Cette exposition n’est pas à propos de moi

Tels ont été les premiers mots de Gabriel Green, photojournaliste américain, lors d’un vernissage en deux volets, une exposition de photographie et une conférence publique autour de la question de la solidarité. C’est notamment cette solidarité qui est à l’origine du choix du lieu pour l’événement. En effet, suite à la manifestation du 14 juin 2014, des migrants ont pu loger pour un temps entre les murs de la Maison des Arts du Grütli.

Texte: Gauvain Jacot-Descombes

Photo: Gabriel Green

Mais qu’est-ce qu’un migrant au juste? Avant toute chose, « migrant-(e) » est un terme générique qui doit être contextualisé et précisé avant toute utilisation. Dans le cadre de cet événement l’association Vivre Ensemble propose cette définition: « Personne qui se déplace hors de son pays de résidence, que ce soit pour son travail, ses études, pour rejoindre sa famille ou encore pour fuir son pays ». Le rôle de l’association dans l’exposition est d’offrir un service d’information et de documentation sur le droit d’asile. La documentation qui y est disponible est destinée autant au grand public qu’aux journalistes.

Entre 2015 et 2016, Gabriel Green s’est engagé durant huit mois sur l’île de Lesbos en Grèce. Cette expérience l’a véritablement marqué: « J’avais des idées préconçues avant de débuter ma présence sur place. Mon premier instinct a été d’aller sur la plage, puis j’ai réalisé que je devais m’éloigner des photographies de bateaux pour apprendre à connaître les personnes dans les camps, car s’arrêter aux débarquements tient selon moi d’une documentation injuste et maladroite ». Le premier volet de l’événement est donc consacré à un travail emprunt d’humilité, de décence et d’une grande capacité de remise en question. De plus, le photographe a travaillé avec deux ONG pour réaliser ce projet, Northern Lights Aid et le CIPADH. La première porte assistance aux migrants en Grèce et la seconde cherche à promouvoir la paix et la défense des droits humains par la recherche et l’information. De cette collaboration est née une exposition forte d’un fond très bien vulgarisé et d’une forme aux antipodes du flux d’images largement diffusées depuis le début de la crise humanitaire.

Photo: Paolo Costa

Mais de quelle crise parle-t-on au juste dans cet événement? De la crise des migrants, ou d’une crise du système de protection des réfugiés appliqué par les États? C’est le deuxième volet de cette exposition qui est venu développer plus profondément les problématiques mises en images par Gabriel Green. Il s’est présenté sous la forme d’une conférence publique qui a été menée le 27 avril 2017, autour de la question de la solidarité comme indicateur de l’inacceptable.

Gabriel Green

Je laisse les mots de la fin à Gabriel Green: « Cette crise n’a rien de l’événement noir et blanc décrit par les médias. Tout ce qui se passe n’est que nuance d’informations. J’espère qu’à travers ces photos, le public trouvera des informations auxquelles il n’a pas eu accès jusqu’à présent ».

Vous pouvez vous rendre à l’exposition « Une crise humanitaire aux portes de l’Europe » jusqu’au 17 mai 2017.

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