Art (or not art) ?

ART (OR NOT ART ?)

Théâtre de l’Orangerie, le 8 septembre 2013

« – En forme ? – Très. […] – Avec moi, il rira. » (Ivan et Marc, puis Ivan) 

« Si on pouvait ne pas tomber dans le pathétique. » (Serge, à Ivan)

C’est au cœur du Parc de la Grange qu’Elidan Arzoni, homme aux multiples casquettes, a décidé de jouer « Art », la fameuse pièce de Yasmina Reza. Et malgré une pluie battante, la salle est comble.

C’est ainsi que, dès les premières minutes du spectacle, le metteur en scène et costumier se retrouve dans la peau de Marc, un ingénieur aux goûts bien arrêtés. Les deux autres personnages de l’histoire, Serge le dermatologue et « Ivan le farfadet », sont interprétés par Joan Mompart et Daniel Vouillamoz.

Entre ces trois amis, rien ne va plus. Serge a dépensé « vingt briques » pour un tableau monochrome que Marc qualifie de « m*rde » (non censuré dans le texte). Ivan, qui doit quant à lui gérer les préparatifs de son imminent mariage, ne sait comment réconcilier ses deux compères, qui font pourtant peu cas de sa personne.

Sous la lumière ultraviolette baignant le théâtre, s’opposent donc la blancheur imaginaire de l’œuvre achetée, à la noirceur concrète du décor choisi pour sa représentation et figurant plutôt bien la critique de Marc. Le trait d’union entre ces antagonistes, d’un ton gris, se personnifie par un troisième protagoniste. Celui-ci, simple représentant dans une papeterie en gros et dont le trait de caractère principal se veut mièvre, détient pourtant la clé de leur pseudo-réconciliation finale.

Art.netEn définitive, la grande majorité du public n’aura retenu ni ses éclats de rire, ni ses applaudissements, plébiscitant le jeu des acteurs. Quid alors des quelques « blancs » involontaires de ces derniers ? Puis n’y a-t-il réellement aucun point noir à relever dans le portrait d’une œuvre ayant remporté deux Molières ? Tiraillé dans un monde divisé entre les silences de la didascalie et les cris des dialogues, entre l’agressivité des propos et l’affection des non-dits, bref, un peu perplexe et peut-être égaré dans ce clair-obscur, je serai pour ma part un autre Ivan, dans cet article sans avis tranché.

Dès ce soir et après un arrêt conseillé à la buvette, rendez-vous à l’Orangerie pour la performance plus poétique du danseur et chorégraphe Matija Ferlin : Sad Sam Almost 6.

 Michael K.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s