrice Petra Volpe, et celui de « Meilleure interprétation féminine » à Marie Leuenberger, rayonnante lors de la soirée. Le Prix de la « Meilleure interprétation dans un second rôle » était ici un peu spécial, et il n’y avait pas beaucoup de suspense quant au film qui allait le remporter: toutes les nominées étaient des actrices de « Die göttliche Ordnung », incarnant différentes générations de femmes se battant pour la même cause. Pour un film qui traite du droit de vote des femmes en Suisse, c’était une bien belle récompense que ces trois Quartz, l’un remis par la conseillère d’État Anne Emery-Torracinta.

Quant au prix de la « Meilleure interprétation masculine », il a été remis par Alain Berset à Bruno Ganz. Ce dernier a d’abord remercié l’Académie de l’avoir récompensé une deuxième fois, ici pour son rôle dans « Un juif pour l’exemple », et leur a demandé avec humour s’ils étaient sûrs d’avoir une bonne vue. Il a également reçu le Prix d’honneur pour l’ensemble de son œuvre. Entre le discours du conseiller fédéral et le montage – réalisé par un étudiant de l’ECAL – rassemblant les divers rôles de Ganz, du comte dans « La Marquise d’O » en 1976 au grand-père suisse dans « Heidi » ou « Vitus » en passant par Hitler dans « La chute », le moment était émouvant.

Photo: eddymotion photography

Les courts-métrages ont attiré l’attention, ayant chacun une identité visuelle et un thème fort. Deux films sont sortis ex-aequo: « La femme et le TGV » de Timo von Gunten et « Bon voyage » de Marc Raymond Wilkins.

Qui n’a pas encore vu les films nominés a dû en avoir l’eau à la bouche. Les Cinémas du Grütli, dans la continuité de leur « semaine des nominés », ont proposé des séances gratuites tout le week-end afin de permettre au public de découvrir les films promus.

Souhaitons une longue vie à ces films, ainsi qu’au cinéma suisse!

Texte: Katia Meylan

Une séance de cinéma à l’ancienne

Le 13 octobre dernier, le célèbre Forum du Rolex Learning Center s’est transformé en un cinéma des années 20’ du siècle passé. Non seulement le public a pu savourer un des chefs-d’œuvre du 7ème art, Le Cuirassé « Potemkine » de Sergueï Eisenstein, mais la séance a été accompagnée en direct par l’Orchestre d’harmonie de l’Etat de Genève.

Ce ciné-concert fut un véritable hommage aux cinémas du XX­ème siècle où les orchestres entraient en synergie avec le grand écran en remplaçant à la fois les dialogues et les bruitages des films muets. Et Le Cuirassé « Potemkine », loué par les critiques internationaux lors de l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958, en est sans doute un des plus connus. Créé en 1925 pour commémorer le vingtième anniversaire de la Révolution russe de 1905, l’œuvre d’Eisenstein présente au public un récit dramatisé de la mutinerie sur le navire de guerre « Potemkine » où, soutenu par la population du port, l’équipage du vaisseau se révolte contre les officiers et les fonctionnaires d’état. Leur insurrection est suivie par des représailles sanguinaires.

La musique du film représentait un défi supplémentaire pour les organisateurs de cette soirée exceptionnelle. Ecrite par le compositeur autrichien Edmund Meisel, elle n’a jamais été retranscrite pour un orchestre d’harmonie. Jean-Christophe Monnier, chef de l’Orchestre d’harmonie de l’Etat de Genève, a donc réadapté quelque quatre cent pages de partition qui ont ensuite été apprises à la seconde près par l’ensemble des musiciens pour reconstituer plus de quatre-vingts minutes de musique ininterrompue, un effort véritablement herculéen.

Heureusement que tous leurs efforts n’ont pas été en vain. Le ciné-concert fut une expérience incroyable et unique. Même si certaines erreurs dans la synchronisation entre l’image et le jeu de l’orchestre se sont quand même subrepticement glissées, cela ne faisait que contribuer à l’authenticité et à l’honnêteté de ce tableau majestueux.

Texte : Danila Kashkin

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Au coeur des émotions

Au cœur des personnages représentant émotionnellement le trouble passager physique du rôle qui leur a été destiné,  les émotions s’entremêlent pendant 95 minutes. Dans l’impossibilité de dissocier le corps et l’esprit, les spectateurs vivent intensivement et intensément la pluie de sensations que lui procure le nouveau dessin animé de Pixar.  Par force et par jeu, les émotions se tiraillent pour savoir laquelle va briller et s’imposer dans nos têtes.

Fortement liés entre elles, nous voyons que nous sommes influencés par chacune d’elles au cours de l’évolution de la journée quotidienne. Gouvernés par nos moteurs personnels, ils nous guident pour nous ouvrir la voie sur le chemin de la pensée positive. Même si nous nous efforçons le matin de se lever de bonne humeur et à regarder la vie du bon côté, il n’est pas rare que des éléments extérieurs à notre confort intime viennent nous chambouler de l’intérieur de nous-mêmes.

La mise en lumière sur nos stimulis profonds nous renvoie au miroir de nos propres besoins à prendre soin de la meilleure manière possible.  Piégés parfois, notre propre interprétation de notre état affectif tenace maquille la représentation initiale. Déformée entre style et intensité, les radars intérieurs s’allument ni au bon moment ni au meilleur endroit.

Autrefois, il était sage de ne pas dissimuler nos émotions. Avec le temps, les cacher n’arrange rien.  Dernièrement, les exprimer, les transformer et surtout ne pas les enfouir en nous trop longtemps serait la nouvelle clé.  Qui saura !

Et vous, comment vous sentez-vous ?

Texte: Jenny Raymonde

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La Ruée vers l’or

Dans le cadre de sa saison 2014-2015, la Haute École de Musique de Lausanne donne vie au « Flon autrement », dans une série de cinq concerts conviviaux dédiés à la découverte. Le 7 mars, les jeunes musiciens de l’orchestre ont interprété en live la musique de “La Ruée vers l’or”.

Que de talents pour un seul spectacle. D’abord Chaplin, qui ne se contentait pas d’être acteur, scénariste et réalisateur, mais composait également la plupart du temps la musique de ses films lui-même ! Il donnait ainsi à cette dernière plus qu’un rôle d’accompagnement, elle était protagoniste du spectacle. C’est le cas pour “La Ruée vers l’or », dont les thèmes expressifs communiquent tour à tour l’amour de Charlot pour la belle Georgia, le danger imminent ou encore la gêne. Sans oublier le ‘mickeymousing’ très efficace des instruments qui se transforment en coup de feu pour nous faire sursauter, en hoquet pour nous faire rire lorsque Charlot avale une bougie. Pour que cela fonctionne, il faut bien-sûr un timing parfait, défi relevé par le directeur Maxime Pitois.

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Le film que l’on a pu voir est une restauration de la version originale de 1925, avec les intertitres. Lorsque les musiciens entrent, qu’ils commencent à jouer et que le titre apparaît, je suis émue. Ils jouent magnifiquement bien, et parfois on oublie qu’ils sont là, la musique semble appartenir directement à l’histoire. Dire qu’il y a près d’un siècle, le public allait voir ce film ainsi, accompagné de musique live. Est-ce qu’une fille allait seule au cinéma à cette époque ? Sûrement pas. Le public ne porte pas non plus de guêtres blanches ni de coupe à la garçonne. Mais ce qui doit subsister du siècle passé, c’est la vive réaction : on rit beaucoup ! Un petit garçon crie même “il faut qu’ils sortent !“ lors de la scène incroyable où la cabane qui abrite Charlot et Big Jim est en équilibre au bord de la falaise. Et au moment du baiser final et à l’apparition des deux petits mots éternels, un “oooh“ attendri clôt cette belle représentation.

Le 21 mars aura lieu le dernier concert du programme “Le Flon autrement“ : le résultat de la rencontre entre les étudiants de l’École et l’Erik Truffat Quartet, destinée à travailler le jeu en groupe.

Texte : Katia Meylan

15 ans du Black Movie, du 17 au 26 janvier

Dès le 17 janvier, Genève tournera à la vitesse des pellicules cinématographiques: le festival Black Movie est en ville ! Amateurs de films engagés et surprenants et désireux de découvrir des réalisateurs de tous les coins du monde, laissez-vous tenter par une programmation riche et pétillante, dont treize métrages  en première européenne et trente en première suisse !

Pour cette édition anniversaire, 125 films sont divisés en dix sections :

Happy Birthday :les 15 films préférés des programmateurs, pour revivre les grands moments cinématographiques du festival!

Le Choix des Maîtres : cinq réalisateurs, Pen-ek Ratanaruang, Sourav Sarangi, Amat Escalante, Brillante Mendoza et Pablo Stoll proposent leur choix de jeunes réalisateurs.

Prix de la critique : depuis trois ans, ce prix est décerné par un jury composé de journalistes internationaux. Dix films passeront sous leur œil critique !

Flirts avec le fantastique : une sélection d’auteurs qui touchent au fantastique du coin de l’œil.

Sans foi ni loi : cinq documentaires sur des tentatives mystico-politiques pour changer le monde.

Nouvelles cinématographiques : laissez-vous tenter par ce florilège de films ni-longs ni courts qui jouent avec les contraintes et les attentes du public.

Carte Blanche Beijing International Independant Film Festival : les réalisateurs censurés lors de la dixième édition du BIFF.

Le Petit Black Movie pour adultes : de l’animation transgressive et des personnages marginaux!

A suivre : le Black Movie, c’est aussi une histoire de fidélité. Retrouvez les dernières créations des idoles du Black Movie.

Le Petit Black Movie : Les petits ne sont pas en reste ! Quarante-trois films sont proposés aux plus jeunes et à ceux qui le sont restés. Un petit aperçu :

Le festival leur permet aussi développer leur talent lors de différents ateliers, en les confrontant aux différentes techniques de l’image : l’atelier Boxy ( mapping et installation interactive), l’atelier Plis et replis et l’atelier Pipa et Shakuhachi (instrument venus de Chine et du Japon).

Atelier Mapping

Du 17 au 26 janvier, d’autres surprises sont à découvrir lors de ces dis jours sous le signe de l’écran noir. Toutes les informations à cette adresse : www.blackmovie.ch

Le Petit Black Movie une fois par an, ce n’est pas suffisant!

Depuis 2006, le Petit Black Movie présente aux enfants dès 4 ans des films d’animations venus de tous les coins du monde. Le point fort de ce festival, c’est sa programmation qui sort des sentiers battus par les grands studios d’animation. Le Petit Black Movie explore,  à travers les différentes cultures, une approche originale du dessin animé.

Face à l’enthousiasme des enfants (et de leurs parents), le Petit Black Movie se décline cette année sur 4 mois, de septembre à décembre, avec plusieurs projections des films dans différentes salles. Et oui, il ose même quitter son quartier-général du Grütli en se déplaçant dans les cinémas des communes de Chêne-Bourg, Meyrin, Onex et Thônex.

Après un détour par la Russie pendant le mois de septembre, c’est un grand producteur de films d’animation qui sera mis à l’honneur  au mois d’octobre: l’Iran. L’occasion de découvrir de nouvelles techniques (pâte à modeler, marionnettes…) mais surtout de belles histoires. Les enfants pourront croiser des bonhommes de terre, un corbeau kleptomane, une famille de hérissons, des oiseaux en tous genre…

De quoi patienter jusqu’à janvier où nous attend la prochaine édition! Toutes les informations du programme sur http://www.blackmovie.ch !