Le Roi Lear à la Comédie : splendeurs et décadences des rapports familiaux

Le grand classique de William Shakespeare, mis en scène par Hervé Loichemol, est une pièce foisonnante qui évoque la complexité des relations familiales et de la transmission.

Photo : Marc Vanappelghem

Photo : Marc Vanappelghem

Il n’est pas aisé de raconter l’œuvre-fleuve de Shakespeare, tant le bouleversement des éléments à disposition est une constante qui s’écrit tout au long de la pièce. Ce qui peut sembler simple au départ – un vieux roi souhaite que ses dernières volontés soient accomplies par anticipation et partage son royaume entre ses trois filles – nous entraîne dans un tourbillon fait de rebondissements et de retournements de situation.

C’est accompagné d’un fond sonore étrange et grinçant que le roi Lear entre en scène dans le célèbre acte I, accompagné de ses filles et des autres protagonistes. L’échiquier est en place, les pièces avancent petit-à-petit. À ce moment précis, le spectateur distingue comment l’équilibre des pouvoirs va se construire et qui va entraîner les bouleversements dans ces relations familiales.

Deux intrigues s’en suivront, celle du roi Lear et de ses filles ainsi que la bataille de Gloucester et de ses fils. Dans les deux cas, c’est de rupture des liens familiaux qu’il s’agit. La famille nucléaire, noyau dur fictif qui protège artificiellement par les convenances et l’étiquette, vole en éclats dans un mouvement de spirale dont aucun des personnages ne sortira indemne.

La mise en scène de Monsieur Loichemol marie dans un bon équilibre des éléments de modernité vestimentaire avec un texte on ne peut plus classique. Ce contraste, porté par des effets scéniques intéressants et modernes, ne parvient néanmoins pas à dissiper quelques maladresses et le jeu peu convainquant de certains des comédiens. Si l’on retrouve avec surprise Brigitte Rosset dans une interprétation plus que convaincante de la perfide Regane, c’est avec plus de circonspection que l’on verra évoluer un Roi Lear en demi-teinte et peu convaincu accompagné d’une Goneril franchement agaçante et surjouée.

Au final, ces contrastes et ces déséquilibres dans le jeu offrent à la pièce une évolution incertaine et pleine de doutes qui donnent du plomb dans l’aile à l’ensemble. Prenons à titre d’exemple la scène de la tempête, un peu grossière avec des comédiens en décalage et peu convaincants.

Sur une note positive, les formidables Cordélia (et le fou alter-égo) et Edgar, très bien interprétés par les comédiens Camille Figuereo et Frank Arnaudon, savent tirer leur épingle du jeu avec un jeu fluide et une excellente présence scénique qui rééquilibre un tant soit peu la perplexité ressentie.

Texte : Oscar Ferreira

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