Kimono et Années folles

Alors que les motifs asiatiques font depuis quelques décennies partie intégrante de notre culture, la Fondation Baur rappelle les influences de l’Asie sur la mode occidentale des Années folles dans une élégante exposition intitulée « Asia Chic », du 10 avril au 7 juillet 2019.

Texte: Katia Meylan

Vue de l’exposition

L’exposition est une occasion de présenter la large collection de tissus japonais et chinois que possède la Fondation Baur tout en abordant une part de l’Histoire du point de vue de ces textiles. Estelle Niklès van Osselt, commissaire de l’exposition « Asia Chic », a choisi la période spécifique et bien délimitée dans le temps qu’est l’entre-deux-guerres, qui a connu un enthousiasme pour ce qui provenait d’Asie. En effet, dès le début du 20e siècle naissent deux mouvements artistiques qui s’inscrivent dans cette vague d’influence: d’abord l’Art Nouveau, puis l’Art Déco apparu dans les années 1920. Notre vision a tendance à être européano-centrée, nous dit la scientifique, et l’exposition est une occasion de faire ressortir les influences qu’a eu l’Asie dans les arts occidentaux; opéra, théâtre, cinéma mais surtout ici dans la mode. Elles font partie de ce qui nous entoure aujourd’hui sans qu’on le relève comme étant asiatique – ici un motif kikko, là un motif asanoha (que la commissaire désigne sur mon sac, que j’arbore depuis trois ans et dont je n’ai appris le terme qu’en allant chercher sur internet par la suite).

Estelle Niklès van Osselt a donc imaginé mettre en résonance dans les vitrines les textiles asiatiques et la mode des Années folles. Les plus belles pièces de tissus de la collection de la Fondation Baur en tête, elle se rend dans les archives de la  Bibliothèque d’art et d’archéologie des Musées d’art et d’histoire, sur les archives de la BNF en ligne, et parcourt des centaines de magazines. Dans les pages de La Gazette du Bon Ton, de Vogue ou du Harper’s Bazaar, elle trouve les planches couleurs présentant des similitudes avec les kimonos et robes chinoises de la collection. L’influence devient indubitable.

Vue de l’exposition

Le côté occidental est majoritairement représenté sous forme de reproduction de magazines et illustrations – plus une petite incartade dans le cinéma et le théâtre avec des extraits de vidéo et des costumes de spectacle. Les sources sont diverses, mais on retrouve pour notre plus grand délice un grand nombre d’illustrations de robes de soirées et d’accessoires imaginées par le grand couturier Paul Poiret, et gravées par le peintre et illustrateur Georges Barbier, icône de l’Art déco.

Le côté asiatique assemble également différentes provenances, notamment des robes chinoises de la collection Baur avoisinant de magnifiques kimonos. La Fondation Baur a eu la chance de recevoir, ces dernières années, deux impressionnantes collections de kimonos offertes par mesdames Sato Mariko et Sugawara Keiko. Descendante d’une lignée de samurai de Kyoto, Sato Mariko , à présent décédée, était arrivée en Suisse avec son mari diplomate. Sugawara Keiko, quant à elle, est fille d’une famille aisée de Tokyo.
La collection de kimono, au Japon, se constitue au fil des événements d’une vie: Fête des 7-5-3 ans (shichi-go-san), cérémonie de majorité (seijin shiki), mariage… et se perpétue avec les héritages familiaux. Les deux femmes n’ayant que peu l’occasion de porter ces précieux habits à Genève, elles décident de les confier à la Fondation Baur. Un véritable trésor, que les conservatrices nous avouent avoir été saisies en découvrant: les kimonos de trois générations traversant la fin de l’ère Meiji (1868-1912) et les ères Taishō. (1912-1926) et Shōwa (1926-1989), dans deux styles légèrement différents puisque provenant les uns de la région du Kansai et les autres du Kantō.

La curatrice et la scénographe retransmettent la beauté et l’émotion de ces objets chargés d’histoire dans cette exposition où dessins de mode et textiles se répondent et se mettent mutuellement en valeur, en racontant l’histoire d’une fascination pour une culture.

L’un des temps forts de l’exposition aura lieu mardi 11 juin, où le musée invitera Sugawara Keiko à faire une démonstration d’ajustement du kimono et du obi.

Asia Chic – L’influence des textiles chinois et japonais sur la mode des Années folles
Fondation Baur – Musée des Arts d’Extrême Orient, Genève
Jusqu’au 7 juillet 2019

Visites commentées publiques:
8 et 22 mai
5 et 19 juin
3 juillet à 18h30

Visites de la commissaire:
7 mai et 13 juin à 14h30

Conférences:
– « L’Asie dans la musique et le cinéma des années 1920 », par Didier Hagger, le 7 mai à 18h30

– Démonstration de l’ajustement du kimono et des nœuds du obi par Sugawara Keiko, le 11 juin à 18h30

www.fondation-baur.ch/fr/expositions

Avec la carte de membre L’Agenda Club, une entrée offerte pour une entrée payante!

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s