Tehillim

Victoria Hall de Genève, le 22 février 2015

« Je prends une partie des Psaumes, un texte occidental classique, dans la langue hébraïque originale, et j’utilise un nombre assez important d’instruments traditionnels, ainsi que des chanteurs interprétant le texte sans fioriture, bien que ce soit très complexe du point de vue rythmique. » (Steve Reich)

Photo : Gregory Batardon

Photo : Gregory Batardon

C’est cette œuvre « pour quatre voix de femmes et ensemble », composée en 1981, que le Victoria Hall a décidé de présenter dans le cadre de ses Concerts du dimanche. Interprétée par l’Orchestre de Chambre de Genève et l’ensemble vocal Silbersee, ce dernier s’éclipse ensuite pour laisser place à la Symphonie no 35 en ré majeur K. 385 de Mozart, dite « Haffner ».

Aussitôt le « la » donné et Arie van Beek en place pour mener les musiciens, le voyage commence… Nous voici plongés dans un autre temps et un autre espace, aux origines de l’humanité. Car c’est l’appareil le plus élémentaire qui ouvre cette marche vers le primitif : le corps lui-même. Il s’agit d’un instrument rythmique d’abord, mélodique également. Les percussionnistes tapent dans leurs mains, tandis que les choristes usent de toutes leurs cordes, tous menés par un chef qui, dénué de sa baguette, semble s’effacer devant tant de simplicité. Ces échos, paraissant exotiques, résonneront pendant toute la durée d’une musique élégamment ornée par de longues notes favorisant l’introspection. Voici donc de quoi porter sur le compte de l’imagination les quelques infimes fausses notes ressenties vers la fin de cette première partie, pour se laisser pleinement aller à la rêverie.

Kaoli Isshiki (soprano), Francine Vis (mezzo-soprano), Els Mondelaers (mezzo-soprano) et José Kamminga (alto) sont chaleureusement et avec mérite applaudies, avant d’aller s’asseoir dans la salle. Et c’est alors un tout autre décor qui est mis en place : les micros et haut-parleurs devenus superflus sont retirés, des timbales sont ajoutées. Au total, la pause aura duré 20 minutes, période un peu longue proportionnellement à la durée des morceaux.

Deux contrebasses et un basson supplémentaire font leur entrée en même temps que les autres instrumentistes pour cette seconde partie. Et quel changement radical ! Nous voici en territoire connu : celui d’un compositeur maintes fois joué. Le chef reprend alors ses droits de maître de cérémonie et s’en donne à cœur joie, donnant la mesure de tout son être ! Les violons, jusque-là relégués à un statut d’accompagnement, sont également ravis de pouvoir se laisser entendre de manière plus vive, tandis que les nouveaux arrivants marquent par leurs graves une partition entraînante. Ressentie presque comme une course, celle-ci s’achève dans une synchronisation parfaite et est suivie d’une vigoureuse ovation.

Profitez d’aller à un concert en changeant vos habitudes !

Seul(e) plutôt qu’accompagné(e), en fin d’après-midi plutôt qu’en soirée, les yeux grands ouverts plutôt que fermés, observez et écoutez, appréciez, vibrez !

Texte : Michael K.

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