Ze Tribu, l’aventure a déjà commencé

Faire l’école à la maison, inventer des spectacles en famille, partir apprendre le kung fu, prendre le train et commencer un tour du monde, ce n’est pas très raisonnable n’est-ce pas? Pourtant certains le rêvent, et même le vivent! Frédéric, Deborah, Merlin et Arsène forment une tribu, ou plutôt, Ze Tribu. Et que l’on soit hyperconnecté ou old-school, on pourra suivre le fil de leur aventure d’une année autour du monde; sur Youtube, Instagram ou leur vlog, mais aussi dans une gazette papier, à la télévision… et même, une fois qu’ils seront rentrés et que tout sera dans la boite, sur grand-écran.

Texte: Katia Meylan

Ze Tribu, c’est d’abord deux parents comédiens, Frédéric et Deborah, qui se sont posé la question de ce qu’ils souhaitaient transmettre à leurs enfants. « C’est presque instantanément, quand Déborah est tombée enceinte de notre ainé, qu’elle s’est dit qu’il allait falloir voyager pour leur apprendre que tout n’était pas comme chez nous, qu’il n’y a pas qu’une seule manière de vivre, de fonctionner en société. Ça n’a pas commencé tout de suite, ça fait 7 ans qu’on fait l’école à la maison et qu’on a commencé à voyager. Petit à petit l’envie de partir plus longtemps s’est installée dans les rêves. C’est l’âge de notre fils ainé qui nous a fait nous dire « c’est maintenant ou jamais ». Les deux ados, Merlin (15 ans) et Arsène (13 ans) développeront leurs potentiels, leur esprit critique, leur créativité, leur compassion, leur sérénité, leur civisme, leur éthique et leur amour de la nature… tout un programme!

« On a lancé plein de projets en l’air et pour le moment ils sont en train de tous se faire! ».

Projet Bye-bye la Suisse!

La tribu ne part pas pour toujours comme le font en général les protagonistes de l’émission Bye-bye la Suisse de la RTS… mais l’émission documentaire fait une exception, et décide de suivre cette famille qui se lance un an sur les routes. Elle la rejoindra plusieurs fois durant son voyage, pour partager ensuite en six épisodes ses aventures et ses découvertes, mais aussi sa philosophie de vie.

 

Projet vlog

En plus de l’émission, également produits par la RTS, de petits sujets parallèles de 4-5 minutes seront tournés par l’un∙e ou l’autre avec une caméra 360°, montés et postés sur le vlog de Ze Tribu. « Le New York Times fait déjà des reportages en réalité virtuelle mais pour l’instant ça reste un concept en développement. Tout est à inventer! », s’enthousiasme Frédéric. Le potentiel est énorme – il pense déjà à leurs deux mois de résidence dans un monastère Shaolin pour étudier le kung fu – et les sujets ne viendront pas à manquer, si l’on sait qu’ils passeront par la Russie, la Chine, le Japon, l’Asie du Sud, l’Inde puis l’Amérique du sud dans une optique de rencontre.

Projet théâtre

La « tournée » de deux pièces se met petit à petit sur pied avec l’aide des différentes ambassades suisses et des Alliance française, pour trouver des lieux où jouer et y attirer francophones et francophiles. Frédéric et Déborah ont travaillé à réduire ces pièces à l’essentiel pour pouvoir s’adapter aux lieux qu’ils vont croiser.

La première, Love Letters, déjà à l’époque de sa création au Théâtre Pitoeff 2010, avait donné à ses interprètes Frédéric et Déborah une sensation d’intimité entre les spectateurs et l’histoire. « On s’était dit, déjà à ce moment-là, que ça vaudrait le coup de le faire en petit comité ». Ils ne jouent toutefois plus la pièce pendant quelques années, puis, il y a deux ans, un petit théâtre à Porrentruy leur fait la proposition de la reprendre, ce qui leur donne l’occasion de la réadapter dans sa version actuelle.

Le monologue La confession du pasteur Burg avait quant à lui été un grand succès, joué par Frédéric dès 2006 et pendant six ans entre 150 et 180 fois dans la région et même jusqu’à Paris. Dernièrement, Didier Nkebereza, metteur en scène de la pièce et directeur du Centre Culturel des Terreaux, lui propose de la reprendre pour deux représentations en ouverture de la saison actuelle, dans une série d’événement autour des 10 ans de la mort de Jacques Chessex. Frédéric a alors l’idée d’adapter directement la pièce à son projet de voyage.

Le format du dernier spectacle qui partira sur les routes avec les Landenberg est un peu différent. En effet, Red nose on a trip est une création à eux, clownesque et sans paroles, dont l’histoire est celle d’une famille de clowns qui voyage. Tous les accessoires qu’ils utilisent sont ceux qu’ils auront vraiment dans leur sac, et ils seront libres de la jouer où bon leur semble, dans des trains ou chez les gens. Cette pièce sera donc leur outil de rencontre, leur moyen pour communiquer dans le langage universel des clowns et se faire comprendre non seulement par les francophones mais par tous ceux qui croiseront leur chemin. Le spectacle qui se veut évolutif s’enrichira et se métamorphosera au fil des aventures. La famille en a répété une première version et s’apprête à la tester dans la rue à Genève, avant la fin du mois. « Pour le moment on imagine ce que cet objet interactif peut donner, mais on s’est dit qu’il fallait qu’on se lance un moment donné, et qu’on aille se confronter à ça avant d’arriver à Moscou! »

Projet film

Pour la dernière étape du voyage en Amérique du Sud, un autre projet de taille a été imaginé: la famille a proposé à Fred Baillif, avec qui Frédéric avait travaillé sur le film « Tapis rouge », de tourner une fiction inspirée de leur histoire. Un thème et une situation propice au travail du réalisateur, travail qui se développe depuis quelques temps dans une direction cinématographique propre, avec des acteurs et des non-acteurs, en laissant pour le tournage une part d’improvisation et de surprise. L’auteur Fabrice Melquiot, proche de la petite famille, a rapidement accepté lorsqu’elle lui propose d’écrire le script. « Il a monté le niveau du fond du film. On avait envie de raconter la cellule familiale, le voyage, mais lui est allé prendre l’essence de cette thématique. Il nous a pris à contrepied. Quand on a pris la première version du scénario, on s’est pris une claque, il a su voir la relation à nos enfants, notre manière de transmettre et d’éduquer ».

Ze Tribu prendra les rails en 2020, mais l’aventure a déjà commencé! Pour récolter une partie des fonds nécessaires, le couple a joué Love Letters la semaine dernière à Genève et on pourra voir Frédéric dans La confession du pasteur Burg ce soir 7 décembre à 20h et demain 8 décembre à 17h à ImpactHub, Genève.

Ze Tribu lance aussi dès lundi un crowdfunding We Make It, où chacun∙e peut contribuer à leur projet et en contrepartie recevoir par exemple leur Gazette papier et autres nouvelles.

www.zetribu.com

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