« Fever » en mode mineur

« J’ai suivi la lueur d’une étoile pour me rendre compte que c’était celle d’un entrepôt frigorifique. »

Extirpée de la pièce Fever à la vie à la mort, cette réplique raconte le désœuvrement et le désenchantement qui se jouent actuellement au Théâtre le Poche à Genève. Dans cette nouvelle création, le metteur en scène Attilio Sandro Palese s’est inspiré du « film culte » de ses parents, Saturday Night Fever. Mais sa production ne fait pas revivre le disco: il est là en esquisse, en référence, en prétexte à une peinture d’une jeunesse à la fois révoltée et désillusionnée. La fièvre de Palese n’est pas celle de la rage, mais de la maladie qui ronge les rêves et les âmes.

La scène est surmontée de gradins qui évoquent à la fois ceux des salles de spectacle et ceux des cours d’école. Un groupe de six jeunes s’y déchire et s’y aime, en attendant samedi. Ce soir-là, Tony dansera avec Stéphanie. Les deux jeunes répètent, non loin d’Anette, l’ancienne partenaire de Tony…

Image: R. Bowring

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Sur cette trame, Attilio Sandro Palese offre un récit décousu en saynètes, dont le rythme inégal est sauvé par une scénographie nerveuse et un jeu puissant. La détresse de cette bande de jeunes vibre et résonne, contrebalancée tant par l’humour de la mise en scène que l’énergie et la grâce des interprètes. Le metteur en scène s’est entouré d’une troupe de jeunes comédiens, dont certains juste sortis des écoles des théâtre: Aurore Faivre, Jérôme Denis et Nathan Eude. Avec Blaise Granget, Julie-Kazuko Rahir et Bastien Semenzato (qui offre une partition particulièrement subtile au personnage d’Eugène), ils donnent tous magnifiquement corps à cette jeunesse brisée, entre poses désinvoltes et pas de danses discrets mais très bien réalisés, sous la direction de Caty Eybert.

En somme, Fever à la vie à la mort est un spectacle vibrant et émouvant. On regrette seulement que la force du propos n’est pas été mieux amenée, afin de soutenir cette belle jeunesse. L’ensemble, bien que fragile, reste prenant et séduisant. À découvrir au Théâtre le Poche, jusqu’au 3 octobre.

Texte: Marie-Sophie Péclard

Image: R. Bowring

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