Plein phare sur l’Usine à Gaz

L’annonce du programme de l’Usine à gaz pour la période septembre-décembre fait mouche. On attend avec impatience les shows de cette programmation qui balance entre valeurs sûres et trouvailles d’exception.
Chango Spasiuk. Photo: Ignacio Arnedo

Chango Spasiuk. Photo: Ignacio Arnedo

Le 2 septembre, Pierre-Yves Schmidt a levé le voile sur la programmation de la demi-saison de l’Usine à Gaz lors d’une conférence de presse. C’est chose assurée: la diversité des spectacles, la profusionde genres musicaux, ainsi que les traditionnelles soirées à thème ne vous laisseront pas à la merci de l’ennui durant les mois automnaux.
Côté concert, l’Usine à Gaz accueillera Bigflo et Oli, rappeurs toulousains pleins d’humour et dont on connaît déjà bien la capacité à enflammer les foules. Ces stars en herbe du hip hop feront un passage remarqué à Nyon et les billets risquent de partir comme des petits pains. Vous voilà prévenus!
D’autres groupes bien connus dans la région s’arrêteront à l’Usine à Gaz pour des moments d’émotion forte. Ez3kiel propose une musique d’une autre planète qui s’apprécie en symbiose avec un jeu de lumières exceptionnel, ce qui leur confère une identité visuelle hors du commun. Soviet Suprem et son humour décalé s’inviteront à Nyon pour une soirée électro-balkanique, tandis que Luce, associée à Mathieu Boogaerts, charmera les adeptes de chanson, style qu’elle sait parfaitement relever d’un brin d’impertinence. L’argentin Chango Spasiuk, accompagné de son accordéon, fera voyager les auditeurs sur les airs du chamamé, world music issue du nord-est de l’argentine et peu connue en Europe. A découvrir également, Elvett (Alain Frey et Lyn du groupe Aloan), l’incroyable Chassol (dans le cadre du festival Jazz Contreband), l’afrobeat de Tony Allen et le reggae de Yaniss Odua.
Le théâtre humoristique et musical se taille une belle part dans le programme de l’Usine à Gaz, avec la venue du spectacle « Tonton Pierrick astique le rock », durant lequel Pierrick Destraz nous feraremonter aux origines du genre à grand renfort de riffs et d’anecdotes. A ne rater sous aucun prétexte, « Lou » de la Cie de l’Ovale, cabaret théâtral qui met à l’honneur la pensée de Lou Andreas-Salomé à travers des textes et des échanges épistolaires. Philosophie, psychanalyse et poésie serontau rendez-vous, le tout accompagné de chansons de Pascal Rinaldi.
Inventive, la structure culturelle prévoit des café-concerts gratuits, ainsi que des soirées à thème. Le 11 septembre, c’est le blues de The Two qu’on pourra découvrir en format café-concert, alors que la première des fameuses soirées Coquillages et Crustacés se tiendra le samedi 12 septembre avec une « spéciale années 80 ».
En ce qui concerne son activité durant la période post-décembre 2015, l’Usine à Gaz reste pour l’instant dans le flou. Elle attend en effet la décision du Conseil communal à propos d’un projet d’agrandissement, déposé pour faire face à l’exiguïté des locaux actuels. Si celui-ci est validé par les autorités, il lui permettra de bénéficier d’une nouvelle salle, à savoir un théâtre de 230 places, rendant possible la résidence des compagnies sur un temps plus long et dans de meilleures conditions ainsi que l’accueil tous les spectacles et concerts assis. Une période de travaux en 2016 est dans tous les cas prévue, car les bureaux utilisés par le personnel doivent être rasés pour cause de vétusté. Le staff de l’Usine à Gaz planche sur la possibilité de prévoir des spectacles « hors les murs » – ce qui pourrait permettre une deuxième moitié de saison, pour autant qu’elle soit moins importante que de coutume.
Texte: Marie Berset
Lou. Compagnie L'Ovale

Lou. Compagnie L’Ovale

Jval fait du charme

Pour sa 11ème édition, qui s’est tenue du 27 au 29 août 2015, le Jval s’est offert une belle programmation musicale et un temps impeccable, le tout dans une atmosphère chaleureuse. De quoi faire la nique à la fin de l’été et coller un sourire béat sur le visage des festivaliers de la Côte.

La scène du Jval.

Après avoir fait l’expérience du Jval, on a tout simplement envie de lui décerner la palme du plus sympathique des festivals. S’il est certes à taille humaine, le Jval n’en a pas moins de multiples cordes à son arc. Situé dans le vignoble jouxtant le village de Begnins, le festival bénéficie d’un panorama à couper le souffle. Il permet à son public de voir le Léman d’en haut, et de fixer la blancheur du célèbre Mont droit dans les yeux. On ne peut que s’extasier devant la beauté du lieu.

Cette année encore, Jval – façon amusante de dire « cheval », animal emblème de l’événement – a fait la part belle aux artistes suisses. LiA, Jonas et Dear Deër sont venus ravir les festivaliers de début de soirée avec conviction et poésie. Tunksten nous a présenté de l’électro résolument expérimentale, tandis que Monoski, duo de stoner rock bien trempé, a fait bouger des chevelures. Verveine, couplant voix magnifique et sons hallucinogènes, a emmené son audience à 10’000 pieds de hauteur, et La Gale nous a gratifié d’un concert engagé et plein de verve que le public n’est pas près d’oublier.

Mais le festival begninois ne se contente pas de la production locale. Il va chercher des groupes d’ailleurs, et parfois de loin, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Les belges de Balthazar ont fait vibrer la foule grâce à leur générosité et leur présence scénique incomparable. Le canadien Andy Shauf a conquis le cœur des amateurs de songwriting par sa douceur attachante, et la française Madjo nous a séduits avec une pop rieuse, féerique et entraînante. Les musiciens de Pulled Apart by Horses, en provenance directe de Leeds, ont mis le feu aux poudres avec une aisance incroyable et une énergie sans faille. On les attendait impatiemment, mais on a quand même pris une claque.

Jval fait également plaisir aux gourmands, proposant lard grillé local, soupe, burgers, raclette, ainsi que de délicieuses tranches de fondant au chocolat et de gâteau aux carottes. Idéalement placée devant la scène, une fontaine permet aux spectateurs de récolter de l’eau fraîche à tout moment et ainsi de se désaltérer gratuitement. Décidément, les organisateurs du Jval ont trouvé la recette idéale pour ravir nos sens ! Dans l’atmosphère intimiste du festival, il n’est même pas rare de pouvoir partager une bière avec les artistes. On y retourne sans faute l’année prochaine.

Texte: Marie Berset

Pulled Apart by Horses. Photo: Cédric Sandoz.