Début de la route pour une nouvelle génération de danseurs

Etudiant à la Tanz Akademie de Zürich, l’italien Michele Esposito a remporté le Prix de Lausanne 2017.

photo_gregory_batardonMichele Esposito. Photo: Gregory Batardon

Le Palais de Beaulieu était bondé samedi après-midi pour la finale du concours lausannois. Le public, international, ne se privait pas d’exprimer son enthousiasme aux candidats se produisant sur scène. On a assisté d’abord à chaque variation classique, puis aux contemporaines et le niveau très élevé rendait les pronostics difficiles. Le jury notait les deux solos et bien que la finale soit décisive, il faut garder à l’esprit que les jurés ont suivi l’évolution des finalistes durant toute la semaine. On a donc pu voir les danseurs se confronter à des extraits des ballets ‟Paquita”, ‟La Bayadère”, ‟Giselle” ou encore ‟Don Quichotte”. Quant aux variations contemporaines, elles nous ont donné un aperçu des diverses chorégraphies de John Neumeier, présent dans la salle pour recevoir un Lifetime Achievement Award pour son engagement envers les jeunes danseurs. Pour les filles par exemple, les solos allaient de ‟Bach Suite II”, sur pointes, virtuose et ultra rapide, à ‟A Cinderella Story”, pieds nus et demandant plus de jeu théâtral, en passant par le mélancolique ‟Nocturnes”.

Le grand gagnant du jour est donc Michele Esposito, 17 ans et demi, étudiant à la Tanz Akademie de Zürich (ce qui lui vaut du coup le Prix du meilleur candidat suisse). Le jury lui a également décerné le Prix d’interprétation contemporaine pour sa prestation dans ‟Nijinsky”. Dans sa variation classique (le prince Solor de ‟La Bayadère”), il a montré de la maîtrise, de la puissance dans les sauts et une certaine présence charismatique. Son solo contemporain lui a valu une ovation du public: cette chorégraphie très physique et torturée permettait une interprétation puissante, pour autant qu’elle soit investie et assumée, ce qui a été le cas pour Michele.

La deuxième bourse a été attribuée à la brésilienne Marina Fernandes da Costa Duarte, totalement à l’aise et espiègle dans Kitri de ‟Don Quichotte”. Elle a réussi à apporter de l’émotion en contemporain dans ‟Préludes CV”, une variation difficile à interpréter. Marina gagne de plus le Prix du public, sans doute grâce à son style déjà personnel.

photo_rodrigo-buasMarina Fernandes da Costa Duarte. Photo: Rodrigo Buas

La troisième bourse va à Taisuke Nakao, Japon, qui montre une belle danse bien équilibrée, même s’il ne sortait pas exagérément du lot. La quatrième est pour un autre japonais, Koyo Yamamoto, très jeune et touchant dans ‟Yondering” de Neumeier. Lauren Hunter, USA, gagne la cinquième bourse avec une danse assurée et musicale. Le polonais Stanislaw Wegrzyn propose un prince Albrecht sombre, bien habité et semble s’amuser dans ‟Vaslaw”, il obtient la sixième place. La Tanz Akademie Zürich peut être fière de ses élèves, puisque la septième place est pour la roumaine Diana Georgia Ionescu, qui fait preuve de musicalité et d’une jolie interprétation.

diana-georgia-ionescu_gregory_batardon

Diana Georgia Ionescu. Photo: Gregory Batardon

La dernière bourse va à Sunu Lim (Corée du Sud), convaincant autant en Albrecht que dans la jubilatoire ‟Wrong Note Rag”. Parmi les non lauréats, on remarque quand même l’énergie folle de Yuika Fujimoto, à la fougue réjouissante et à la technique sans faille. On regrette sinon que la danseuse Fang qi Li n’ait rien obtenu, étant donné le temps suspendu et rêveur qu’elle nous a offert pendant sa variation classique.

yuika-fujimoto-gregory_batardon

Yuika Fujimoto. Photo: Gregory Batardon

sunu-lim_gregory_batardon

Sunu Lim. Photo: Gregory Batardon

 

 

 

 

 

 

La semaine n’était cependant pas tout à fait terminée, car ceux qui n’ont pas gagné de bourse participaient dimanche au Networking Forum, un cours de danse en présence de directeurs/trices d’écoles prestigieuses. De cette façon, la participation au Prix vaut la peine pour tous: l’année dernière, 45 candidats se sont vu ouvrir ainsi les portes d’une institution. Quant à Michele et aux autres lauréats, ils peuvent maintenant choisir dans quelle école ou compagnie ils vont parfaire leur formation. Car aussi talentueux qu’ils soient, ces jeunes danseurs en sont aux premiers pas de leur carrière. Comme le faisait justement remarquer John Neumeier en recevant son prix à l’intermède, on célèbre à Lausanne ‟ce qui pourrait être”. En attendant de voir, dans quelques années, ce qui sera.

Texte: Cécile Python

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s