MURZO à la galerie DUO à Sion

« Ma création favorite est ma prochaine création, celle qui n’existe que dans ma tête pour le moment. C’est toujours celle-là ma favorite. »

Steff

Photo: MURZO, octobre 2013

« Je me suis dit que j’aimerais bien faire quelque chose chez moi »

Après une première exposition dans son école d’art à Paris et une deuxième au festival « 10 Days in Dublin », c’est le Valais -la galerie DUO à Sion plus précisément- que MURZO choisit pour présenter sa prochaine collection intitulée « Kicks on Wood » (comprenez « baskets sur bois »). Avant de s’installer à Toronto, cette artiste de 26 ans a beaucoup voyagé; à 19 ans, elle quitte la maison familiale pour vivre à Dublin, Paris, Vancouver afin d’étudier l’animation 2D et la communication visuelle. Ce chemin, ce métier qu’elle considère comme un privilège semble s’être naturellement imposé à elle: « Je crois que c’est cette carrière qui m’a choisie. J’ai essayé de faire d’autres choses, mais je n’ai jamais tenu très longtemps. Je fais exactement ce que je suis censée faire. » Grâce au précieux soutien de sa famille, elle parvient à « plus ou moins » vivre de son art. Pourtant, à l’heure où l’art même est produit de consommation, alors que nous sommes constamment bombardés d’images sur lesquelles nous ne nous arrêtons pas plus de quelques secondes, MURZO reste consciente qu’« il est difficile de capter l’attention des gens »; elle même avoue que « dans [s]on appartement, tous les murs sont blancs d’ailleurs. Je ne trouve jamais rien que j’aime assez longtemps pour l’accrocher […] Un client a récemment pleuré tellement il a aimé le dessin que je lui ai fait. J’adore voir ça, parce que je ne pourrais jamais m’arrêter sur un tableau comme ça.»

« J’aime chaque étape, sauf celle où je commence à détester ce que j’ai fait. »

Entre le dessin et l’artiste, une histoire d’amour fou et de haine donc. Ses sujets préférés? Les pieds, les mains, le visage, l’être humain en somme. Ses modèles favoris? Son entourage. Quant à son inspiration, elle ne la cherche pas vraiment: « Une idée me tombe dessus et j’y pense jusqu’à l’obsession, jusqu’à ce qu’elle soit sur le papier.» S’en suivent dès lors diverses étapes passant par le choix des images et leur traitement, de la technique (crayon graphite, fusain, stylo) et de la bande son qui accompagne son projet. Celui-ci se transforme tour à tour en sujet de réjouissance et de peur, d’enthousiasme et de doute, d’amour et de désamour: « Ce dessin devient la chose la plus importante au  monde. Il prend forme. Je l’accroche au mur. Je vois plein de défauts. Je ne l’aime plus. Je le range. » Si elle admet qu’être dessinatrice lui permet de jouir d’une certaine liberté et de se sentir accomplie, elle n’adopte cependant pas une attitude légère envers sa profession. Sa méthode de travail, MURZO l’a élaborée au fil des ans. Plus jeune, elle ne dessinait que dans les moments de tristesse et de solitude, puis elle a appris à transformer ces épisodes de création éparses en véritable processus de création: « Je le fais du lundi au vendredi, 6 à 8 heures par jour, comme un travail en entreprise. Je dois forcer une routine. Si je ne prends pas mon travail au sérieux, personne ne le fera.»

« Je ne pense pas vraiment à l’avenir lointain. Mes expos me suivront. »

 En ce qui concerne « Kicks on Wood », MURZO explique qu’elle a voulu illustrer diverses émotions grâce au mouvement des pieds. Pour ce faire, elle a choisi une basket de type Converse, présente dans la culture urbaine des générations passées et futures, symbole de rébellion. Elle nous présente donc dix illustrations digitales imprimées sur bois dans divers formats qui peuvent embrasser une palette d’émotions diverses et variées selon le regard du spectateur. Cette liberté accordée à l’interprétation est très importante pour elle car elle dit ne pas être réceptive à l’art qu’elle ne comprend pas. Pour elle, « la limite entre l’art et le n’importe quoi n’est pas claire. C’est arrogant de la part de l’artiste de montrer des choses que personne ne capte, comme s’il était intellectuellement supérieur. Sauf si c’est une expérience sociologique. Là ça devient drôle.» Si certains tableaux présentent des concepts plus subtiles comme la persévérance ou l’espoir, d’autres font appel à des émotions plus concrètes comme la joie ou le bonheur. Il a été très intéressant de s’attarder sur un tableau et de tenter de deviner ce que l’artiste a cherché à démontrer, mais aussi parfois de simplement se laisser envahir par le sentiment que suggère pour nous tel ou tel tableau au premier abord, sans forcément l’intellectualiser. Quant à sa prochaine exposition, elle précise qu’elle travaille présentement sur une collection de portraits hyperréalistes et surdimensionnés au fusain.

En attendant, une seule adresse pour consulter certaines de ses œuvres: http://cargocollective.com/murzo.

Texte: Kelly Lambiel

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