Nisennenmondai

Festival Antigel à Genève, le 8 février 2015

« We are Nisennenmondai. » [Nous sommes Nisennenmondai.] (Masako)

@ DR

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…Et tout est dit.

Car si d’aucuns cherchent à qualifier la musique de ce groupe, tantôt rapprochée du « post-punk », tantôt simplement définie comme étant « expérimentale », et que l’adjectif « supersonique » semble effectivement faire écho au genre, la tentative peut pourtant sembler peine perdue ; pourquoi chercher ailleurs, lorsque tout est dans le titre ?

Nisennenmondai ou le « Bug de l’an 2000 » est un groupe créé en 1999 et se compose d’un trio de talentueuses japonaises : Yuri Zaikawa à la basse, Sayaka Himeno à la batterie, Masako Takada à la guitare. Ce soir-là, c’est l’association cave12 qui a décidé de les héberger, dans leur antre située sous l’HEPIA de Genève.

A l’entrée, il a tout d’abord fallu se frayer un chemin entre les fumeurs, puis une fois à l’intérieur, l’idée de commander une boisson au bar a dû être abandonnée, faute d’attention. Mais heureusement, quelques minutes ont suffi à contrebalancer cette arrivée sur place en demi-teinte, à peine le temps que les artistes accordent leurs instruments avant d’épater l’audience !

Zai ouvre la marche à gauche, rapide et précise, droite et régulière. Durant tout le concert elle forcera le respect par sa rythmique, presque parfaitement soutenue. Derrière au centre, Hime met le feu, agitant tout son corps tandis qu’elle bat la chamade sans jamais capituler. Elle est si pleine de ferveur que ses cheveux, oscillant tel un métronome dopé, semblent prêt à tout moment à se prendre dans ses baguettes ! Enfin Masako, calme et concentrée, se fait à droite plus discrète sur scène, mais sûrement pas dans les morceaux ! Car, ne se contentant pas de jouer de sa guitare de manière conventionnelle, elle utilise tout un appareillage couplé à son instrument qui lui permet de faire appel à une gigantesque panoplie de sons.

Aussitôt le prélude achevé, l’ambiance est au rendez-vous et l’assemblée est prise de mouvements frénétiques. Au début sans y prendre garde, le plus gros du groupe se laisse simplement aller à ses sensations. Mais profitant d’un éclair d’inattention, ne pourrait-on se surprendre à observer et à raisonner sur cette masse dynamique ? Scrutant les ombres, une question saugrenue peut soudain apparaître : est-ce que dans cette cave se tiendrait en réalité un rassemblement de zombies qui, pris de convulsions, seraient si bien entraînés dans cette danse incontrôlable qu’ils en oublieraient de garder leur part d’humanité ? Sourire… Et reprise de plus belle, car ce sont les vibrations incroyables crées en cet endroit qui parcourent le corps et l’esprit du spectateur, reconnaissant le génie des artistes. Les ondes soufflent alors comme un vent de folie sur le visage et rafraîchissent, dans cette chaude atmosphère.

Riche et mémorable expérience.

Texte : Michael K.

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