Au cœur du Prix de Lausanne

Cette semaine au Palais de Beaulieu, des jeunes danseurs venus du monde entier se rencontrent au plus haut niveau

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« Comment ça va ? Première fois sur une scène en pente, pour la plupart ? ». Les garçons de 17-18 ans acquiescent aux mots de Shelly Power, directrice artistique. Arrivés dimanche, les candidats du Prix de Lausanne – divisés en 4 groupes – alternent depuis les cours classiques et contemporains et les variations. Lundi 14h45, c’est au tour des garçons de passer une fois leur variation classique, sans jury, pour trouver leurs marques sous l’œil attentif de la régie responsable de lancer la musique au bon moment. La scène en pente de 3,5% de Beaulieu leur pose moins de problèmes qu’aux 15-16 ans qui ont répété avant. Des petites pertes d’équilibre aux rares chutes sans gravité, ils ont toute la semaine pour dépasser les couacs du début avant les sélections de vendredi et la finale de samedi.prix2

« Vous serez surpris de voir comme votre corps s’adapte facilement. Il faut juste vous relaxer et vous allez trouver votre centre. Qui est en jet-lag ? ». Quelques uns lèvent la main en souriant. Effectivement, sur les 68 candidats seul 1/3 vient d’Europe. Les autres sont d’Australie, du Japon, de Corée du Sud, du Brésil, de Chine, des Etats-Unis, des Philippines… Ceux-là ont le décalage horaire en plus à gérer dans leur journée de danse qui finira à 19h par du yoga relaxant. L’équipe semble aux petits soins avec les jeunes danseurs qui viennent à l’un des concours les plus prestigieux du monde dans l’espoir d’obtenir une bourse pour une école renommée ou pour une compagnie. Le niveau est très haut, mais on remarque quand même une nette différence chez les garçons entre les plus jeunes et les 17-18 ans qui ont une technique plus sûre et précise, plus de confiance et de puissance. Le groupe des filles est assez homogène en classique, il faudra probablement attendre les variations contemporaines pour qu’elles se démarquent. Pour rappel, chaque candidat prépare une variation classique et une contemporaine choisies parmi celles proposées.

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Mardi 9h, l’échauffement classique se termine et c’est le début du coaching contemporain pour les filles de 17-18 ans avec Laura Cazzaniga, maîtresse de ballet à Hambourg, qui les encourage à ne pas « faire comme quelqu’un d’autre. C’est vous ». Cette année, tous les solos contemporains sont de John Neumeier, chorégraphe directeur du Hambourg Ballet. « Contemporain » s’entend ici au sens d’actuel, Neumeier restant fidèle au vocabulaire de mouvement du ballet classique, bien que ses chorégraphies soient marquée d’une grande inventivité nourrie d’influences diverses. Il attache une grande importance aux motivations des personnages interprétés, principe que l’on retrouve dans le travail des coachs auprès des candidats du Prix. En plus de leur donner des conseils techniques, ils tentent de leur faire comprendre l’intention d’un geste. Par exemple en rappelant aux filles ayant choisi « A Cinderella Story » qu’elles sont censées être en colère, « Chaque pas veut dire non ». Les garçons eux travailleront avec Yohan Stegli, longtemps soliste du Hambourg Ballet. Dans « Yondering », il accompagne chaque mouvement de bras par des mots : « C’est un sac de riz, vous prenez…vous semez…ça pousse ». Vient ensuite le solo « Vaslaw », pas encore assez puissant à son goût : « pas assez de transpiration, ça ne va pas ! », provoquant des rires.

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Encore trois jours de compétition avant de se confronter aux sélections et seulement 20 iront en finale. Parmi les filles, on remarque la japonaise Mayu Nishizawa, pleine de fraîcheur, et la française Louise Coquillard ainsi que la coréenne Ji Min Kwon. Chez les garçons, le philippin John Edmar Sumera – à l’énergie communicative – se démarque, tout comme le portugais Diogo de Oliveira et l’australien Alexander Smith un peu ténébreux et à la technique assurée. De manière générale, on les sent plus à l’aise en classique. Mais certainement, le travail du jour va porter ses fruits dans les variations contemporaines. Rendez-vous samedi pour le verdict.

Texte: Cécile Python
Photos: Prix de Lausanne 2017, Gregory Batardon

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