Happy Birthday Linga!

La Cie Linga fêtait samedi ses 25 ans lors d’une soirée événement à l’Octogone. De 18h à minuit, pas moins de 9 propositions de danse de la compagnie ou d’artistes amis et complices invités pour l’occasion.

Après une carrière internationale, entre autres chez Béjart, Katarzyna Gdaniec et Marco Cantalupo créent en 1992 la Compagnie Linga, aujourd’hui reconnue internationalement. En résidence à l’Octogone depuis 1993, ils sont artistes associés du théâtre et comptent plus de 40 créations. Leurs pièces au langage contemporain se saisissent des situations politiques et sociales qu’elles expriment par le corps. Cette soirée anniversaire est lancée par Yasmine Char Wegmuller, directrice du théâtre: le public est libre d’aller et venir entre la salle et le foyer pour profiter de cette longue soirée selon ses envies.

a production of Compagnie Linga at "l'octogone", théatre de Pully idée et chorégraphie: Katarzyna Gdaniec / Marco Cantalupo

Photo: Gert Weigelt

Le « mini-marathon » commence par « C’est tout » de Samuel Mathieu, duo entre un sangleur (Jonas Leclère) et une danseuse (Fabienne Donnio) qui explore les différentes dimensions d’une relation. Ils jouent avec les possibilités qu’offrent les sangles : suspension, apesanteur, ralenti, portés, envol, danger, adrénaline. Les tensions et les échanges vont dans toutes les directions, au sol ou en vol.

Puis, Evangelos Poulinas et Christina Mertzani présentent « Metamorfosis », une recherche sur la symbiose. Dans cette danse fusionnelle et animale, les danseurs évoluent comme un seul corps, ce qui provoque parfois un effet comique, et produisent avec leurs membres des entrelacs organiques. Au début collés l’un à l’autre, les corps se séparent petit à petit sans perdre pourtant leur connexion.

Vient ensuite le duo « Postskriptum » entre Hector Plaza et Kiko López, chorégraphié par Francisco Córdova Azuela. Une pièce sur les adieux, une danse physique, avec sauts virtuoses, chutes et portés, à la fois brute et étonnamment douce dans l’interprétation touchante des deux hommes.

La première partie de soirée se termine avec « ONA White » de la Cie Linga, où sept femmes en blanc expriment la liberté et l’individualité au sein d’un groupe. La danse d’ensemble évolue vers de subtils décalages et se morcelle en petits groupes et en individualités, qui ont chacune leur rythme.

La Compagnie Linga revient après l’entracte avec « Between », une métaphore des murs qui se dressent, qui nous séparent ou qu’on déconstruit. Les interprètes manipulent des parois qui font naître différentes scènes plus ou moins inattendues.

On verra aussi un solo de Shantala Shivalingappa, belle danseuse à l’expression malicieuse qui mélange danse indienne et influences contemporaines, visiblement inspirée par Pina Bausch, jusque dans la longue robe qu’elle porte. Quant à Eun-Me Ahn, accompagnée de Hyekyoung Kim, elle secoue tout le monde avec une pièce décapante, colorée et comique, « Two ladies from Korea ». Sur des chansons populaires coréennes, on assiste à un vrai défilé de personnages en costumes loufoques et mouvements caricaturaux, provoquant l’hilarité dans le public.

Dans « Tabula Men », huit hommes évoluent autour de deux tables gigantesques et des variations spatiales qu’elles permettent. Ils prennent une série de poses variées, puis forment un magma de mouvement ponctué d’arrêts sur image. À mesure que les tables passent en plan horizontal, diagonal ou vertical, on assiste à des jaillissements de danse puissante dans cet espace qui se modifie continuellement. C’est magnifique mais on se sent un peu épuisé, submergé par tout ce mouvement.

La soirée se poursuit dans le foyer avec deux performances : le musicien Pierre Audétat, qui monte des extraits de vidéos Youtube avec lesquels il joue en live sur ses claviers et le chorégraphe Krassen Krastev qui présentait son solo « I wanna dance with somebody ». La fête se clôturait par une after avec DJ IGGY aux platines.

Si on devait trouver un thème commun aux pièces présentées lors de cette soirée placée sous le signe du partage, c’est peut-être le lien entre les êtres qui vient à l’esprit, tant celui-ci était présent dans les nombreux duos et pièces de groupe. Plutôt approprié pour fêter ensemble l’existence d’une compagnie.

Texte: Cécile Python

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