Porgy & Bess

Le New York Harlem Theatre magnétise le Grand Théâtre depuis le 13 février avec les mélodies chaudes et colorées du célèbre Opéra américain folklorique Porgy & Bess.

C’est avec beaucoup d’enthousiasme et une grande curiosité que la foule genevoise se presse dans les rangées bondées du Grand Théâtre, le vendredi 13 février lors de la première de l’Opéra “Porgy & Bess”. Si les accoutumés de la salle sont plutôt habitués aux opéras classiques européens, le spectacle nous plonge dès les premières notes dans une atmosphère jazz afro-américain typique de Caroline du Sud.

STAGIONE LIRICA 2011-2012 Teatro di San Carlo THE GERSHWINS’

En effet, la trame nous fait découvrir les habitants du village de Catfish Row, où les anciennes maisons coloniales sont désormais occupées par une communauté afro-américaine. Le train-train joyeux de ces habitants est soudainement brisé lorsque Crow, un jeune drogué en marge de la société, s’emporte après une partie de dés et tue l’un de ses adversaires. Son amie, la sulfureuse Bess, trouve alors refuge chez Porgy, un mendiant handicapé secrètement amoureux d’elle. Le fil de l’histoire suit cette étonnante rencontre et les nombreux évènements, heureux et funestes, qui lui succèdent.

Créé en 1935 à l’Alvin Theatre de New York, ce spectacle est le premier “American Folk Opera”, un melting pot s’inspirant tant de l’univers lyrique classique que des sons typiques afro-américains. Son auteur, George Gershwin, fils d’immigrés juifs qui grandit à Harlem, s’intéresse depuis son enfance aux ragtime, blues et jazz. Lorsqu’il découvre en 1925 le roman “Porgy” de DuBose Hayward, il retrouve immédiatement derrière ces mots la musique qui lui est chère et décide alors de créer un opéra qui ne serait joué que par des acteurs afro-américains. À ses débuts dénoncé pour des caractères jugés racistes (les personnages étant très caricaturés), cet opéra devînt célèbre durant la deuxième moitié du XXe siècle et nombre de ses titres font aujourd’hui partis du registre standard jazz, tel que l’incontournable “Sommertime”.

STAGIONE LIRICA 2011-2012 Teatro di San Carlo THE GERSHWINS’

Dirigée par William Barkhymer et mise en scène par Baayork Lee, la pièce nous enchante par son dynamisme, ses sons jazz puissants ainsi que ses décors folkloriques : la troupe du New York Harlem Theatre évolue au milieu d’anciennes maisons coloniales en bois, qui forment le village de Catfish Row. Les danses, plus entraînantes les unes que les autres, sont mises en exergue par le grand nombre d’acteurs sur scène (plus d’une trentaine par moment !) et proposent des effets sympathiques, tels que l’effet de groupe “figé” lorsque Porgy chante. Opéra résolument lyrique, il mêle avec succès la musique jazz et les chœurs typiques des églises afro-américaines, le tout parsemé d’humour malgré les nombreuses tragédies de l’histoire.

Venez rire et pleurer aux sons afro-américains de ce célèbre Opéra, jusqu’au 24 février au Grand Théâtre.

Texte : Aurélie Quirion

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