33, rue des Grottes

Après avoir travaillé quelques années dans le marketing, Lolvé Tillmans décide de faire de sa passion son métier et consacre désormais tout son temps à l’écriture. Refusant de se limiter à un seul genre, ses créations vont du roman de fantasy aux courts essais, en passant par des notules littéraires. Avec « 33, rue des Grottes », paru aux éditions cousu mouche, l’auteur nous propose une descente aux enfers sur fond genevois !

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Le quartier des Grottes, qui se niche juste au-dessus de la Gare de Genève, abrite aujourd’hui un ensemble d’habitations charmant et hétéroclite, les vieux immeubles du XIXe siècle côtoyant les bâtiments colorés résolument modernes. Cette ambiance singulière se retrouve également dans la diversité de ses habitants : étudiants, femmes d’affaire, ouvriers, étrangers, genevois pur souche… Ces rue typées sont donc, pour un écrivain, un excellent point de départ pour un essai littéraire sur la société actuelle genevoise, ce que semble nous proposer de prime abord Lolvé Tillmans….

Nous faisons donc la connaissance, dans les premières pages, des habitants d’un immeuble de ce fameux quartier. Il y a ainsi Caroline et Stéphane, un jeune couple amoureux, Nicolas et Hélène, qui traversent les difficultés d’une première grossesse, la famille de Mei, une petite fille chinoise, Carlos, un étudiant gay, Bekim et ses collègues ouvriers clandestins et finalement Julieta, la vieille concierge de l’immeuble. Comme nous, ces personnages avancent dans leur vie tranquillement, malgré leurs petits soucis quotidiens, avec la naïve impression que les horreurs et catastrophes qui se déroulent à l’étranger, et dont font régulièrement écho les médias, ne pourraient jamais se produire en Suisse. Jusqu’au jour où leur train-train quotidien bascule par l’arrivée d’une mystérieuse épidémie meurtrière. Les habitants vont dès lors faire resurgir leurs instincts primaires de survie, se battant chacun pour soi dans une Genève devenue soudainement sauvage !

Si vous cherchez votre prochaine lecture du soir, passez votre chemin : vous risquez une nuit agitée remplie de cauchemars ! En effet, l’auteur maîtrise parfaitement les tensions psychologiques d’un plume noire et sans pitié, tandis que le choix du mode narratif interne (on passe de la tête d’un personnage à l’autre) renforce l’idée de panique et de non-information vécue par les protagonistes. On soulignera également le crescendo dramatique bien dosé et l’on ne regrettera que la fin, brutale, qui nous laisse dans un sentiment de frustration et d’insécurité tenace !

Pour en savoir plus sur l’auteur et ses textes, rendez-vous sur son site internet : http://www.lolvetillmanns.ch.

Texte : Aurélie Quirion

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