« Le poids des éponges »: la fabuleuse valse aquatique de Guilherme Botelho

Représentation du 8 octobre 2014 au Théâtre de Beausobre

C’est en 2012 que Guilherme Botelho décide de retravailler cette pièce qu’il a créée avec la Cie Alias en 2003. “Le poids des éponges” est une œuvre phare de la Compagnie. A la fois drôle, festive et grave, le spectacle est toujours accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par le public. Pour Botelho, cette recréation signifie de pouvoir amener un sujet plus loin, avec plus de finesse et de pertinence. C’est une manière de revivre une pièce en appréhendant le temps qui passe, pour lui comme pour les interprètes (entretien sur forum-meyrin.ch). Ainsi, la structure est travaillée par une distribution différente de celle d’il y a dix ans, mais l’essence de la pièce reste : surréaliste et tourmentée, l’histoire qu’elle raconte n’en est pas moins concrète.

 

En trois volets, on tourne autour de la vie d’un trio familial: le père, la mère et leur fille adolescente. Dans leur relation, c’est d’abord le conflit qui est traité, puis la complicité, et enfin les difficultés de communication. Autour d’eux, une explosion de personnages dansant, errant, tombant. Tour à tour la samba de Chico Buarque, les compositions de Dimitri Chostakovitch, et le piano version Domenico Scarlatti rythment les tableaux dépeints dans cette ébullition de mouvements. Et à la lisière de la scène, un nageur fait des longueurs de plateau sur une fine pellicule d’eau, témoin de ces tranches de vies où se mêlent évidences et mystères.

 

Photo: Grégory Batardon

Photo: Grégory Batardon

On dérape du réel vers l’onirique, comme souvent avec Botelho. Une chaise, un piano qui se déplacent seuls sur la scène, les phares d’une voiture qui apparaissent soudainement, des trombes d’eau qui s’abattent sur le plateau, et des nageurs qui pour autant plongent dans un bassin sans profondeur. Et le final, quel moment loufoque et à la fois si esthétique. Le public en est resté bouche bée! En effet, que dire quand neuf des onze interprètes se présentent en maillot de bain, prêts à plonger, et que tout à coup une cascade se met à couler du ciel, éclaboussant le premier rang?

 

On se laisse emporter par cette explosion de personnages et de chorégraphies, magnifiés par un jeu d’éclairages parfait. Le spectateur ne s’ennuie pas une seconde, tant la pièce lui réserve de surprises.

Dix ans après, le succès est toujours au rendez-vous!
Texte: Rachel Mondego

Photo: Grégory Batardon

Photo: Grégory Batardon

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