Maison du dessin de Presse de Morges : Plumes croisées

Patrick Chappatte, le département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH) s’associent à la Maison du Dessin de Presse autours du thème de la violence et de la corruption dans trois états d’Amérique centrale.

L’Honduras, le Salvador, le Guatemala : trois pays dont on entend peu parler. La Maison du Dessin de Presse corrige le tir, et décide de dévoiler une réalité cachée de l’Amérique centrale : la violence et la corruption qui déciment le paysage social.

Avec une moyenne de quinze meurtres par jour, ces états sont parmi les plus dangereux du monde. En Honduras, au Salvador et au Guatemala, la population est soumise à la violence des maras, les gangs, ainsi qu’à la dureté de la répression policière. La corruption est endémique dans ces états pauvres, jeunes démocraties en mal-être, flirtant avec l’instabilité politique. Le quotidien des habitants est fait de cette violence extrême, et de la peur qu’elle sème.

1303_fo

Plumes croisées : une guerre à coups de crayons

Le projet Plumes Croisées, Violence et corruption en Amérique centrale est un travail coordonné par Patrick Chappatte, en partenariat avec le DFAE. Il réunit douze dessinateurs de presse – Chappatte, Alecus, Banegas, Filochofo, Fo, JotaCé, Juan Pensamiento, Ham, La Matraca, McDonald, Otto et Salomón – sur un projet qui veut démontrer que la caricature politique a son rôle à jouer en tant que dénonciateur, mais également comme véhicule de dialogue et de solidarité.

Sans demi-mesure, les dessins racontent, dénoncent, raillent les politiciens, le système judiciaire, les maras. Dans ces caricatures politiques, les dessinateurs ont trouvé leur arme contre la guerre qu’ils vivent au quotidien : l’humour, comme seul bouclier contre les violences et les injustices. En critiquant de cette manière les systèmes établis, les artistes risquent parfois leur vie : les journaux et les dessinateurs reçoivent des menaces de la part des narcotrafiquants et subissent des contrôles répétés de la police.  Licenciés, exilés, menacés, les dessinateurs d’opposition ont souvent la vie dure dans les démocraties d’Amérique centrale.

« Nous avons une grande  admiration pour le travail de tous les jours des dessinateurs : ils viennent du «trou noir», cet enfer dont personne ne parle », déclare la représentante du DFAE. « La problématique de la violence dans ces pays est très peu connue.  L’initiative ici est de rapprocher les citoyens suisses de cette réalité.  Souvent, le DFAE sensibilise sur des problématiques déjà sensibles. Ce qui est particulièrement appréciable avec ce projet, c’est que la thématique est très peu connue. On peut donc sensibiliser un public qui ignore cette situation ».

1303_banegas

Guatemala : L’autre guerre, un reportage BD de Chappatte

Patrick Chappatte a coordoné le projet plumes croisées en Amérique centrale, après avoir dirigé plusieurs projets du même type en Serbie, en Côte d’Ivoire, au Kenya et au Liban. Durant ces ateliers, les dessinateurs on réalisé un calendrier, édité par l’ambassade suisse.

Au côté des dessins de presse, le visiteur pourra découvrir un reportage BD de Patrick Chappatte (Guatemala : l’autre guerre), dans lequel le dessinateur documente son voyage au Guatemala en mars 2012. Il y décrit la réalité des bidonvilles rongés par les gangs, ainsi que les prisons et des dérives de l’autogestion carcérale, comme à la prison de Pavòn que l’artiste a visitée.

1303_alecus

Présent lors du vernissage de l’exposition, Patrick Chappatte est visiblement touché par le sujet : le dessinateur parle de la violence dont il a été témoin, de la peur que ressentent les habitants à chaque fois qu’ils sortent de chez eux. « J’ai vu, mais je ne comprend toujours pas comment il leur est possible de vivre avec ça ».

La maison du dessin de presse montre plus que jamais son ouverture sur le monde, en choisissant d’exposer cette réalité cachée et inconnue dont les médias ne parlent pas. Le DFAE souligne son soutien aux artistes et à leur combat : « Ils méritent, tout comme leurs pays, d’être mieux connus ».

Pour plus d’informations sur le site internet de la Maison du dessin de presse.

Voir les reportages BD de Patrick Chappatte.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s