Le Royal Philharmonic Orchestra en concert le 10 septembre pour Septembre Musical

Depuis 2007, le Royal Philharmonic Orchestra est devenu un habitué du Septembre Musical. Cette année, les musiciens de cet orchestre prestigieux nous font encore l’honneur d’être présents, plus talentueux que jamais.

Ce mercredi 10 septembre, c’était à l’Auditorium Stravinski du 2M2C de Montreux que se tenait le concert, dirigé d’une main de maître par le chef d’orchestre suisse Charles Dutoit.

Après une courte attente, on s’installe aux côtés d’une foule à l’enthousiasme courtois, parmi laquelle on sent frémir la passion du classique. On apprécie la grandeur et la magnificence de l’Auditorium, paré de murs de bois et d’un plafond mobile. Tout semble prêt pour nous offrir une expérience acoustique qui sort de l’ordinaire.

Les lumières se tamisent, les artistes entrent en scène, salués par une salve d’applaudissements. Charles Dutoit arrive à son tour et entraîne ses musiciens sur Richard Wagner, le Vaisseau Fantôme. Une ouverture qui fait ronronner les instruments dans un ensemble magique, délicat et marqué. Ponctuée d’élans impétueux, la mélopée nous emporte dans des chasses à courre imaginaires, avant de nous plonger au cœur de l’errance d’un héros au visage flou.

Photo: Yunus Durukan

Photo: Yunus Durukan

S’ensuit, pour la deuxième partie, l’arrivée de Monsieur Radu Lupu, pianiste roumain à la réputation inébranlable. Le maestro est aussitôt reconnu et acclamé dès son entrée sur scène, et l’enthousiasme qui se faisait ténu est soudain grondant, grandissant.

Il s’installe au piano et la magie opère dès les premières notes. Concerto pour piano et orchestre en do mineur, op.37 de Beethoven. La technique et l’art de ce grand musicien est indiscutable, et on ne peut que savourer les délicats clappements des notes d’un piano qu’il effleure. Les violons et violoncelles accompagnent le tout sous les gestes vifs et allègres de Charles Dutoit.

On est emporté, transporté, on se rêve en naïade au bord de l’eau, puis en muse glissant sur des portées.

Le public retient Monsieur Lupu par de nombreux vivats auxquels le pianiste répond en interprétant un thème nouveau. Finalement rassasiée, la foule salue l’artiste qui se retire humblement, un bouquet sous le bras.

Le final est d’autant plus insolite. Le Royal Philharmonic Orchestra interprète la Symphonie n°15 en la majeur op.141 de Dmitri Chostakovitch. Après une petite pause, on se replonge dans un univers où les tintements du xylophone nous chatouillent les tympans. S’ensuivent les ramdams des tambours, la flûte ingénieuse qui semble narguer les autres instruments et contre laquelle répondent les cordes, à la fois graves et tragiques. La déflagration a bien lieu, austère, bien tenue, et tous les instruments s’expriment dans un vagissement à nous faire vibrer l’âme. Peu à peu, l’intensité diminue, la musique s’éteint, on nous dit au revoir. La musique continue d’aller et venir en nous, tandis que les thèmes sont repris avec affabilité.

Les musiciens lèvent le coude. Le concert est terminé. Les plus épris se répandent en applaudissements tonitruants, tandis que certains aînés sortent d’un sommeil détendu. Le Chef s’incline, le sourire aux lèvres, l’œil pétillant. Les bravos sont sans interruption et on est tenté de penser que l’orchestre finira par improviser un dernier thème. Sans succès, malheureusement. Les artistes saluent et se retirent en toute dignité. Nous en faisons de même, le cœur tressautant et chargé d’émotions.

Texte: Clara Le Corre

Photo: Yunus Durukan

Photo: Yunus Durukan

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