Bienvenue chez Monsieur Chaplin!

C’est à Corsier-sur-Vevey que le premier musée entièrement dédié à cette figure incontournable du cinéma a ouvert ses portes. Chaplin’s World réunit Charlie et Charlot dans un cadre idyllique et vous plonge dans leurs univers grâce à des reconstructions spectaculaires.  

« Bonjour ! C’est Charlie Chaplin qui vous parle ! » C’est avec ces mots qu’on est accueilli dans ce qui est, véritablement, son chez lui. Le Chaplin’s World, projet unique au monde, s’est installé dans le hauteurs de Vevey où le cinéaste et sa famille ont habité de 1953 à 1977. Composé d’un restaurant « The Tramp » installé dans l’ancienne ferme, d’un Studio et du Manoir de Ban, le musée est entouré d’un immense parc où autrefois Charlie jouait avec ses enfants, pendant que Oona, la dernière de ses épouses, les filmait. Il a fallu 16 ans pour que ce qui n’était qu’une petite idée devienne le touchant hommage qu’est le site aujourd’hui : « c’est un grand plaisir de voir ce projet qui a été long à se réaliser » dit Eugène Chaplin, fils du célèbre réalisateur. « Enfin c’est un beau musée, un espace pour la famille » ajoute son frère aîné Michael, président de la Fondation du Musée Chaplin. Les deux ont participé samedi matin à la conférence de presse inaugurale, aux côtés de Dominique Marcel (PDG de la Compagnie des Alpes), Yves Durand (développeur et concepteur du projet), M. Jean-Pierre Pigeon (directeur de Chaplin’s World), et Béatrice de Reyniès (présidente de Grévin International).

C’est en 2000 que Philippe Meylan et Yves Durand se rencontrent : ces deux personnalités, très liées au monde Chaplin, proposent un projet de réunion entre Charlot et son maître Charlie au sein d’un musée à loger où l’acteur comique avait autrefois installé sa famille. L’idée plaît, Grévin monte à bord du train et les choses bougent. Quelques obstacles doivent quand même être surmontés, mais le résultat final vaut vraiment bien ces 16 ans d’attente. Dans la voix des organisateurs on reconnaît le brin de fierté et les yeux ne peuvent pas cacher l’émotion que cet événement spécial signifie pour eux : le jour où Charlie Chaplin aurait fêté ses 127 ans, il trouve finalement son ultime endroit de repos où toute son essence sera préservée. « L’esprit Chaplin est toujours là » confirme Eugène, premier des fils Chaplin né en Suisse et ayant grandi dans le Manoir de Ban.

En traversant les chambres du Manoir rénové on a effectivement l’illusion de faire partie de cette vie familiale représentée sur les vieilles photos noir et blanc encadrées sur les parois des couloirs. De la salle à manger, au salon avec le grand piano, en passant par la bibliothèque où Chaplin trouvait l’inspiration pour ses scénarios, on dirait qu’il est toujours là, dans la pièce d’à côté… et en fait il y est, mais en cire. Les différents objets personnels tels que lettres, brouillons, photos et petites vidéos complètent le joli cadre familial et à taille humaine que les réalisateurs du musée ont voulu recréer. « On voulait emmener le public à la découverte de l’homme derrière l’artiste » affirme Durand, qui se dit très satisfait de la façon dont son idée s’est matérialisée.

À quelques pas, c’est un univers complètement différent qui se dévoile. Les 1350 m2 du Studio sont consacrés à la vie professionnelle de Charlie Chaplin : on se retrouve alors face à la cabane vacillante de « La ruée vers l’or » ou face au chapiteau d’un cirque en miniature qui rappelle l’un des films qui lui a valu un Oscar. En parcourant une reconstruction du Hollywood Boulevard, qui à ses côtés cache des pièces tirées d’autres films tels que « La Banque » ou « Le Dictateur », on a la chance d’admirer des objets de scène, des costumes originaux et des documents précieux, comme par exemple la lettre signée par la Reine Elizabeth d’Angleterre lorsqu’en 1975 elle l’anobli du titre de Chevalier Commandeur de l’Ordre de l’Empire Britannique. Des statues en cire de Grévin, 36 sur la totalité du site, dont certaines représentant des personnalités du monde artistique liées à Chaplin, viennent compléter l’aménagement de cet immense studio hollywoodien interactif qui accueille aussi la reconstruction d’un atelier de montage cinématographique.

Le projet, soutenu par la Compagnie des Alpes, se veut une invitation mondiale à découvrir l’univers de celui qui a passé son dernier quart de siècle aux bords du Léman : l’art et le talent de Chaplin « sont aujourd’hui toujours reconnus à échelle planétaire » dit Yves Durand. Il est donc normal qu’on s’attende un public très diversifié venant des quatre coins du monde : le musée est facilement accessible avec les transports publics et dispose d’un ample parking. À souligner l’internationalité du projet, des tours guidés en différentes langues, parmi lesquelles le chinois et le japonais, seront offerts aux visiteurs, dans le but d’engendrer une véritable communication entre l’art et le spectateur. Une application est aussi disponible, pour tous ceux qui veulent se préparer à l’avance pour la visite. Le nom du musée, suggéré par l’artiste même au biais d’une de ses citations les plus célèbres « I’m a citizen of the world », présente déjà bien l’ampleur du projet. « On le dit sans prétention, on s’adresse à la planète » conclut Yves Durand.

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Coupe du ruban

Depuis sa fondation, la Cie des Alpes se donne pour but d’exploiter des très beaux parcs pour en faire des sites exceptionnels du point de vue historique et naturel, pouvant offrir des moments uniques et inoubliables. Avec la création de Chaplin’s World, cela semble bien réussi. Dominique Marcel, son président, est ravi : « on est certains de pouvoir offrir des émotions dont vous vous souviendrez souvent ». Suite à la coupe du ruban de samedi 16 avril à la présence de nombreuses autorités locales, de membres de la famille et d’invités du monde entier, le musée a ouvert officiellement au public le dimanche 17 avril à 10h. Chaplin’s World, c’est un musée émouvant, attachant, qui vous accompagne à la découverte de l’humanité du cinéaste qui a su parler à tant de cœurs sans pourtant émettre un seul mot.
Charlie Chaplin est de retour, mais c’est le retour de quelqu’un qui n’est jamais vraiment parti.

Texte et photos: Céline Stegmüller

 

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