« Las Piaffas » font leur nid à Genève

Ce sont véritablement de drôles d’oiseaux qui ont pris possession de la scène du Théâtre du Grütli. Pour sa dernière saison à la tête de l’institution genevoise, Frédéric Pollier fait le pari – gagnant – de mettre en scène « Las Piaffas » de Serge Valletti, une adaptation-traduction de la pièce « Les Oiseaux » d’Aristophane.

Texte : Anaïs Mansouri

Crédit photo : Isabelle Meister

L’intrigue de cette réadaptation diffère peu de l’originale grecque: deux amis, Benjamin et Pistenterre, ont en tout simplement marre de payer des impôts. Leur idée? S’en aller trouver les oiseaux, ces êtres qui règnent sur les cieux entre les hommes et les dieux. Les deux compères arrivent, à force de discours, à montrer à leurs hôtes l’énorme pouvoir qu’ils ont entre leurs ailes. Ainsi, les oiseaux et leurs nouveaux alliés tenteront de reprendre ce pouvoir, quitte à aller à l’encontre des dieux.

Serge Valletti parsème « Las Piaffas » de nombreux jeux de mots (« trois poules mouillées »; « Chouette! Un hibou grand-duc ») et de références culturelles que le public attrape au vol (avec notamment un clin d’œil au classique Les Oiseaux de Hitchcock). La nouvelle cité des oiseaux se nomme Las Piaffas, hommage grinçant à Las Vegas, ville construite en plein désert pour satisfaire tous les désirs.

« Las Piaffas » est la sixième pièce d’un projet cher au metteur en scène français, « Toutaristophane », qui est une véritable entreprise de traduction et adaptation des œuvres d’Aristophane. À la fois satire sociale, comédie politique et réflexion sur la soif de pouvoir de l’homme, cette pièce haute en couleurs avait tous les atouts pour séduire non seulement Frédéric Pollier, directeur du Grütli, mais aussi le public.

Pendant plus de 2 heures, les spectateurs s’envolent en compagnie de ces personnages aussi loufoques qu’attachants. Le tout est accompagné d’une musique spécialement composée pour la pièce et brillamment interprétée par Philippe Koller et Anne Briset. La réécriture de Serge Valletti donne un coup de jeune à cette comédie classique et montre que, malgré les 2400 ans qui la séparent du texte d’Aristophane, ces joyeux volatiles de « Las Piaffas » n’ont rien perdu de leur verve.

« Las Piaffas », du 20 février au 11 mars 2018 au Théâtre du Grütli, Genève.

www.grutli.ch

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