Prêt à entendre toute « La Vérité »?

Pour son début de saison, le théâtre Alchimic propose « La Vérité », une pièce de l’auteur à succès Florian Zeller. C’est la première fois qu’un texte de l’auteur franco-helvétique est monté en Suisse, sous le regard du metteur scène genevois Elidan Arzoni.

L’intrigue est celle d’un vaudeville classique : deux couples d’amis liés par la tromperie et l’adultère.  Michel (Elidan Arzoni) trompe en secret sa femme Laurence (Camille Bouzaglo) et son meilleur ami Paul (David Marchetto) avec la femme de ce dernier, Alice (Janine Piguet), faisant de sa vie une succession de mensonges…

Un long couloir, des comédiens habillés de noir, une lumière crue: le choix de la mise en scène privilégie la sobriété. Le pari d’Elidan Arzoni est de sortir le vaudeville de son traitement habituel et codé. Sa mise en scène allie audace et originalité, puisque le théâtre de l’Alchimic s’est métamorphosé, adoptant un dispositif bi-frontale, où les gradins sont disposés face- à- face, obligeant le public à se voir et s’observer. Un choix qui peut surprendre, gêner ou amuser, c’est selon. Cette disposition répond au sujet de la pièce qui met en scène le mensonge et notre rapport avec lui. Elle montre non seulement le mensonge que l’on fait aux autres, celui que l’on pense nécessaire, mais aussi celui que l’on se fait à soi-même, en s’aménageant des petits arrangements avec la réalité…

Image: Alan Humerose

Image: Alan Humerose

Le rire, élément essentiel du boulevard, est aussi pris à revers. Les quatre comédiens, tous excellents, offre une partition naturelle et dénuée d’effet visant à faire rire. Le résultat est que le comique jaillit du texte, dans toute sa cruauté et son cynisme. La comédie devient un drame dans lequel le spectateur, à la fois invité et voyeur, se retrouve confronté à ses propres interrogations. La mise en abyme est parfaitement articulée : des spectateurs entrent dans l’illusion théâtrale, en compagnie d’acteurs interprétant une pièce sur le mensonge. C’est tout le système dramatique qui est ainsiexposé, dévoilant les limites mais aussi l’incroyable force de la fiction, qu’elle soit artistique ou inscrite dans un quotidien.

La Compagnie Métamorphoses nous propose une expérience curieuse et stimulante, tant par l’universalité et l’humanité de son sujet que par sa réflexion sur le théâtre. La « Vérité » se joue encore jusqu’au 2 octobre au théâtre Alchimic à Carouge.

Texte: Marie-Sophie Péclard

Image: Alan Humerose

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